On attendait Michaël Cordier pour prendre la relève du vétéran Patrick Nys au FC Brussels. Finalement, c'est Olivier Werner, transfuge de l'été, qui a mis tout le monde d'accord en s'arrogeant la place de numéro 1 des Coalisés. Un juste retour des choses pour ce Liégeois qui aura dû à la fois patienter cinq ans et surmonter pas mal de vicissitudes avant de faire enfin ses grands débuts parmi l'élite.
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On attendait Michaël Cordier pour prendre la relève du vétéran Patrick Nys au FC Brussels. Finalement, c'est Olivier Werner, transfuge de l'été, qui a mis tout le monde d'accord en s'arrogeant la place de numéro 1 des Coalisés. Un juste retour des choses pour ce Liégeois qui aura dû à la fois patienter cinq ans et surmonter pas mal de vicissitudes avant de faire enfin ses grands débuts parmi l'élite. Olivier Werner : L'année passée, l'accession en D1 s'était déroulée en fin de saison, par le biais d'un tour final. Ce coup-ci, j'ose espérer en une issue favorable aussi, tout au bout de cette compétition. Mais à mesure que les semaines s'écoulent et que la position du Brussels reste toujours aussi précaire, je me dis qu'il faudra quand même un miracle pour que mes coéquipiers et moi-même sauvions notre peau. Bien malin qui aurait pu le prévoir à ce moment. Le club molenbeekois s'était stabilisé depuis quelques années à ce niveau tandis que les Sang et Or avaient encore tout à découvrir au plus haut échelon. De toute façon, ma situation était devenue intenable là-bas pour la bonne et simple raison que l'entraîneur, Peter Maes, ne pouvait pas me piffer. Malgré mes bonnes prestations lors de l a compétition régulière et surtout lors des playoffs, il me marchandait son soutien. Dès lors, il valait mieux que je parte. Honnêtement, je n'en sais rien. Même quand j'avais le sentiment d'avoir livré le match parfait, il trouvait toujours quelque chose à redire. En tant qu'ancien gardien, il n'était pas anormal qu'il vise le perfectionnisme pour moi et pour les autres portiers. Mais il y a quand même une manière pour faire passer un message. Et Maes manquait de tact à ce niveau. Il aurait voulu me casser qu'il ne s'y serait pas pris autrement. Par moments, j'aurais pu l'encadrer. Ma revanche, c'est d'être toujours là et bien là, aujourd'hui. Malgré lui. N'importe qui d'autre, dans les mêmes conditions, aurait été anéanti, j'en mets ma main à couper. La preuve : Milos Adamovic et Kevin Kempeneer, qui se sont succédé au cours du premier tour de l'actuelle compétition, n'ont pas tenu la distance. Ce n'est qu'après l'arrivée d'Olivier Renard que les Malinois se sont stabilisés au goal. Pour bien connaître Oli, je sais que lui aussi a dû composer avec l'approche vraiment très particulière de Maes. Heureusement pour lui, il était blindé par son expérience au Standard. A sa manière, il a remis les points sur les i également. Hormis deux saisons à Manhay, club de 1re Provinciale liégeoise dont mon père, José, défendait les filets au début des années 90, j'ai effectivement transité dès mes huit ans par les diverses catégories d'âge du Standard. Dès mes tout premiers pas, j'ai voulu suivre l'exemple de mon paternel en prenant place entre les perches. J'étais vraiment branché sur ce que je faisais et j'ai essayé de mettre le maximum d'atouts de mon côté en m'inscrivant au foot-études tout en fréquentant l'école des gardiens de Regné. J'y ai eu droit à un suivi formidable mais il va sans dire que mes véritables maîtres auront été deux anciens keepers mythiques des Rouches : Jean Nicolay et Christian Piot. Tous deux n'ont eu de cesse de me répéter, tout au long de ces années, que le travail finit toujours par payer. Je leur en serai éternellement reconnaissant car j'ai dû bosser et surmonter pas mal d'obstacles pour me faire une petite place en D1. J'étais barré à Sclessin par Fabian Carini et Dimitri Habran. Comme troisième gardien, je n'avais guère de perspectives et il valait donc mieux que je sois loué. Mons s'est alors manifesté et je me suis retrouvé chez les Dragons. A un moment donné, j'ai bel et bien cru que j'allais toucher au but, sous la forme de ma première titularisation en D1. Le coach, Sergio Brio, s'était prononcé en ce sens dans l'optique d'un match à Ostende. Mais, le jour J, il s'est complètement dégonflé. Du coup, l'Italien était classé de façon définitive pour moi et j'ai tenu à tout prix à changer d'air. Virton est venu aux nouvelles et, dans la mesure où je pouvais y endosser le numéro 1, j'ai accepté. Avec le recul, je ne regrette pas du tout cette expérience. Elle m'a notamment permis de me signaler aux yeux des gens du Kavé. A l'aller déjà, entre les deux clubs, j'avais réussi quelques jolies prouesses. Au retour, le 21 janvier 2006, je m'en souviens encore comme si c'était hier, j'ai probablement réalisé le meilleur match de ma jeune carrière, même si nous avions été battus sur le fil : 2-1 grâce à un but signé in extremis par Bert Dhont. Je préconiserais cet écolage à n'importe quel gardien. La D2 est moins technique que l'élite et les matches y sont toujours plus âpres. Les attaquants n'hésitent jamais à rentrer dans le lard. C'est là, dans ces combats de tranchées, que j'ai le sentiment que le métier est rentré. La première année, avec Virton, j'ai été mêlé à la lutte pour le maintien et j'ai connu la tension. La saison suivante, à Malines cette fois, j'ai pu vérifier ce qu'était le stress lié à la montée. A choisir, celui-ci est plus agréable ( il rit). C'est peut-être votre opinion mais je ne l'ai jamais perçu ainsi. Dès le départ, le président Johan Vermeersch avait été franc : compte tenu des aléas que le Brussels avait vécus dans son secteur défensif en 2006-07, tout le monde allait avoir sa chance, aussi bien dans l'arrière-garde qu'au poste de gardien. Je me suis toujours fait fort que la chance me sourirait tôt ou tard. Elle s'est matérialisée à Saint-Trond le 1er mars. Depuis lors, je n'ai plus cédé ma place. Et je ne compte d'ailleurs pas le faire de sitôt. Avant d'obtenir cette satisfaction, j'ai dû longuement patienter. A présent, j'y suis, j'y reste. Je veux d'abord mettre tout en £uvre pour assurer la pérennité du Brussels en D1. Si je ne parviens pas à mes fins, je serai de toute façon tributaire du bon vouloir de la direction, puisque j'ai signé un contrat de trois ans sans la moindre clause concernant l'évolution en D1 ou en D2. A près de 23 ans, je ne vais pas faire la fine bouche. Si je dois repasser par l'antichambre de l'élite, je le ferai. Mais il faut qu'il y ait un véritable projet. Il faut que je sache à quoi m'en tenir. Un peu de tout. Les blessures, la malchance, une panne d'électricité ( il grimace). L'un ou l'autre épisode malheureux aussi. En soi, il est quand même décevant qu'un garçon de la trempe d'Eric Deflandre, dont l'équipe aurait bien eu besoin, va contribuer au sauvetage du FC Dender... Dans le même registre, on peut regretter aussi qu'Albert Cartier, à propos duquel il n'y avait strictement rien à redire non plus, va sans doute sauver Mons. Il y a de quoi s'en mordre les doigts. l par bruno govers