Il répond au prénom de Mohamed mais apprécie qu'on l'appelle Mémé. Un hommage à sa grand-mère maternelle qui l'a élevé alors que ses parents se partageaient entre leurs pays respectifs, le Rwanda et le Congo.
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Il répond au prénom de Mohamed mais apprécie qu'on l'appelle Mémé. Un hommage à sa grand-mère maternelle qui l'a élevé alors que ses parents se partageaient entre leurs pays respectifs, le Rwanda et le Congo. " Pour ne pas faire de jaloux, je suis né au Burundi ", rigole-t-il. " Et plus précisément dans la capitale, Bujumbura. A l'école, la plupart de mes compagnons ne juraient que par le Vital'O, le club-phare local. En raison de la présence de deux de mes cousins chez les rivaux traditionnels de Prince Louis, je me suis affilié là-bas en classes d'âge. Au départ, j'occupais le poste de milieu de terrain. Je n'avais qu'une seule idée en tête : entrer le plus souvent possible en possession du ballon. Comme je concluais la plupart du temps les offensives que j'avais moi-même entamées, je suis vite monté d'un cran sur le terrain ". Et de progresser puisqu'à 16 ans fraîchement sonnés, Mémé fait ses débuts au plus haut niveau. Des premiers pas qui ne passent pas inaperçus. Il mène son club au titre, tout en étant sacré révélation de la saison. " Cette saison 2000-2001 était historique car il y avait tout juste deux décennies que Prince Louis n'avait plus goûté aux joies d'un sacre ", se souvient-il. " Dans les rues, c'était le délire. Une longue attente venait enfin d'être récompensée. Mais l'effervescence allait hélas être de très courte durée. En préliminaires de la Ligue des Champions d'Afrique, l'équipe fut éliminée par les Mozambicains de Ferrovario. De plus, vu des dissensions entre la fédération de football du Burundi et le ministère des Sports, la compétition nationale fut suspendue durant tout un temps. Dans ces conditions, il a bien fallu que j'aille voir ailleurs ". Son point de chute : le Mukura Victory Sports à Butare, au Rwanda. Un des trois grands locaux au côté des Panthères Noires et du Kiyovu Sports. Un entourage où Mémé marque comme à la parade également : 7 buts en 5 matches. " Ma chance, ce fut une toute bonne prestation lors d'une rencontre face à la formation de La Renaissance ", explique-t-il. " Le manager Murugo Bosko était présent sur les lieux, ce jour-là, afin de voir à l'£uvre Saïd Makasi actuellement au Brussels. Il fit coup double en transférant Saïd au FC Strombeek et moi-même au Standard. En réalité, il s'agissait de mon troisième essai sur le sol belge. Auparavant, j'avais été testé par le Sporting Charleroi mais, faute d'argent, la direction des Zèbres avait renoncé. Par la suite, je suis passé à Anderlecht. Quoique je le dise moi-même, j'avais le sentiment de m'être montré sous un jour favorable mais les Mauves ont tergiversé, contrairement au Standard, qui se montra d'emblée intéressé par mes services ". En 2002, Mémé découvre à la fois la vie à Liège et le football made in Belgium. Un difficile apprentissage car il est victime de divers tracas musculaires, puis d'un début de pubalgie. " Pour toutes ces considérations, j'estime avoir réellement entamé ma carrière au Standard la saison passée ", précise-t-il. " Au départ, j'ai été versé dans le noyau B. C'était logique, compte tenu de la concurrence : SambegouBangoura, Alexandros Kaklamanos, Jonathan Walasiak, Aliyu Datti, Emile Mpenza et même Jurgen Cavens. Après le passage de ce dernier à La Gantoise, Dominique D'Onofrio m'a dit qu'il ne serait pas remplacé. Cette place-là, selon les dires de l'entraîneur, allait me revenir si je m'appliquais. Finalement, j'ai touché au but en disputant les deux derniers matches de la saison contre Charleroi et le GBA. Du coup, j'étais lancé. A l'intersaison, j'ai continué à travailler d'arrache-pied pour préserver mon nouveau statut. Cette tactique aura été la bonne car au moment où mes partenaires cherchaient encore la bonne carburation, j'avais déjà trouvé mon rythme de croisière. C'est ce qui m'a permis de faire la différence lors des bribes de rencontres que j'ai eu l'occasion de livrer durant la période de préparation. Notamment en signant des buts contre Lens et Metz. Dès cet instant, je me suis fait la réflexion qu'il faudrait composer avec moi ". La suite des événements lui donne raison. En dépit de l'arrivée de deux nouvelles têtes dans la division offensive û Jari Niemi et Wamberto û, Mémé fait toujours figure de priorité. Chemin faisant, il doit même troquer son numéro 30 contre le 25 d'Emile Mpenza. " Ce n'est pas moi qui l'ai demandé ", avance-t-il. " Si j'avais pu choisir, j'aurais privilégié le 7 avec lequel j'ai joué en Afrique. Jusqu'à présent, il a toujours été réservé à Roberto Bisconti. Mais comme celui-ci est parti entre-temps, je peux peut-être nourrir des espoirs de ce côté-là. Si pas cette saison, l'année prochaine. Une chose est sûre : je n'ai jamais voulu ressembler à Emile Mpenza, même si beaucoup s'accordent à dire que sur le plan des traits, ainsi que de la coiffure, il y a des similitudes entre nous. Je tiens quand même à préciser que mes tresses rasta, je les avais déjà avant que le cadet de la famille ne débarque au Standard. Si quelqu'un a imité l'autre, c'est donc lui, pas moi. Maintenant, si j'ai la chance de faire la même trajectoire que lui, je ne vais pas cracher dessus. De ce point de vue-là, il constitue un modèle à suivre, c'est certain. En matière de productivité aussi ". Quoique pour sa grande entrée en championnat, cette saison, Mémé ait tapé dans l'£il également : trois goals en autant de matches, qui le placent à la même hauteur que le Mouscronnois Patrick Dimbala au classement des buteurs. " J'aurai 21 ans en janvier ", souligne-t-il. " D'ici là, je devrai faire un choix définitif concernant la nation que je veux représenter un jour. Jusqu'à présent, je n'ai jamais évolué qu'en sélection de jeunes du Burundi. Mais vu mon ascendance moitié rwandaise et moitié congolaise, je peux fort bien entrer en ligne de compte aussi pour ces deux pays. Sans compter que la Belgique, ma terre d'adoption, constitue une possibilité également. Je me donne encore quelques semaines pour trancher. Le Rwanda fait actuellement le forcing pour m'enrôler mais je ne veux pas prendre de décision à la hâte. Ce qui est certain, c'est que si je m'engage, c'est pour jouer quelque part avec les A. Les Espoirs, cela ne m'intéresse plus ". Bruno GoversLa copie conforme d'éMILE MPENZA ?