Charleroi a vécu un cauchemar supplémentaire samedi au Kehrweg. Ou comment perdre un match quand on a tout en main pour le gagner. Le Sporting était plus fort qu'Eupen, aussi volontaire (on ne peut pas reprocher aux joueurs de ne pas avoir conscience de l'importance de l'enjeu), mais il était beaucoup plus fragile mentalement... " On a mené par deux fois mais on n'a pas tenu ", expliquait Sandro Cordaro. " Avec les joueurs d'expérience qu'on a, cela ne doit pas arriver. On a manqué de concentration à certains moments. On a reculé et on n'a pas retenu les erreurs de Westerlo. Peut-être que la saison devient longue pour certains à force de courir derrière les autres équipes. "
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Charleroi a vécu un cauchemar supplémentaire samedi au Kehrweg. Ou comment perdre un match quand on a tout en main pour le gagner. Le Sporting était plus fort qu'Eupen, aussi volontaire (on ne peut pas reprocher aux joueurs de ne pas avoir conscience de l'importance de l'enjeu), mais il était beaucoup plus fragile mentalement... " On a mené par deux fois mais on n'a pas tenu ", expliquait Sandro Cordaro. " Avec les joueurs d'expérience qu'on a, cela ne doit pas arriver. On a manqué de concentration à certains moments. On a reculé et on n'a pas retenu les erreurs de Westerlo. Peut-être que la saison devient longue pour certains à force de courir derrière les autres équipes. " D'après les joueurs, les problèmes juridiques n'avaient pas déstabilisé le groupe. La préparation fut idéale grâce au stage en Espagne. Alors, pourquoi Charleroi a-t-il craqué ? Sans doute parce qu'il a manqué de repères, sur et en dehors du terrain. En première mi-temps, le nouvel entraîneur Zoltan Kovac fut incapable de dire aux joueurs qu'ils reculaient beaucoup trop (alors qu'il restait encore 70 minutes à jouer !). Il a fallu l'intervention de Luka Peruzovic, descendu dans les vestiaires à la mi-temps, pour faire passer le message. Tout en doigté. Même si certains joueurs reconnaissaient que le message du conseiller du président et celui de l'entraîneur différaient quelque peu. " Vous dites qu'on jouait trop bas mais la défense ne voulait pas se faire prendre dans son dos ", se défendit Kovac. " Et on n'a pas su faire les changements tactiques car on a dû faire trois remplacements dictés par des blessures ". Mais fallait-il pour autant lancer Adekanmi Olufadé, en manque criant de rythme et en méforme physique ? " J'espérais qu'avec son expérience, il allait pouvoir garder le ballon, calmer le jeu et temporiser. Cela n'a pas fonctionné. " En instaurant un stage en Espagne, en ordonnant la pose de barrières Nadar lors du retour du stage, en refusant toute interview de joueurs et en annulant le point presse du vendredi, Charleroi a donc vécu en huis clos pendant dix jours. Soi-disant pour préparer en toute sérénité le premier match face à Eupen, loin de toute pollution médiatique. Samedi au Kehrweg, on n'a pas vu une once de sérénité dans le chef des Carolos, incapables de gérer, à deux reprises, un avantage sans reculer et sans paniquer à chaque incursion (pourtant timide) des Germanophones. Opération réussie ? Négatif. La sérénité passe par un comportement d'ensemble, un respect entre toutes les composantes d'un club qui doit veiller à l'union sacrée en vue du sauvetage. Les supporters ont clairement montré qu'ils étaient concernés en se déplaçant en masse à Westerlo, en mettant l'ambiance au Kuipje et en poussant sans réserve leurs couleurs. En plaçant des bâches sur la route longeant le centre d'entraînement et en interdisant aux joueurs tout contact direct ou indirect (via les médias), Charleroi a brisé net l'élan populaire devant porter le Sporting à l'exploit. De plus, en chamboulant tout un organigramme, au lieu d'aboutir à un électrochoc salutaire, les dirigeants ont créé un état d'instabilité. " On ne peut pourtant pas dire que la présence de supporters aux entraînements nous dérange. Ils ne sont quand même pas des milliers à se déplacer ", déclarait un joueur samedi. Etait-ce donc une tactique pour taire la blessure du maître à jouer, Hernan Losada, survenue jeudi et inconnue de la presse avant le match de samedi ? Même pas, à en croire Kovac : " Non, ce n'était pas une tactique. On devait attendre les tests et les examens. On a cru jusqu'au bout qu'il pourrait jouer. " Est-ce que cela signifie que le staff a effectué un dernier essai avec Losada avant la rencontre ? " Non, Losada n'était pas présent avec le groupe. " Allez comprendre... Cette question est sur toutes les lèvres. Le président Abbas Bayat lui a demandé de reprendre l'équipe le mercredi 16 h, la veille du début du stage. Cela ressemblait à une supplication. Peruzovic a accepté sous certaines conditions. Pas question d'endosser le costume d'entraîneur, de façon à ne pas plomber la suite de sa carrière par une descente qu'on ne manquerait pas de lui incomber. Et pouvoir conserver ses rendez-vous au Qatar. Le président, à l'agonie, a accepté et le beau Luka est parti soigner son bronzage dans le Golfe, se bornant à une apparition de deux jours au stage espagnol. Peruzovic fut donc aux abonnés absents la semaine précédant le premier choc (sans doute le plus crucial) face à Eupen. Qui blâmer ? Peruzovic qui accepte, contre mauvaise fortune, de s'embarquer dans une mission kamikaze mais qui reste un pied dehors ou Abbas Bayat, qui accepte que son nouvel homme fort reste à l'étranger alors que toutes les énergies doivent se concentrer sur le début des PO3 ? Néanmoins, on peut se demander quel sera le travail de Peruzovic, lui qui n'est rentré véritablement en action que samedi, jour du premier duel. La première défaite entérinée, n'est-il pas déjà trop tard pour donner son expertise ? " Je n'ai rien à dire ", s'est borné à déclarer le Croate. Pas étonnant. Avec six points dans la vue et un mental en berne après les désillusions dans les dernières minutes à Westerlo et à Eupen, plus personne ne donne cher de la peau de Charleroi. Mais après tout, un petit peu d'optimisme : Charleroi devait gagner trois matches dans ces PO3. La donne reste la même avec un joker de grillé. A Eupen, les Zèbres ont vu qu'ils pouvaient battre les Pandas. Tant qu'il y a de l'espoir, dit-on...PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: IMAGEGLOBE