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La frappe de balle est certainement la plus grande qualité de Matthias Lepiller. Alors que la grande majorité des joueurs cherchent la combinaison ou la passe profonde dès qu'ils sortent du rond central, lui, il n'hésite pas à tirer au but de 35 ou 40 mètres. Pour cela, il s'appuie sur une frappe de mule dont les trajectoires flottantes peuvent surprendre les gardiens les plus attentifs. Bien que droitier, il est aussi capable de trouver l'ouverture avec son pied gauche.
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La frappe de balle est certainement la plus grande qualité de Matthias Lepiller. Alors que la grande majorité des joueurs cherchent la combinaison ou la passe profonde dès qu'ils sortent du rond central, lui, il n'hésite pas à tirer au but de 35 ou 40 mètres. Pour cela, il s'appuie sur une frappe de mule dont les trajectoires flottantes peuvent surprendre les gardiens les plus attentifs. Bien que droitier, il est aussi capable de trouver l'ouverture avec son pied gauche. Formé au Havre, Matthias est un joueur aux qualités techniques de très bon niveau. Ses contrôles, ses enchaînements ainsi que ses déviations sont parfaitement maîtrisées et sont réalisées de façon très élégante. Il analyse fort bien la situation quand il doit conserver le cuir ou bien le transmettre en une touche de balle. Le Panda possède une très bonne vision du jeu et sa facilité de passes lui offre la possibilité d'alterner le jeu court et le jeu long. Il est capable de renverser le jeu en sentant l'appel de balle du partenaire sur l'autre flanc. Il anticipe aussi très bien le comportement de ses adversaires pour tenter de les prendre à revers par une passe dont il a le secret. Pour distiller ses services, il utilise toutes les surfaces des 2 pieds sans le moindre problème. Albert Cartier lui donne beaucoup de responsabilités sur les phases arrêtées. Il délivre quasiment tous les coups de pied que ce soit dans l'axe ou sur les côtés. Ses ballons sont frappés avec énormément de force et il est très compliqué pour le gardien d'intervenir sur ses corners et ses coups francs désaxés. Il suffit pour un bon joueur de tête de toucher le ballon et de cadrer pour transformer ses centres en balle de but. A 22 ans, il possède encore une grande marge de progression. S'il écoute les conseils du staff et des plus anciens, son évolution devrait être positive. Par contre, son avenir dépendra non seulement de ses prestations mais aussi du verdict sportif de son équipe actuelle (maintien ou non) et surtout de la décision de son club d'appartenance (la Fiorentina). Il a besoin d'être totalement libéré dans la tête afin de donner la pleine mesure de son talent. Le numéro 10 eupenois est capable, à tout moment, de débloquer une situation délicate. Que ce soit par un but, un assist ou une ouverture lumineuse, il peut faire la différence même à l'instant où on l'attend le moins. C'est dans un rôle d'homme libre qu'il est le plus efficace. Quand il est positionné comme milieu gauche, ce qui est régulièrement le cas, il a tendance à beaucoup rentrer dans le jeu, soit pour chercher le jeu en combinaison, soit pour frapper au but. Il aime aussi se placer en soutien axial direct des attaquants et permuter les positions avec le demi d'aile droit. Dans les petits espaces et dans les situations dos au but, il s'en sort relativement bien grâce à sa technique, sa couverture de balle et sa vision du jeu. Les qualités physiques de l'ancien joueur des Grasshoppers de Zurich font certainement partie de ses défauts majeurs. Avec son mètre 80 pour 82 kilos, ce ne serait pas un luxe pour lui de descendre quelque peu son ratio taille-poids. Il donne l'impression de manquer d'endurance et sa vitesse de course et de démarrage est loin d'être phénoménale. Sur les premiers mètres, en conduite de balle, il compense ce déficit par ses qualités techniques. La qualité de ses matches dépend souvent de la manière dont il entame les débats. Si ses premiers contacts avec le cuir sont ratés, il a tendance à perdre confiance. C'est quelqu'un qui a un mental un peu faible et qui doit constamment être boosté pour prester à un bon niveau. Avec un caractère plus fort, il serait certainement déjà plus avancé dans sa carrière. Le volume de jeu est insuffisant, surtout pour un joueur d'entrejeu. Il se montre disponible presque exclusivement quand le ballon se trouve dans sa zone. Dans ce cas-là, on peut lui transmettre le ballon sans problème mais ce n'est pas un joueur qui va entreprendre de longues courses pour se libérer du marquage adverse. Pour le moment, il n'en est tout simplement pas capable. Le Français présente un rendement en dents de scie. Son tour final de la saison dernière a été déterminant pour la montée d'Eupen mais, depuis le mois d'août, ses prestations manquent de régularité. Sur 90 minutes, son apport manque de relief et il est trop souvent invisible pendant d'assez longues périodes de match. A sa décharge, c'est réellement la première saison où il est investi d'un rôle important dans une équipe de D1. Il a besoin de temps mais on n'en a pas toujours, surtout dans un club qui lutte pour sa survie. Le jeu de tête n'est pas une de ses spécialités. Il ne s'engage pas franchement dans le trafic aérien et il préfère, de loin, être servi dans les pieds où il maîtrise beaucoup mieux son sujet. Son timing et son engagement physique sont déficitaires et cela l'empêche de rivaliser avec les bons joueurs de tête. Dans les duels au sol aussi, surtout quand il doit s'arracher pour essayer de récupérer le ballon, ses lacunes sont assez criantes. Le jeu en perte de balle fait partie de ses principaux points faibles. Il se montre beaucoup trop passif en récupération du ballon. Cela peut déséquilibrer le bloc surtout quand il rencontre, dans sa zone, un défenseur avec un gros tempérament offensif. Dès qu'il est dépassé par l'action, que ce soit de son côté ou sur l'autre flanc, il a tendance à devenir spectateur de la phase. Faisant confiance à son sens du jeu et sa créativité, Matthias tente trop souvent des gestes ou des passes qui sont très difficiles à réaliser. En simplifiant son jeu, il deviendrait plus efficace. De plus, ses partenaires donneraient moins l'impression de ne pas comprendre ou en tout cas de ne pas anticiper son action. Il doit se convaincre qu'il n'évolue pas avec Lionel Messi ou Cristiano Ronaldo, qui, eux, auraient probablement effectué l'appel qu'il attendait. Ce constat fait qu'il présente encore un jeu avec trop de déchets. NÉ EN 1963, ÉTIENNE DELANGRE JOUA COMME DÉFENSEUR AU STANDARD DE 1981 À 1992 (267M EN D1 ET 6B, CHAMPION EN 82 ET 83). EX-CHARGÉ DE COURS À L'ÉCOLE DU HEYSEL, IL COACHA DE LA P1 À LA D1 (CHARLEROI). PAR ÉTIENNE DELANGRE