Santa Fe, ville d'un demi-million d'habitants à 500 kilomètres au nord de Buenos Aires. Capitale de la province du même nom, c'est surtout une ville administrative, au c£ur d'une région très fertile qui s'est spécialisée dans la culture du soja et qui est traversée par le fleuve Paraná. Le sportif le plus connu est un boxeur : Carlos Monzon, multiple champion du monde, y est né et possède sa statue. Au niveau footballistique, la ville compte deux clubs principaux : Colón, toujours en D1 et dont le stade vient d'être modernisé dans la perspective de la Copa America qui s'y disputera en juin, et l'Union, descendue en D2 depuis huit ans et qui en paie les frais.
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Santa Fe, ville d'un demi-million d'habitants à 500 kilomètres au nord de Buenos Aires. Capitale de la province du même nom, c'est surtout une ville administrative, au c£ur d'une région très fertile qui s'est spécialisée dans la culture du soja et qui est traversée par le fleuve Paraná. Le sportif le plus connu est un boxeur : Carlos Monzon, multiple champion du monde, y est né et possède sa statue. Au niveau footballistique, la ville compte deux clubs principaux : Colón, toujours en D1 et dont le stade vient d'être modernisé dans la perspective de la Copa America qui s'y disputera en juin, et l'Union, descendue en D2 depuis huit ans et qui en paie les frais. A l'origine, l'Union était un club plus bourgeois, alors que Colón trouvait plutôt ses supporters dans les classes ouvrières, mais ces différences sociales se sont fortement amenuisées. C'est à l'Union que Nicolas Frutos a effectué ses premiers pas, et c'est là aussi qu'il est aujourd'hui revenu, à la demande du président Luis Spahn, spécialisé dans l'importation de produits made in China et qui possède une chaîne de magasins. Frutos tente d'apporter à l'Union toute l'expérience qu'il a acquise en Europe et essaie de restructurer le club. Ce qui ne se passe pas sans heurts : il a déjà été confronté à la mauvaise humeur d'anciens employés bousculés dans leurs habitudes. Nicolas nous a reçus dans sa très belle demeure qu'il habite depuis le 31 décembre 2007 à la périphérie de la ville et qu'il occupe avec son épouse Romina et ses deux filles Sofia (cinq ans) et Alexia (neuf mois). Après s'être changé, il nous montre une pièce spécialement aménagée par son épouse, où un mur tapissé de photos retrace toute sa carrière et où il a conservé ses maillots et trophées. " Voici ma médaille de champion 2006. J'ai dû insister pour la recevoir, car il n'y en avait pas pour tout le monde. Les autres, je ne les ai même pas reçues. C'est quoi, cette fédération belge ?" Pour l'occasion, il avait aussi invité ses parents et son beau-frère autour d'un asado, le barbecue argentin. NicolasFrutos : Je n'aurais 30 ans que le 10 mai. C'est vieux, n'est-ce pas ? Je n'ai pas l'âge inscrit sur mon passeport. Physiquement, j'ai l'apparence d'un homme de 29 ans, mais lorsque j'essaie de faire du sport, je me sens comme un vieillard. Je dois avoir perdu deux ou trois kilos, en effet. A force de ne plus faire de sport, j'ai perdu en masse musculaire. Un peu de vélo de temps en temps. Et un peu d'exercice dans la salle de musculation aménagée à la maison. Mais pas question de tennis ou d'un autre sport où il faut courir et s'appuyer sur le pied. Bien sûr, que je m'en souviens. Ce moment, que je craignais, je l'avais senti venir. Une succession d'événements ont conduit à l'issue fatale. Les problèmes s'étaient accumulés. L'annonce constitua à la fois un choc et un soulagement. Ce n'est pas facile de se dire qu'on ne jouera plus jamais à ce sport qui représentait toute ma vie. Mais un soulagement aussi, parce que toutes ces souffrances, tous ces efforts finalement vains pour essayer de revenir, étaient lourds à supporter. Je suis quelqu'un d'émotif, il m'est arrivé de pleurer, mais j'accepte aussi tout ce qui m'arrive avec beaucoup de philosophie. Le fait que ma retraite ait coïncidé avec le 30e titre d'Anderlecht et avec la naissance de ma deuxième fille Alexia m'a aidé à tourner ce chapitre avec plus de facilité. L'accueil que j'ai reçu à Bruxelles lorsque j'ai été invité pour le 30e titre fut formidable. Et que dire alors de la fête que mon épouse Romina a organisée ici, à Santa Fe, en décembre dernier. Tous les amis qui avaient pu se libérer étaient présents. Nicolas Pareja est venu spécialement de Moscou. Gérard Witters, qui s'occupe de la prospection pour Anderlecht en Argentine et qui est devenu un ami personnel, était là également. En comptant la famille, les copains, les entraîneurs, on était près de 200. C'était une manière d'oublier la tristesse et de se dire, d'une manière joyeuse : - Voilà, c'estfini, onpasse àautrechose !Jamais ! J'aurais continué à jouer quelques années de plus et retardé ma reconversion,... mais cette fonction que j'occupe actuellement à l'Union Santa Fe, j'y songeais déjà depuis cinq ou six ans. J'ignore où l'on est allé chercher cela. Agent de joueurs, très peu pour moi. Ce job ne me conviendrait pas du tout. Directeur technique, mais pas uniquement. J'établis le programme de préparation des équipes de jeunes, j'assiste aux entraînements des catégories Elite, je cherche des matches amicaux, je m'occupe de l'organisation interne, je choisis les entraîneurs et préparateurs physiques, j'essaye d'améliorer la qualité des terrains, et matériel et.... de la recherche de sponsors. Au début, je devais tout faire seul. Aujourd'hui, je commence à être entouré par une équipe de confiance. Mon beau-frère, Ezequiel, est en train d'installer l'air conditionné dans les chambres aménagées dans le stade pour les jeunes qui ne sont pas originaires de la région. Ce n'est qu'un exemple. J'envisage, aussi, d'installer un terrain d'entraînement synthétique. Je me lève à six heures, pour arriver au club vers sept heures. Je regarde si les chambres sont en ordre, si on a bien servi le petit déjeuner aux jeunes, si tout se déroule normalement. Il faut avoir l'£il sur tout. Parfois, des employés font des choses qu'on ne leur avait pas demandées. Ils ne sont pas encore tous habitués aux méthodes que je préconise. Heureusement, j'ai le soutien du président. Je m'accorde une pause de midi à quatorze heures. Puis, cela recommence jusqu'à 19 ou 20 heures. Cela compense toutes les années où j'ai... trop dormi lorsque j'étais footballeur ! ( Ilrit) Pour les sportifs, c'est nécessaire mais on ne se rend pas compte de la belle vie qu'on mène. Aujourd'hui, j'ai de longues journées de travail. Mais c'est bien : cela me permet de ne pas gamberger et de ne pas penser au fait que je ne chausserai plus jamais les souliers à crampons. Bien sûr. J'ai toujours l'impression que, demain, je remonterai sur un terrain. Dommage ce n'est qu'une impression. Oui. Deux ou trois fois. C'était peine perdue. Penses-tu ? A cinq contre cinq, avec les vétérans du quartier ! Même là, cela n'allait pas. J'ai joué 15 ou 20 minutes, et j'étais cassé. Pendant trois jours, j'ai boité bas. Inutile d'insister. C'est un ami, patron d'un petit club de Buenos Aires, qui avait lancé cela. Il voulait se faire un peu de pub... Le tendon d'Achille gauche ! Il est fichu. J'ai essayé tous les remèdes, enfin tous ceux qui me sont venus à l'esprit car il en existe peut-être d'autres que je ne connais pas. Rien n'y a fait. Cette blessure est survenue six mois ou un an après mon arrivée en Belgique, alors que je n'avais jamais été blessé en Argentine, si l'on excepte les coups que reçoivent tous les footballeurs, à un moment donné. Toutes mes blessures proviennent du même pied. Après, l'autre jambe a compensé, mais à l'exception d'un problème au cartilage du genou consécutif à un faux mouvement avec ballon, l'origine de mes blessures était toujours la même. Ce que j'ai vécu, je ne le souhaite à personne, pas même à tous ceux qui m'ont critiqué sans savoir de quoi il retournait. J'ai vécu de beaux moments comme sportif, j'estime m'être toujours comporté en vrai pro et même davantage, mais un être humain ne peut rien contre un état de santé qui se détériore. Comment en suis-je arrivé là ? Ce sont les médecins qui doivent fournir des explications. Pas moi. Je ne veux plus revenir sur tout ça. La presse avait émis pas mal de critiques et voulu en savoir toujours plus sur mon état de santé, et à partir de là, il y a eu des dérives. Je n'ai pas apprécié, par exemple, que certains médecins extérieurs au club se soient permis de poser un diagnostic alors qu'ils ne m'avaient même pas examiné. De quel droit se permettaient-ils de me donner des conseils en disant : -Frutos devrait faire ceci ou cela ? Chaque cas est différent, chaque blessure est différente, chaque personne est différente... J'ai subi ce que j'ai subi, on n'y changera rien. Mais comme je suis de nature à positiver, je veux surtout retenir que toutes ces péripéties m'ont rendues plus fort. On apprend en toutes circonstances, et surtout dans les moments difficiles. On peut toujours avoir des regrets. Dans l'ensemble, je suis toutefois très content. La seule chose qui m'a manqué, c'est une sélection en équipe nationale. Non. Je suis ravi d'avoir joué cinq ans à Anderlecht. Ce n'est pas assez à mon goût, mais c'est déjà extraordinaire. Et mon rendement a été exceptionnel. Au rapport temps de jeu/nombre de buts, je n'ai pas été loin de battre des records. J'aurais même pu marquer encore davantage en jouant le même nombre de matches et le même nombre de minutes.... mais d'autres portions de matches. Quand j'étais en état de jouer, j'étais toujours titulaire. Je disputais donc les portions de matches les plus ardues, où l'adversaire était encore frais et où il fallait forcer le verrou. Lorsque la décision était faite, il m'arrivait souvent de quitter le terrain. Certains joueurs augmentent leur total de buts en se contentant d'alourdir la marque lorsque le match est déjà plié et que l'adversaire n'oppose plus aucune résistance. Ce n'était pas mon cas. Beaucoup. Aujourd'hui encore, au petit déjeuner, je regarde les pages internet des journaux argentins et belges. Je me tiens au courant de tout. Lorsque j'ai débarqué en Belgique, je ne m'imaginais pas que je m'y attacherais autant. Mais lorsque Sofía y est née, six mois après mon arrivée, j'ai directement su qu'un lien m'y rattacherait à vie. Je me suis fait en Belgique des amis pour la vie. Quelques joueurs en font partie, d'autres personnes également. C'est devenu mon deuxième pays. J'étais le premier Argentin à Anderlecht et je n'avais pas le choix : je devais apprendre la langue. J'ai débarqué en novembre, pour trouver mes marques, alors que je ne pouvais commencer à jouer qu'en janvier. Je me souviens qu'un jour, il s'est mis à neiger. La pelouse était recouverte de ce manteau blanc que je découvrais. J'ai demandé au préposé à l'entretien : - Pourquoi n'enlevez-vous pas la neige ? Il m'a répondu : - Cela ne sert à rien, c'est gelé en dessous. Et puis, il va encore neiger demain... J'ai rétorqué : - Il faut enlever la neige, et s'il neige encore demain, on l'enlèvera de nouveau ! A Neerpede, c'était pareil. Lorsque je voyais un employé au bord du terrain, je lui demandais : - Que faites-vous ? S'il me répondait : -J'observe !, je m'énervais. Je ne supporte pas de voir quelqu'un les bras croisés. Ici, à Santa Fe, c'est pareil : je veux que tout le monde soit actif. Certains n'acceptent pas toujours mes remarques, mais tant pis. Je suis sûr que j'y retournerai un jour. On verra. J'ai commencé les cours, en vue du diplôme, dès mon retour, en mars 2010. J'entamerai ma deuxième année le mois prochain et j'obtiendrai le précieux papier en décembre. Si je deviens entraîneur à Anderlecht, j'ai déjà mon adjoint... ( NDLR : PabloMorchón, préparateurphysique àl'UnionSantaFe).Je parviendrai à la convaincre ! ( Ilrit) Il me faudra peut-être quelques années pour cela, mais on retournera en Belgique. Cela permettra à ma fille aînée, Sofía, de retourner. Déjà, aujourd'hui, elle me supplie : " Papa, je veux fêter mon anniversaire dans mon pays ! " Elle y est née et elle parle toujours un peu le français. Je veux aussi que ma fille cadette, Alexia, découvre la maison de ses parents. Elle est, au contraire, née en Argentine et n'a jamais vu la Belgique. Mes deux filles sont nées en mai... comme moi. On est tous des taureaux. Difficile à dire. D'abord, je veux aider mon club. Si je veux réaliser tout ce que j'ai en tête, cela prendra du temps, car la tâche est immense. Tout est à faire. Sur le plan social, il y a beaucoup à faire également ici... Avant de revenir, je veux aussi voir de quelle manière je peux aider Anderlecht depuis l'Argentine. Je ne travaille pas pour Anderlecht pour l'instant, mais je réfléchis sans cesse à la manière dont je pourrais aider mon ancien club. J'aimerais d'ailleurs que Herman Van Holsbeeck vienne faire un saut jusqu'ici, afin qu'il se rende compte de ce que je suis déjà en train de réaliser. Et pour me dire aussi, ce qu'il attend de moi. J'aimerais qu'on puisse travailler ensemble. Celui de la formation, par exemple. Actuellement, dans tous les clubs de D1 argentine, on trouve deux ou trois joueurs de Santa Fe. Cela signifie que la province constitue un réservoir de talents exceptionnel. Pourquoi ces joueurs, et aussi ceux de la province limitrophe de Córdoba, doivent-ils obligatoirement passer par Buenos Aires avant d'effectuer le grand saut vers l'Europe ? C'est cette étape intermédiaire que je veux supprimer. J'ai déjà recruté 47 joueurs de l'intérieur du pays. Les plus jeunes ont 13 ans : l'âge où ils peuvent disputer le championnat national d'Argentine dans leur catégorie. J'en ai déjà repéré d'autres, plus jeunes, et pris contact avec leurs parents pour leur demander d'affilier leur fils chez nous lorsqu'il aura l'âge requis. Sur ces 47 jeunes recrutés, 37 logent au stade et les dix autres, originaires de la ville, sont restés dans leur famille. Ils s'ajoutent à ceux que l'Union possédait déjà. Au total, l'école compte 350 jeunes et il s'en trouve quelques-uns qui ont un certain talent. Le club a toujours eu de bons jeunes, mais le centre de formation n'était pas très bien structuré. Il manquait aussi un endroit où tous ces jeunes pouvaient travailler. En mars, on devrait inaugurer le nouveau centre d'entraînement, à la périphérie de la ville. Certains s'entraînent le matin et vont à l'école l'après-midi. Pour d'autres, c'est l'inverse. D'autres encore ont des cours du soir. C'est plus souple qu'en Belgique. Je suis aussi très attentif aux résultats scolaires : ceux qui travaillent mal ou sèchent les cours n'ont pas droit à leur match le week-end. Même s'il s'agit du meilleur joueur de l'équipe et si son absence peut coûter une victoire. J'aimerais qu'ils acquièrent tous la mentalité de Romelu Lukaku. Ici, ce n'est pas pareil. Les parents vivent parfois dans des conditions très difficiles et croient que, grâce au football, leur enfant s'en sortira. Pourtant, ce n'est pas automatique, ils doivent avoir une alternative. Ce qui manque à l'Union Santa Fe, et qui pourrait provoquer un déclic, c'est fournir un joueur à l'équipe nationale. Dans ce cas-là, on pourrait vraiment attirer les meilleurs, qui se diraient : - Sijesignedansceclub- là, jepourrai aller très loin ! En attendant, il n'y a que le travail. Je veux coupler le talent naturel des Argentins aux méthodes de travail européennes. Je n'entends pas seulement appliquer ce que j'ai appris en Belgique, aussi ce que j'ai appris en Espagne à Las Palmas. Je veux faire profiter mon club de l'expérience que j'ai acquise. En outre, j'aime lire, observer. L'expérience, ce n'est pas uniquement ce que l'on a vécu soi-même, il faut l'élargir. Et j'ai toujours été curieux. A part jouer, les jeunes n'ont pas grand-chose à faire, en Argentine. Pour la plupart d'entre eux, la première chose que l'on met dans leur berceau, c'est un ballon. Dans l'intérieur du pays, les jeunes jouent dans la rue. A Buenos Aires, cela devient difficile. Ici, à Santa Fe, il y a le football... et la pêche comme passe-temps. Le temps me manque. Je suis allé pêcher deux ou trois fois pendant les vacances d'été de janvier. C'est une technique très particulière. Le poisson, en général, ne mord pas directement l'appât. Il le suce d'abord, puis tire un peu. Mon grand-père a été champion d'Argentine de pêche à la ligne. Mon père a été le président du club de pêche local, en plus de sa fonction de dirigeant à l'Union Santa Fe. Aujourd'hui, il n'a plus de fonction officielle au club, mais il continue à m'aider. Je ne sais pas si je découvrirai un nouveau Lionel Messi, un nouveau Sergio Agüero ou un nouveau Carlos Tevez pour Anderlecht, mais je veux rendre au club ce qu'il m'a apporté. Oui, il occupait une place très proche de la mienne dans le vestiaire. On se parlait beaucoup. Il était encore très jeune, mais il écoutait. Aujourd'hui encore, il sait qu'il a énormément à apprendre. Et il dispose d'une telle marge de progression, que personne ne peut encore dire où se situent ses limites. Il doit continuer à travailler, simplement. On ne touche pas le ballon de la même manière à 17 ans qu'à 30 ans. On ne se prépare pas et on ne sent pas le jeu pas de la même manière non plus... En principe, on est moins efficace à 17 ans qu'à 30 ans. Chaque année, Romelu sera meilleur. De terminer d'abord ses études. Après, il aura encore tout le temps de réfléchir à son avenir footballistique. Pour l'instant, on réalise un travail fantastique avec lui à Anderlecht. Oui, sans problèmes. S'il opte pour un club du top, il commencera peut-être sur le banc. Peut-être serait-il même prêté. Mais il finirait par s'imposer. Il ne doit pas craindre un éventuel passage sur le banc. Dans un club comme Chelsea, on peut apprendre rien qu'en s'entraînant. Lorsqu'on est tous les jours au contact de Fernando Torres, Didier Drogba ou Nicolas Anelka, on progresse forcément.PAR DANIEL DEVOS - PHOTOS: REPORTERS/ GOUVERNEUR" J'aimerais qu'Herman Van Holsbeeck vienne faire un saut jusqu'à Santa Fe. "" J'aimerais que mes petits joueurs aient tous la mentalité de Romelu Lukaku. "