Il est des habitudes que l'on prend vite. A force de l'avoir vu, au cours de la saison écoulée, rendre des copies parfaites, on avait un peu vite oublié qu'Olivier Guilmot n'avait disputé dans son intégralité qu'une saison en D1. L'expérience ne vient pas aussi vite. Même chez un footballeur intelligent. Certes, à 26 ans, on ne peut pas le compter parmi les jeunes pousses, mais quand on connaît un peu mieux le parcours de cet Athois d'origine, on relativise.
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Il est des habitudes que l'on prend vite. A force de l'avoir vu, au cours de la saison écoulée, rendre des copies parfaites, on avait un peu vite oublié qu'Olivier Guilmot n'avait disputé dans son intégralité qu'une saison en D1. L'expérience ne vient pas aussi vite. Même chez un footballeur intelligent. Certes, à 26 ans, on ne peut pas le compter parmi les jeunes pousses, mais quand on connaît un peu mieux le parcours de cet Athois d'origine, on relativise. Ce n'est qu'à 23 ans, une fois son diplôme d'ingénieur en gestion en poche, qu'il a décidé de se jeter à corps perdu dans le monde du football. Son vécu de la division 1 est donc encore ténu. Et pourtant, fort d'une saison réussie et survivant d'une époque révolue (celle d'Albert Cartier), La Louvière a décidé de lui confier le brassard de capitaine. Mais il est des habitudes que l'on prend vite. Chahuté par le Turc Serhat Akin sur le cinquième but anderlechtois en ouverture de championnat et pris de vitesse par la vélocité de Mohammed Tchité sur le deuxième but du Standard, on a été surpris de voir ce pilier de la défense centrale quelque peu bafouiller son football. En capitaine exemplaire, il n'a pas fui ses responsabilités et a accepté de répondre posément aux questions soulevées par son début de campagne et celui de sa formation. Olivier Guilmot : On a accueilli de nombreux nouveaux joueurs. Si on analyse le 11 de base, on voit qu'il n'y a que Michaël Cordier, Laurent Montoya, Fadel Brahami et moi qui étions présents la saison passée. Et encore, Cordier ne jouait pas et Brahami évolue assez loin de la défense. Je manque d'automatismes avec mes partenaires. Et quand tout le secteur défensif change, il faut un certain temps d'adaptation. Peut-être que l'on attend plus de moi ( il réfléchit). Mais il faut comparer ce qui est comparable. La saison passée, mes premiers matches ne furent pas non plus très glorieux. Je suis monté en puissance au fil du championnat. Mais je dois retrouver mes repères et revenir à mon niveau car je suis conscient que j'évolue un peu en dessous, quand même. Je dois essayer d'être plus intransigeant dans les duels et je sais que je peux m'améliorer. Mais je sens que je suis sur le bon chemin. Il ne manque pas grand-chose. C'est une question de détails, de petits points à régler. C'est pour cette raison que mon but face au Standard m'a fait plaisir car j'avais remporté mon duel. Aucun. Cette erreur n'a pas eu d'incidence sur le score. C'était déjà 4-0. Mais, après la rencontre, je l'ai analysée. Je la retiens mais je n'y pense plus. Il suffit que je sois encore plus concentré et cela n'arrivera plus. Si je faisais de telles erreurs chaque semaine, je commencerais à me poser des questions mais ce n'est pas le cas. Je ne trouve pas. L'année passée, on jouait à quatre en ligne et on prenait l'attaquant adverse quand il se trouvait dans notre zone. Cette année, on a toujours un système à quatre en ligne et on a juste mis au point une pratique différente pour sortir la balle de la défense. C'est vrai qu'il est plus dans mon style. Mais dans les mécanismes de glissement et de pressing, cela ne change rien. Le plus important pour une paire de défenseurs centraux, c'est qu'elle s'entende bien. Et c'est le cas. Ce sont tous les deux des joueurs d'expérience qui parlent énormément et qui disposent de cette qualité de gagneur. Peut-être que Teklak va encore plus au charbon. Il met le pied plus souvent qu'à son tour. Mais tous les deux sont des éléments réfléchis. C'est positif pour moi d'avoir grandi aux côtés de tels gars. Je dois également y inclure Thierry Siquet. Cela m'a aidé à acquérir plus vite de la maturité. Cela aurait constitué la solution de facilité. Mais à partir du moment où on m'a proposé le défi de guider les jeunes, je ne pouvais pas hésiter. C'est bien et cela me fait aussi progresser. Je ne suis pas du genre à crier sur les gens mais si c'est pour intégrer les nouveaux, je suis le premier à être partant. Non. Enfin, peut-être un petit peu. Mais ce n'est pas une pression incroyable. Cela ne change rien à mon jeu. C'est fort utile de pouvoir compter sur des joueurs de cette trempe. On sait que c'est à nous d'aborder les corrections quand il y a lieu de le faire. C'est à nous de parler. Mais, c'est vrai que moi, cela me fait un peu bizarre car il ne s'agit que de ma deuxième saison comme titulaire. D'un autre côte, je compte maintenant une cinquantaine de rencontres de D1 à mon actif - NDLA : 6 0 exactement - et ce n'est pas parce que je n'ai pas 300 matches derrière moi que je ne peux pas transmettre quelque chose et expliquer aux plus jeunes ce que j'ai vécu. Toutes les qualités peuvent devenir des défauts si on ne les utilise pas à bon escient. Si on dit que je suis un joueur propre parce que je ne mets jamais le pied, ce n'est pas bon. Je tiens à cette étiquette de joueur propre mais il faut que cela soit efficace et efficient. Sinon, cela ne sert à rien. Certains disent que j'aurais pu tenter la faute professionnelle sur Tchité mais je me serais fait exclure et j'étais quand même loin de lui pour tenter le tackle. Mais quand il faut mettre le pied, je le mets. Rassurez-vous ! Oui. C'est ce à quoi je m'attendais. Je sais que je dois encore travailler. Mais, pour le moment, cela va dans le sens prévu. Peut-être pas. Je savais que le travail allait payer un jour ou l'autre mais quand tu es défenseur, tu dois généralement te montrer patient. On peut toujours lancer un attaquant en pleine rencontre pour qu'il fourbisse ses armes. Tandis qu'un arrière, c'est plus difficile. On sait que chaque erreur se paie cash et on évite alors de prendre le risque d'incorporer un jeune. C'est pour cette raison que j'ai d'abord évolué au poste d'arrière droit. Mais, c'est vrai que je n'ai pas dû attendre trop longtemps avant de devenir titulaire. Il y a certainement une part de chance. J'avais soif de montrer ce que je valais et j'ai également beaucoup travaillé. On peut donc parler d'une conjoncture de plusieurs éléments. Et puis, j'ai aussi bénéficié de la confiance de l'entraîneur. Ce n'est pas négligeable car vous avez beau être prêt, si on ne vous fait pas jouer, vous ne savez rien prouver. Le club a choisi comme philosophie de donner la chance aux jeunes. Il faudra donc laisser à tous ces pions un temps d'adaptation. Cela aurait peut-être facilité les choses d'avoir encore quelques joueurs qui se connaissent... Mais il s'agit du choix de la direction et de la loi du marché. C'est à la direction qu'il faut poser la question. La stabilité est toujours une politique plus prudente. Cependant, il y a trois ans, avec Ariel Jacobs et Roland Louf, ils avaient déjà agi de la sorte et cela avait fonctionné. Alors, pourquoi pas maintenant ? C'est sûr qu'on possédait un bon noyau mais je crois que l'actuel recèle également de bonnes individualités. Au début, on a une certaine appréhension. Mais quand je vois le groupe actuel, je décèle du potentiel. Il n'est pas si mauvais. Il suffit d'analyser notre calendrier. On rencontrait Anderlecht, le Standard, Gand et Zulte Waregem. On perd un point à la dernière minute contre le Standard et on a arraché le nul face à Gand et à Zulte Waregem. Ils ont gagné sur quel score au Cercle ? D'accord, c'est un discours positif mais c'est quand même la réalité. Si on n'avait pas développé du beau jeu ces dernières semaines, je me poserais des questions. Mais il suffit de voir notre évolution et notre progression depuis la rencontre face à Anderlecht pour mesurer le chemin parcouru. Non. Je n'ai pas de manager et c'est à moi qu'il faut directement s'adresser. Et pour le moment, personne n'est venu aux nouvelles. Je ne m'en fais pas. Tout dépendra de la saison que j'effectuerai. Mais j'ai toutes les cartes en main pour discuter de mon futur contrat. Stéphane Vande Velde" Peut-être que l'ON ATTEND PLUS DE MOI "