Il y a six ans, Freddy Loix (33 ans) était considéré comme un futur champion du monde de rallye mais il n'a encore jamais gagné une seule épreuve de Coupe du Monde, que ce soit chez Mitsubishi, chez Hyundai ou Peugeot, des constructeurs pourtant ambitieux.
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Il y a six ans, Freddy Loix (33 ans) était considéré comme un futur champion du monde de rallye mais il n'a encore jamais gagné une seule épreuve de Coupe du Monde, que ce soit chez Mitsubishi, chez Hyundai ou Peugeot, des constructeurs pourtant ambitieux. Cette saison a été la pire. Après deux manches, il a dû céder sa place au Finlandais Harri Rovanperä. L'été passé, après quatre mois et demi d'inactivité, Loix a pu recourir en Allemagne. Il a fini sixième et seuls des problèmes mécaniques l'ont éloigné du podium. Des trois derniers rallyes, il peut en rouler deux, en Corse puis en Catalogne, à la fin du mois. Nous l'avons rencontré en Sardaigne, où... il reconnaissait le parcours pour Harri Rovanperä et Marcus Grönholm, pour le Supermag Rallye d'Italia 2004. " Ce n'est pas correct de m'avoir empêché d'accomplir mes dix courses mais nous connaissons les méthodes radicales de Peugeot ! " Freddy Loix : Je ne me sens pas visé puisque je roule peu. Je ne me sens même pas puni, à voir combien de temps ils perdent à chaque rallye. Personne ne réussit. La transmission et les vitesses... Nous n'avons rien à dire pendant la conception du véhicule. Même quand il y a des problèmes aux essais, il n'en sort pas grand-chose. La vie m'a déjà offert beaucoup et je suis quand même le pilote belge qui a récolté le plus de succès... Qu'on ne peut même pas croire le patron de Mitsubishi. Techniquement, son auto était la meilleure mais il fallait que Tommi Makinen gagne, la seconde auto étant sa réserve. L'écurie voulait le titre mondial des pilotes. Peugeot, c'est différent. Je n'avais pas le choix. Peugeot voulait le titre des constructeurs et il fallait donc que les deux voitures se classent bien. Ce n'est pas mon style. Je fais mon boulot, je reste moi-même. Je n'ai pas eu de problèmes chez Opel ni Toyota car il fallait faire son travail, prester et on me demandait comment l'auto devait être. Nous atteignions nos objectifs ainsi. Chez Peugeot, on en a besoin (il rit). Il faut qu'on m'aide à m'enlever cette pression. Après Monte Carlo, j'ai compris pourquoi Marcus était accompagné de cet homme. Je sentais que l'auto ne roulait pas comme elle le devait. Entre deux essais, pendant le service, le soir. Je fais appel à Gerrit Kempeneers, un Trudonnaire qui a l'habitude des sportifs de haut niveau J'entraîne ma mémoire photographique, indispensable à un pilote moderne pour gagner un dixième de seconde, car les notes du copilote ne sont pas toujours exploitables. A la maison, je regarde des photos prises de l'auto. J'observe puis je ferme les yeux et je tente de me rappeler ce que j'ai vu et entendu. Je dois imaginer ce qui va arriver. C'est comme les jeunes sur leur Playstation mais moi, ce sont de vraies images. L'improvisation conserve sa part. Je réalise toujours mes meilleurs chronos dans les nouveaux essais. Même avec Hyundai, j'ai été le meilleur à trois ou quatre reprises, alors que la voiture n'était pas rapide. Le podium, si nous n'avons pas de problèmes mécaniques. Le parcours corse ne me convient pas si bien. Il y a beaucoup d'asphalte mais il est un rien trop technique. En Catalogne, avec un bon véhicule, j'ai toujours été deuxième, troisième, quatrième. Oui. Chercher un sponsor, intégrer une bonne équipe, louer l'auto et faire ce que je veux car je paie. En plus, un pilote privé ne doit pas choisir ses pneus une semaine avant le rallye, comme dans les équipes de CM. Ils peuvent le faire au dernier moment, en fonction du temps. Oui ! Un vélo et une moto me suffisent. Je suis content d'entretenir Els et Thomas, mon fils de trois ans. Plan-de-la-Tour, dans le sud de la France, est agréable. Je n'ai pas besoin d'une Porsche ni d'un hélicoptère. Je peux aller en vélo au restaurant à dix kilomètres d'ici. Je vis comme il y a dix ans, sauf que j'habite en France. Quand je ne fais pas de sport, je travaille à ma maison. Je roulerai sûrement trois ou quatre ans en enduro et je participerai aux grands événements extrêmes, dans le monde entier, comme au Shark Extreme. Courir, pédaler, faire du kayak... Je fais du sport cinq jours sur sept. Parfois, il m'arrive de réaliser des expériences, comme de sauter d'un remonte-pente, d'une hauteur où les arbres me cachent le sol, ou d'un bateau à 80 km/h je ne suis pas fou mais je n'ai pas peur de me faire mal. Parfois, mes cheveux se dressent sur la tête quand j'ai mal estimé une situation et je pense que je m'en sortirai mais qu'il me faudra un coup de main. C'est presque amusant. Au ski. Quand on a le bon rythme, on glisse au lieu de mettre les gaz et de freiner. C'est possible. Il est plus brutal, il glisse moins. Il est terriblement rapide mais moins régulier que moi à mes débuts. Travailler davantage. Il pense qu'il va réussir. Les meilleurs le peuvent aussi mais réalisent des essais supplémentaires. Ce n'est pas mon monde mais mon manager a tout réglé de là, d'où Dubaï et pas Monaco. On y est plus libre. Je peux rouler à 300 km/h jusqu'au pub ! Il fera ce qu'il veut mais je dis toujours à Els : -Tant qu'il ne peut faire de salto arrière avec son vélo, il n'aura pas de moto ! Il doit écrire sans faute et apprendre des langues. Et travailler. L'école, c'était du temps perdu, pour moi. Pour compter, il y a des machines. Je voulais travailler, connaître des gens et gagner de l'argent. Un choix fantastique ! Christian Vandenabeele