Plus de Zinédine Zidane, de David Beckham, de Ronaldo ni de Roberto Carlos à Madrid. Le Brésilien Robinho n'a jamais entièrement conquis le c£ur des fans et il manque à Raul et à Iker Casillas ce brin de charisme qui déclenche la passion. Dès lors, il y a une place à prendre à Bernabeu : celle d'un nouveau crack, un joueur au-dessus de la mêlée et essentiel à l'équipe.
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Plus de Zinédine Zidane, de David Beckham, de Ronaldo ni de Roberto Carlos à Madrid. Le Brésilien Robinho n'a jamais entièrement conquis le c£ur des fans et il manque à Raul et à Iker Casillas ce brin de charisme qui déclenche la passion. Dès lors, il y a une place à prendre à Bernabeu : celle d'un nouveau crack, un joueur au-dessus de la mêlée et essentiel à l'équipe. Et pourquoi la relève ne se nommerait-elle pas Wesley Sneijder ? De très grandes attentes reposaient déjà sur les épaules étroites du Néerlandais, quelques semaines à peine après son arrivée dans la capitale espagnole. Son départ de l'Ajax Amsterdam a suscité l'émoi aux Pays-Bas où l'on a suivi avec intérêt le jeu de cache-cache du Real et du joueur. Le 12 août, l'accord qui paraissait impossible se réalise et Sneijder devient le joueur de foot néerlandais le plus cher de l'histoire, le Real payant un montant record de 27 millions d'euros. Le directeur technique de l'Ajax, Martin van Geel, déclare : " Nous sommes fiers qu'après le passage de Ryan Babel à Liverpool, un autre joueur de notre école de formation rejoigne le top européen pour une grosse somme d'argent. Nous sommes évidemment tristes de devoir nous passer de l'un de nos meilleurs joueurs pour les matches très importants qui nous attendent en Ligue des Champions (NDLR l'Ajax a été éliminé de la Ligue des Champions par le Slavia Prague avant de connaître le même sort en Coupe de l'UEFA où il avait été relégué). En même temps, nous ne pouvions pas priver Wesley de cette opportunité ". En football, seuls les buts apportent de la valeur. Les mots ne valent presque plus rien, ou même rien du tout dans le cas de Sneijder. Mais il n'en va pas autrement avec ce jeune joueur néerlandais qu'avec ceux de ces 35 dernières années. Le monde du foot a appris à retirer du footballeur batave davantage que la quintessence de son talent. L'équipe nationale et les clubs du top comme le PSV, l'Ajax et Feyenoord figurent parmi les prétendants à la victoire en coupes européennes et les joueurs néerlandais sont très demandés, partout en Europe. Seulement, nombreux sont ceux qui ne délivrent pas ce qu'on attendait d'eux. Sneijder, qui a signé pour cinq ans, sera-t-il dès lors capable d'engranger des trophées au Real et de marcher sur les traces de Johan Cruijff, Marco van Basten, Ruud Gullit, Frank Rijkaard ou bien viendra-t-il s'ajouter à la liste des presque grands comprenant Bryan Roy, Rafael van der Vaart ou Patrick Kluivert ? En tout cas, Rijkaard ne doute pas des qualités du joueur. " Sneijder est imaginatif, a une passe précise, un excellent tir et marque des goals. En plus il est doué des deux pieds, possède une mentalité de gagneur et peut être aligné comme médian pur ou en soutien d'attaque ". Cette description de Rijkaard en fait ce qu'on appelle en Espagne un todoterreno, un joueur capable de jouer sur toute la longueur du terrain. D'ailleurs, le Real avait songé à lui faire une offre plus tôt dans l'année avant de se concentrer sur d'autres transferts. Sneijder est né à Utrecht et a été repéré par le centre de formation de l'Ajax comme ailier ou médian récupérateur. Mais il évolua vite pour passer au centre du jeu, que ce soit dans une fonction de métronome ou de soutien offensif. Il fut très rapidement sélectionné par le coach des Réserves Danny Blind qui allait bientôt recommander sa promotion en équipe A à son boss, Ronald Koeman. Sneijder débuta en championnat des Pays-Bas à 18 ans par une victoire 6-0 à Willem II. Ensuite il connut une 'semaine de folie en avril 2003 : débuts en Ligue des Champions contre Milan et première sélection en équipe nationale contre le Portugal, à l'âge de 18 ans et 325 jours. Plus tard la même année, il scora contre la Moldavie et l'Ecosse dans le cadre des éliminatoires de l'EURO 2004. Il fut d'ailleurs l'un des joueurs décisifs lors de la victoire en barrages contre l'Ecosse. A l'EURO portugais, il monta au jeu lors de deux matches, les Pays-Bas atteignant le dernier carré. En 175 apparitions à l'Ajax, Sneijder a inscrit 55 buts, dont beaucoup grâce à son fameux coup franc brossé. Mais il montra aussi un tempérament parfois trop fougueux. Il fut notamment mis à l'amende suite à un geste déplacé envers Koeman après son remplacement en Supercoupe 2004-05. La dernière saison de Sneijder à Amsterdam fut sa meilleure : il marqua 18 buts en 30 matches de championnat et il mit à profit la liberté d'action que lui offrait le retour au bercail du râtisseur Edgar Davids. De ce dernier, il a d'ailleurs déjà hérité du surnom de El Pitbull en Espagne. Les progrès du jeune Ajacide ne pouvaient qu'attirer les convoitises des grands d'Europe, et du Real en particulier, qui avait dû mettre une croix sur son désir d'arracher Kaka à Milan. Une fois arrivé à Madrid, Sneijder reçut le n° 23, que David Beckham avait abandonné pour aller agrandir sa fortune en Californie, aux Los Angeles Galaxy. Sneijder sembla très vite remplacer l'Anglais dans les c£urs des fans madrilènes, puisqu'il marqua deux fois sur coup franc lors de ses deux premiers matches officiels, à domicile contre l'Atletico et en déplacement à Villarreal. Sneijder a très rapidement souligné le rôle important joué par Ruud van Nistelrooy dans son intégration au football espagnol, à la langue de Cervantès et à la vie de tous les jours en Espagne. " Il est presque un père pour moi ". Le jeune Néerlandais n'aura sans doute pas longtemps besoin d'aide. " Il me rappelle un autre gars blond qui a joué pour Madrid à une époque et qui avait la même touche de balle ", dit l'entraîneur Bernd Schuster, faisant ainsi référence... à lui-même ! Sneijder : " Tous les joueurs prennent plaisir à développer son type de jeu. Mais nous devons rester calmes et continuer à travailler dur car ce n'est que le début. Quant à moi, je suis heureux d'avoir vécu un tel départ sur les chapeaux de roues. Beckham ? Je n'aime pas être comparé avec d'autres joueurs. Il a ses spécificités et j'ai les miennes. Nous sommes des joueurs différents ". De fait. Beckham a rejoint Madrid en 2003, lorsqu'il avait 28 ans, soit cinq de plus que Sneijder. Sur cette base, le Néerlandais a plein de temps pour parfaire son talent, une pensée effrayante pour tous les adversaires du Real. S'il progresse comme il se doit, il marchera en Espagne sur les traces de Cruijff plutôt que sur celles de Kluivert... par keir radnedge, esm