Il n'a pas fallu deux jours pour que l'interview de Mohamed Aoulad, parue dans le dernier Sport/Foot Magazine fasse des ravages. Charleroi, qui l'avait déjà suspendu un match pour ses gestes et insultes lors de la rencontre face à Courtrai (2-0), a décidé de le renvoyer à son employeur anderlechtois. Si la direction des Mauves n'a actuellement convenu que d'une sanction financière, elle ne ferme pas la porte à une punition plus lourde.
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Il n'a pas fallu deux jours pour que l'interview de Mohamed Aoulad, parue dans le dernier Sport/Foot Magazine fasse des ravages. Charleroi, qui l'avait déjà suspendu un match pour ses gestes et insultes lors de la rencontre face à Courtrai (2-0), a décidé de le renvoyer à son employeur anderlechtois. Si la direction des Mauves n'a actuellement convenu que d'une sanction financière, elle ne ferme pas la porte à une punition plus lourde. Lors d'une conférence de presse particulièrement attendue (près de 15 journalistes étaient présents pour entendre la justification de la direction carolo), Mehdi Bayat s'est voulu très clair. " Outre le jour de sa signature de contrat, je n'avais JAMAIS eu aucun contact avec Aoulad avant de le convoquer dans mon bureau, en présence de Pierre-Yves Hendrickx, Luka Peruzovic et Yannick Ferrera, suite à ses gestes et insultes. Le joueur s'est excusé et a bien dit qu'il s'agissait d'un moment de frustration et que cela ne visait ni moi, ni un membre du staff. À ce moment-là, on le sanctionne une première fois et je lui dis qu'on attend beaucoup plus de lui et qu'on lui redonne une seconde chance. À lui de gagner sa place et d'avoir un esprit d'équipe. Pour moi, le chapitre était clos. Quel ne fut donc pas mon extrême étonnement lorsque j'ai lu l'article de Sport/Foot Magazine ! J'ai pris acte, tout en étant déçu car c'est moi qui avais insisté pour que la première sanction ne soit pas sévère. Comme dirigeant, cela me servira de leçon. " Suite à son renvoi, Aoulad a réagi : " Mehdi Bayat aura su tirer profit de la situation pour me pousser vers la sortie. Ceux qui connaissent le personnage sauront où est la vérité. C'est un menteur, j'ai eu une discussion avec Mehdi Bayat ! J'ai eu l'impression de passer devant un tribunal. Peruzovic, Ferrera, et Hendrickx étaient également présents. " Lorsque nous lui demandons si cette réunion a eu lieu avant le match face à Courtrai ou après, le joueur a préféré ne pas répondre, bottant en touche. Reste à savoir qui ment dans cette histoire. " J'ai reçu mon C4 pour faute grave suite à mon interview dans Sport/Foot Magazine ", explique-t-il. " Je ne saisis pas pourquoi Mehdi Bayat n'a pas tenté de m'appeler pour qu'on s'explique. Il n'a pas non plus essayé de joindre la rédaction pour avoir des confirmations. Non, il a préféré envoyer cette lettre le jour de parution de l'article. " Mehdi réplique en disant qu'il n'a pas eu besoin d'appeler la rédaction dans la mesure où Aoulad en remettait une couche, le lendemain, dans un quotidien. Quant à savoir si Charleroi a profité de cet incident pour se séparer de Mohamed Aoulad, Bayat récuse. " Ce n'est pas moi qui ai parlé à la presse. Il dit quelque chose le mercredi, il en rajoute une le jeudi et selon lui, c'est nous qui essayons de le tuer ! " Certains ont même sous-entendu que Charleroi devait renvoyer Aoulad pour bénéficier d'un autre prêt d'Anderlecht, le RCSC ne pouvant avoir plus de trois joueurs d'un même club en location. Or, l'article du règlement précise bien qu'un club ne peut bénéficier que de trois arrivées sur base locatives d'un même club sur UNE saison. Aoulad ne pourrait donc pas être remplacé par un autre joueur anderlechtois, à moins d'une hypothétique dérogation de l'Union Belge. Pourtant, le joueur estime que sa situation (prêt sans option d'achat) ne le favorisait pas. " Les faits sont là : Ziguy Badibanga et Christophe Diandy pourraient être engagés en fin de saison, pas moi. Je ne rapporte pas d'argent au club, donc je ne les intéresse plus. D'un point de vue business, je comprends très bien leur point de vue. " Une autre hypothèse peut également entrer dans la danse. Et si Mohamed Aoulad avait tout calculé ? Peut-être a-t-il voulu trouver une échappatoire pour quitter un club qui ne voulait soi-disant plus de lui. " Jamais je n'aurais donné une interview dans le but de me faire virer ", se défend-il. " Cette pensée ne m'a même pas effleuré l'esprit. " PAR ROMAIN VAN DER PLUYM ET STÉPHANE VANDE VELDE" Jamais, je n'aurais donné une interview dans le but de me faire virer. " (Aoulad)