Le Standard pique à nouveau du nez: l'explosion du groupe avant le déplacement à Lommel vous a-t-il étonné?

Georges Heylens: Ce n'est plus un vestiaire, c'est un salon lavoir, une wasserette où tout le monde lave son linge sans se gêner. Il est vrai que les paniers devaient être bien remplis depuis quelques semaines. L'explosion médiatique de Michaël Goossens prouve que le silence à l'égard des médias n'a servi à rien et que cette période n'a même pas été mise à profit pour arrondir les angles. J'en déduis que le groupe en est sorti encore plus fragilisé et que plusieurs joueurs se demandent dans quelle pièce ils jouent. Plus rien n'est rationnel au Standard. C'est un bateau sans gouvernail. Dominique D'Onofrio a déclaré à la radio, vendredi, qu'il ne comprenait pas les propos que Mika confia à la Gazette des Sports. Là, il a été naïf et je savais que les joueurs se jetteraient dans la moindre ...

Georges Heylens: Ce n'est plus un vestiaire, c'est un salon lavoir, une wasserette où tout le monde lave son linge sans se gêner. Il est vrai que les paniers devaient être bien remplis depuis quelques semaines. L'explosion médiatique de Michaël Goossens prouve que le silence à l'égard des médias n'a servi à rien et que cette période n'a même pas été mise à profit pour arrondir les angles. J'en déduis que le groupe en est sorti encore plus fragilisé et que plusieurs joueurs se demandent dans quelle pièce ils jouent. Plus rien n'est rationnel au Standard. C'est un bateau sans gouvernail. Dominique D'Onofrio a déclaré à la radio, vendredi, qu'il ne comprenait pas les propos que Mika confia à la Gazette des Sports. Là, il a été naïf et je savais que les joueurs se jetteraient dans la moindre ouverture pour se dédouaner aux yeux des supporters. Le Standard est désormais un monument en péril. Pour en sortir, il faudra que Luciano D'Onofrio trouve un coach qui ne fasse pas partie de sa galaxie, quelqu'un capable de lui dire non. Il a tout essayé: un complice de longue date (Ivic), de vieux amis (Thissen-Depireux), une idole (Preud'homme), un homme d'expérience (Waseige), son frère (le méritant Dominique): il serait temps de changer son fusil d'épaule. Charleroi ne file pas du meilleur coton: les Zèbres en sortiront-ils? Le Sporting du Pays de Charleroi souffre du même mal que le Standard: absence de personnalités sur le terrain. Le mental est atteint. Il ne sera pas facile de redresser le tir. Les Carolos comme les Standardmen mesurent désormais qu'on ne s'improvise pas dirigeants du jour au lendemain. Abbas Bayat n'avait jamais présidé de club avant de se retrouver à Charleroi. C'est un homme fort, un leader dans les affaires, mais le sport n'a jamais été une science exacte. Charleroi n'a pas démérité au Lierse mais c'est l'équipe d'Emilio Ferrera qui a gagné. J'ai été intrigué par le visage de Ferrera à la télé. C'est un oiseau de proie. Il ne lâche rien et quand il pince les lèvres, c'est pour dire à ses gars qu'il n'y a que la gagne qui compte. Le Lierse ne joue pas spécialement bien pour le moment mais engrange les points. Quand une équipe peut faire ça, elle va loin car c'est la preuve qu'elle peut vivre sur un système efficace. Charleroi était un peu tendre et dans le doute face à ce réalisme. Genk a franchi le piège du Tondreau: les Limbourgeois tirent-ils enfin profit de leurs expériences européennes?Les champions de Belgique ont certainement acquis du bagage via la Ligue des Champions. Ce groupe monte en puissance. Mons va devoir réfléchir. A force de dire que le Tondreau est un tombeau pour les autres, on suscitele respect. Plus personne ne s'y rendra la fleur au fusil. Les Montois devront dès lors oublier tous les effets de la griserie. Les adversaires leur poseront de plus en plus de problèmes tactiques et Marc Grosjean leur rappellera, sans aucun doute, que la prudence doit aussi être de rigueur. Bruges n'a pas joué face à Anderlecht, le match étant reporté à une date ultérieure, mais l'affaire Mendoza a fait du bien au groupe. C'était délicat car le Péruvien représente une force de frappe intéressante. Sans lui, Bruges a pris la mesure de Galatasaray en Ligue des Champions. S'il avait été peureux, Trond Sollied aurait infligé une amende à sa vedette. Et cela n'aurait eu aucun effet car les joueurs sont des gens riches. Là, le Norvégien a agi plus finement et plus efficacement. Qu'y a-t-il de plus important que la Ligue des Champions? Rien. Mendoza n'a pas joué et on aura appris un peu partout dans le monde qu'il s'est battu à l'entraînement. Pas bon pour son image de marque et ses plans d'avenir. Mais Trond Sollied a aussi prouvé que tout le monde comptait, pas seulement son artiste péruvien. Mendoza n'est pas indispensable à Bruges. Quand un coach est capable de faire cela, il est au sommet de son art. Le groupe le suivra encore mieux car en plus d'être compétent, il est juste avec tout le monde. La direction a approuvé sa démarche et guide le club avec maestria: bravo, simplement bravo. Pierre Bilic