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+ Mehdi Carcela, à l'instar de Mbark Boussoufa ou Yassine El Ghanassy, fait partie des plus grands dribbleurs de notre championnat. Ballon aux pieds, il est tellement virevoltant dans ses enchaînements qu'il devient très compliqué de l'arrêter. Il adore provoquer en 1 contre 1 et le plus souvent, avec une recherche de la profondeur et du chemin le plus court vers le but. Les roulettes et les passements de jambes sont des gestes familiers pour lui tant il les maîtrise quasi à la perfection. La vitesse fait également partie de ses grandes qualités : il pivote à la vitesse de l'éclair. Pour ne pas se faire déborder par sa vélocité exceptionnelle sur les premiers mètres, son opposant a intérêt à anticiper. S'appuyant sur ce paramètre, il raffole effectuer des appels dans la profondeur en partant de loin. Plus il y a de l'espace dans le dos de la défense adverse, plus il est capable de faire très mal à toute l'organisation d'en face. Il possède une des meilleures techniques de notre compétition. Il adore amortir le ballon et, pour ce faire, il utilise non seulement toutes les surfaces de ses deux pieds mais également de tout son corps. Il caresse le ballon avec amour et celui-ci le lui rend bien en lui collant littéralement aux pieds. Il aime aussi contrôler le cuir avec l'extérieur des deux pieds et tous ses gestes sont réalisés avec un toucher phénoménal. La frappe de balle du pied gauche fait également partie de ses principaux atouts. Dominique D'Onofrio lui confie d'ailleurs la plupart des coups de pied arrêtés. Il est presque systématiquement responsable des corners et des coups francs côté droit, ceci pour imprimer une trajectoire rentrante au ballon. Il a aussi déjà marqué sur coup franc dans l'axe et ses frappes ou ses centres sont distillés en retombant très vite et sont d'une grande puissance. Le joueur rouche fait également preuve d'une superbe maîtrise dans les reprises de volée. Que ce soit de l'intérieur, de l'extérieur ou du cou du pied, ses frappes aériennes en un temps sont très précises et donnent l'impression aux observateurs qu'elles sont très faciles à réaliser. En déviation aussi, il utilise le jeu en un temps qui lui permet de redemander le ballon immédiatement afin de se rendre à nouveau disponible. A 21 ans, sa marge de progression est encore très importante. Le double départ de Milan Jovanovic et de Wilfried Dalmat lui a fait de la place sur les flancs et conféré plus de responsabilité. C'est sur un flanc qu'il exprime le mieux ses qualités de dribbles et de vitesse. En évoluant côté droit, comme actuellement, il peut rentrer dans le jeu avec beaucoup d'aisance et chercher le jeu en combinaisons courtes et les 1-2. Cela lui permet d'armer des frappes vicieuses et de démontrer sa fabuleuse force de pénétration. Il est aussi capable de déborder et de centrer de son pied droit. Mehdi fait preuve de beaucoup de sang-froid devant le but. Il se présente souvent dans les 16 mètres et il fixe remarquablement le gardien qui sort à sa rencontre. Il contourne son intervention en l'éliminant, en enroulant sa frappe ou en utilisant la pichenette pour éviter le plongeon dans les pieds. Sans être un véritable buteur, il parvient à marquer facilement quand il est en confiance. - Avec 1m76 pour 67 kilos, le numéro 11 du Standard est plutôt d'un gabarit léger. Prendre un ou deux kilos de muscle ne lui ferait pas de tort mais il ne faudra pas exagérer son développement musculaire au risque de lui faire perdre un peu de son explosivité. Alterner le travail de force et de vitesse avec des charges beaucoup plus légères devrait lui permettre d'évoluer positivement au niveau de sa musculature. Mehdi manque encore clairement de constance (cela s'est vu en Coupe contre Genk)même si cela s'améliore depuis le début de saison. Il y a encore trop de moments où il est quasiment invisible : cela dure parfois une mi-temps entière. La plus faible concurrence cette saison va lui permettre d'être moins sous pression. Il ne devra pas se relâcher pour autant. Avec son poids, il manque un peu de force dans les duels. Il aurait encore besoin de se développer au niveau du torse afin de mieux résister aux charges. Il compense cette relative faiblesse grâce à sa virtuosité technique. Celle-ci lui évite les confrontations corps à corps même s'il utilise de mieux en mieux les bras pour se faufiler au milieu des défenseurs. Son jeu en perte de balle est très déficient. Il se sent peu concerné par le repositionnement défensif surtout quand il est dépassé par le ballon et que celui-ci se trouve sur l'autre flanc. Même si son pressing instinctif est de bonne qualité, il laisse trop de distance avec son arrière latéral (le plus souvent Daniel Opare) ce qui permet aux adversaires de s'engouffrer dans son dos. C'est peut-être une consigne de son coach mais il se cantonne presque exclusivement comme milieu droit offensif, il est vrai en variant ses courses. Contre Bruges, il n'a jamais changé de flanc avec Mbaye Leye. Si c'était le cas, cela le rendrait encore plus imprévisible et plus difficile à contrer. Le jeu de tête ne fait certainement pas partie de ses spécialités. Il évite les confrontations aériennes le plus souvent possible en sollicitant le ballon dans les pieds. Toutefois, quand il doit s'engager dans un duel de la tête, il fait preuve d'une bonne détente, d'un bon timing et d'un certain engagement physique. A sa décharge, il doit rendre une quinzaine de centimètres aux défenseurs les plus athlétiques. Dans les mois à venir, on va pouvoir juger de sa capacité à se remettre en question et à rester les pieds sur terre. Dans le foot actuel où beaucoup d'argent circule, et où tout est trop médiatisé, la faculté à bien gérer cet aspect des choses est primordiale par rapport à l'évolution d'une carrière. né en 1963, étienne delangre joua comme défenseur au standard de 1981 à 1992 (267m en d1 et 6b, champion en 82 et 83). ex-chargé de cours à l'école du heysel, il coacha de la P1 à la d1 (charleroi). PAR ÉTIENNE DELANGRE