par Bruno Govers
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par Bruno GoversA l'exception d'une pige au RWDM, au crépuscule de sa carrière active, Frankie Vercauteren n'aura été, en Belgique, que l'homme d'un seul club : Anderlecht, où il s'affilia dès l'âge de dix ans, au grand dam de son père, inconditionnel du club voisin, le Daring. C'est d'ailleurs contre les Rouge et Noir de Molenbeek que le ket livra son tout premier match sous les couleurs anderlechtoises. Il avait alors comme coach un certain Martin Lippens, qu'il allait retrouver quelques années plus tard, mais chez les A cette fois. L'une des premières préoccupations de ceux qui s'occupaient alors du suivi individuel des jeunes talents, à Neerpede, fut de corriger chez ce Minime, qui occupait la place de milieu gauche, ce qu'ils considéraient comme un vilain défaut : sa manière de centrer. C'est que le gamin ne délivrait jamais des ballons tendus devant le but. Au contraire, il leur imprimait toujours des trajectoires incurvées et donc fuyantes. Malgré toute son application, le petit Frankie ne parvint jamais à se débarrasser de cette tare. Et c'est heureux car elle allait s'avérer une arme redoutable. C'est qu'on ne compte plus le nombre de buts qui, pour les Mauve et Blanc, ont résulté des fameux " centres bananes " de l'intéressé tout au long des 12 années qu'il a défendu les couleurs du RSCA. Sans compter ceux qu'il a délivrés aussi pour le compte de notre équipe nationale. Comme celui qui permit à Erwin Vandenbergh d'inscrire un goal de légende face à l'Argentine, lors du match d'ouverture de la Coupe du Monde 82. Ou encore celui qui allait contribuer à terrasser l'Espagne, quatre ans plus tard, au Mexique et qui fut l'£uvre, cette fois, de Jan Ceulemans. Mais d' Alex Czerniatynski à Edi Krncevic, en passant par les Arnor Gudjohnsen, Kenneth Brylle et autres Willy Geurts, qui officièrent tous en front de bandière au RSCA au cours des " années Vercauteren ", personne ne se délecta autant des passes judicieuses du " petit Prince du Parc " que Robby Rensenbrink, le meilleur étranger que le RSCA, ainsi que le football belge d'ailleurs, ait jamais connu. La complicité était réellement totale entre la star hollandaise et son porteur d'eau qui n'avait pas son pareil pour le servir judicieusement dans les pieds ou dans les airs. Avec ce tandem diabolique sur l'aile gauche, Anderlecht glana d'ailleurs, au cours de la deuxième moitié des années 70, ses premiers succès européens en Coupe des Coupes. Quelques années plus tard, sans le Néerlandais, mais sous le capitanat de Vercauteren cette fois, le Sporting remporta ce qui reste, à ce jour, sa dernière victoire sur la scène continentale : la Coupe de l'UEFA 83 devant le Benfica Lisbonne. Un trophée qui allait valoir à notre homme, au faîte de sa gloire à ce moment, une jolie consécration sous la forme du Soulier d'Or. A 31 ans, après avoir fait le tour du propriétaire au sein du football belge, Vercauteren mit le cap sur la France, et le FC Nantes en particulier. Son coach, Coco Suaudeau, avait dans l'idée de lui confier le poste de numéro 10. Mais dans une position axiale, il ne fut jamais tout à fait lui-même et ses trois années dans l'Hexagone n'auront pas été marquées du sceau du succès.