Anvers accueille un événement tennistique féminin radicalement différent de la grisaille des tournois masculins. Sa réputation dépasse largement nos frontières. Une seule édition a suffi à le transformer en plus grand tournoi en salle du monde. Le directeur de cet événement, Bob Verbeeck, utilise son savoir-faire et ses contacts dans le monde sportif belge pour en faire un parfait spectacle, dont raffolent les vedettes mondiales.
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Anvers accueille un événement tennistique féminin radicalement différent de la grisaille des tournois masculins. Sa réputation dépasse largement nos frontières. Une seule édition a suffi à le transformer en plus grand tournoi en salle du monde. Le directeur de cet événement, Bob Verbeeck, utilise son savoir-faire et ses contacts dans le monde sportif belge pour en faire un parfait spectacle, dont raffolent les vedettes mondiales. Avec le soutien d'un des plus grands bureaux de management du tennis, il est parvenu à réunir deux années de suite les meilleures sportives. L'immense Sportpaleis d'Anvers revit des moments de gloire, puisque, dans le courant des années '80, l'ECC était parvenue à créer une atmosphère comparable grâce à des coryphées aussi charismatiques que Vitas Gerulaitis et Yannick Noah. Le projet est encore mieux ficelé. Parce que l'organisation tient à l'oeil l'aspect professionnel, mais aussi parce que deux de nos compatriotes participent au tournoi. Justine et Kim contre VenusL'année dernière, Justine Henin a porté les espoirs belges sur ses épaules parfois frêles mais elle s'était acquittée de sa tâche avec classe et bravoure. Dans une finale passionnante, elle était parvenue à contrer le jeu de l'invincible numéro un mondial, Venus Williams, pendant trois sets. Kim Clijsters, hors-jeu à cause de sa blessure à l'épaule, avait expliqué le cours de la finale au prince Philippe. Cette année, elle pourra montrer elle-mêmesur le court comment on joue. Les deux jeunes femmes ont en tout cas assuré leur publicité comme celle du tournoi pendant leur séjour en Australie. En finale de la dernière édition, la plus svelte des soeurs Williams avait sué contre notre Justine. éa ne l'avait pas empêché de rafler la raquette en diamants qui faisait tant briller ses yeux. En ces temps où les joueuses ne sont plus avides de remporter des prize-moneys sans cesse plus élevés et ne comptent plus leurs autos, un cadeau aussi particulier parvient encore à les sublimer. Il faut remporter la raquette trois fois en cinq ans pour l'adjoindre définitivement à sa vitrine de trophées. Venus reste donc la femme à battre aux Proximus Diamond Games. Sur la surface mauve, rapide, il faudra être en pleine forme pour contrer la vitesse de ses services - on peut s'attendre à du 200 km/h- et le large rayon d'action du numéro deux mondial.Heureusement, nos deux représentantes belges ne manquent pas de répondant. Elles sont à même de compliquer la vie des Williams. Lors de l'édition précédente, Henin a prouvé qu'avec le soutien du public, elle était capable de se sublimer. D'un autre côté, elle devra subir le poids d'une finale perdue. La présence de son amie et rivale Kim Clijsters accroîtra sans doute la pression qui pèse sur ses épaules. La Limbourgeoise souffre moins de cette concurrence interne et ne doit se faire aucun souci quant à son classement. Non que ça ne la tracasse jamais beaucoup, mais il est toujours agréable de savoir que les joueuses qui vous précèdent et vous suivent doivent défendre des points précieux alors que vous pouvez évoluer dans un fauteuil.Il semble d'ailleurs que Kim joue ainsi depuis le début de l'année. Elle survole le court comme jamais auparavant et récupère un nombre incroyable de balles. Elle est la grande favorite au titre, dans la Métropole. Elle sera soutenue par tout son clan et, connaissant sa volonté, elle a envie de faire oublier son absence de l'année dernière au public belge. Une Clijsters délivrée des blessures vaut certainement la numéro deux du monde, sur le plan du tennis. Le prouver dans son jardin serait magnifique.Les autres adversairesPour atteindre la finale, il faudra négocier quelques obstacles. Il ne faut pas trop redouter Amélie Mauresmo. La Française, numéro sept, n'a repris la compétition que cette semaine et a généralement besoin d'un certain temps pour se retrouver. Reléguée sur la touche depuis octobre à cause d'une blessure au genou, la demoiselle au style imposant sera certainement très motivée. Reste à voir si ça suffira à camoufler son manque de compétition. Daniela Hantuchova est sans doute plus dangereuse. Celle qu'on surnomme Les Jambes de Slovaquie est une étoile montante au firmament du tennis. Sur le site web de l'Open d'Australie, elle a repris avec brio le rôle de tennis babe d'une Kournikova en chute libre sportivement. Elle ne doit pas le grand nombre de hits à ses immenses jambes. Elle produit un tennis frais, ponctué de touches très offensives. Hantuchova est une joueuse d'avenir mais elle manque encore un peu de puissance et de solidité pour se frotter constamment au top. Elle reste toutefois agréable à regarder, même quand elle joue mal. On n'a plus vu Jelena Dokic depuis un certain temps. Suite à sa dispute avec la fédération de tennis locale, la Yougoslave a fait l'impasse sur le tournoi australien. Elle entamera sa saison à Anvers et devra donc tâtonner mais sur sa classe pure, la fille de l'excentrique Damir fait partie des favorites. A condition, évidemment, que le numéro cinq ait suffisamment d'entraînement dans les jambes, par ailleurs solides. Sa puissance lui permet de se mesurer sans problème aux meilleures mais son manque de mobilité et la fréquence de ses blessures peuvent entraver la suite de sa carrière. Normalement, le vainqueur viendra de ce cercle restreint, le reste du peloton jouant pour une mention dans les annales. On ne peut toutefois exclure de surprise, même si elles sont rares en tennis féminin. Patty Schnyder pourrait en susciter. Ces dernières années, la Suissesse a davantage fait la une à cause de ses relations avec un gourou et un escroc dûment condamné que grâce à ses prestations sportives. Toutefois, sans qu'on le remarque, elle s'est hissée à la 15e place du classement mondial. Dans un bon jour, elle peut compter sur ses coups du gauche pour ennuyer n'importe qui. L'année dernière, elle a atteint les demi-finales d'Anvers. Elle connaît donc bien le revêtement mauve. Stevenson, Dechy et Shaughnessy ne sont pas très loin de l'élite non plus et peuvent en tout cas régaler les spectateurs. C'est ce qu'on attend aussi des deux wildcards, offertes à Els Callens et Elke Clijsters. La première, en fin de carrière, n'a jamais aussi bien joué. Elle savoure tous les moments de gloire qu'elle peut encore grappiller. La situation de la seconde est différente: Elke sera sans doute enchantée d'échapper à la rude jungle des tournois de qualification par le biais desquels elle tente de se frayer un chemin dans l'ombre de sa soeur aînée. Avec deux joueuses dans le top-quatre, la Belgique n'a jamais été aussi brillante.