Quand à l'intersaison un président dépense 100 millions d'euros pour sept joueurs, il s'attend à ce que les résultats suivent... surtout quand il engage un entraîneur à la réputation de gagneur. RamonCalderon, qui a succédé à Florenino Perez en juillet dernier, ne s'attendait pas à connaître un début de mandat aussi secoué. Le lendemain de la défaite encourue à La Corogne, le 7 janvier, le président a eu une entrevue d'une heure avec FabioCapello. Selon le directeur général, Predrag Mijatovic, tout s'est bien passé. Le coach a cependant reçu un ultimatum de sa direction : gagner les deux rencontres suivantes de Liga !
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Quand à l'intersaison un président dépense 100 millions d'euros pour sept joueurs, il s'attend à ce que les résultats suivent... surtout quand il engage un entraîneur à la réputation de gagneur. RamonCalderon, qui a succédé à Florenino Perez en juillet dernier, ne s'attendait pas à connaître un début de mandat aussi secoué. Le lendemain de la défaite encourue à La Corogne, le 7 janvier, le président a eu une entrevue d'une heure avec FabioCapello. Selon le directeur général, Predrag Mijatovic, tout s'est bien passé. Le coach a cependant reçu un ultimatum de sa direction : gagner les deux rencontres suivantes de Liga ! Calderon est furieux mais n'a pas viré Don Fabio. Sans doute parce qu'il a paraphé un contrat en béton portant sur trois ans. Mais il y a des choses à redire sur sa gestion du groupe. Pourquoi avoir exigé des joueurs que l'on retrouve régulièrement dans la tribune comme Mahamadou Diarra (acheté 26 millions) ou GonzaloHiguain (12 millions) ? Et Marcelo (6 millions), annoncé comme le successeur de Roberto Carlos, relégué sur le banc alors que l'arrière gauche brésilien était blessé ? Et Gago (18 millions) qui joue si peu ou Robinho qui ne supporte plus son isolement. On ne compte plus le nombre de mécontents, à l'image de MichelSalgado qui se plaint d'être aligné à toutes les places. Même Emerson (16 millions), le médian brésilien que Capello avait amené avec lui de l'AS Rome à la Juventus et ensuite au Real, est mécontent: " Je regrette d'avoir accepté mon transfert en Espagne ". Quand cela sort de la bouche de Puma, le chouchou du coach, cela donne à réfléchir. FabioCannavaro (7 millions) a confirmé qu'il ne reconnaît pas le Capello qui l'avait dirigé à la Juventus : " Il est moins râleur, plus serein, plus tranquille. C'est peut-être dû à la mentalité des footballeurs avec lesquels il travaille. Le joueur espagnol n'est pas habitué comme l'Italien à y aller à fond à tous les entraînements. A la Juventus, il avait un noyau composé de gens qui donnaient chaque jour tout ce qu'ils avaient en eux, à tel point qu'il fallait en retenir certains. Je pense à GianlucaZambrotta et à PavelNedved, des professionnels incroyables habitués à vivre un entraînement avec une grande intensité. Ici à Madrid, il est normal de se relaxer. Enfin, cela regarde Capello. Disons, qu'il s'est adapté aux conditions externes ". Derrière ces paroles, on peut en déduire que le vestiaire est difficilement contrôlable. Tout a commencé avec la bagarre qui a confronté Capello à Antonio Cassano. Considéré comme son filleul, celui-ci est devenu son pire ennemi : il n'avait pas apprécié que l'entraîneur lui ait préféré un jour DavidBeckham pour remplacer Guti, blessé . D'un autre côté, ce n'est pas cette titularisation qui allait changer l'opinion négative que s'est construite l'ex-capitaine de l'équipe d'Angleterre sur Capello. Enfin, il y a le cas Ronaldo. Au-delà des discours pleins de bonnes intentions, l'entente avec Capello était impossible. Voici deux ans, Capello avait dit à Florentino Perez qu'il n'irait jamais au Real tant que Ronaldo y serait. Il n'aurait sans doute jamais changé d'avis si la Juventus n'avait pas été reléguée en D2... Depuis son arrivée, le coach n'a cessé de critiquer le Brésilien. Dès le départ, il n'avait pas accepté que le joueur se fasse opérer au genou après les vacances et, par la suite, il a régulièrement répété : " Ronaldo est gras, en surpoids et il doit beaucoup travailler ". Le 10 janvier, la rupture était prononcée. Le Brésilien peut partir... Ceci étant, tous ces joueurs (comme aussi Reyes et Helguera) ont perdu une bonne partie de leur valeur marchande et la direction est en train de se demander si elle a bien fait de ne pas vendre el Fenomeno à Milan en juillet dernier. Calderon exigeait 27 millions et avait estimé insuffisants les 22 millions offerts par le club italien. Aujourd'hui, Milan est toujours intéressé mais à des conditions revues à la baisse, vu que le Brésilien ne peut être retenu en Ligue des Champions. Pour Milan, la meilleure solution serait un prêt jusqu'à la fin de la saison et qu'en même temps, le Real continue à verser la moitié du salaire du joueur soit 3 millions. Capello est dans la tourmente mais bénéficie encore d'un certain crédit de sa direction. La preuve, elle n'a pas renouvelé, comme l'avait demandé le coach, les contrats de Beckham et de Roberto Carlos. Et ce n'est pas tout, Mijatovic a accepté une nouvelle mesure drastique exigée par l'entraîneur : dorénavant, les entraînements auront lieu à huis clos. De quoi rendre encore plus féroce une presse qui n'a jamais bradé ses critiques à l'égard de l'Italien. N. RIBAUDO