1. 13 décembre 2014, Standard - Club Bruges (1-3), 19e journée du championnat régulier. 74e. A 1-2, Mujangi-Bia tire des vingt mètres. Ryan plonge à gauche mais De Camargo renvoie le ballon sur le visage du keeper.
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1. 13 décembre 2014, Standard - Club Bruges (1-3), 19e journée du championnat régulier. 74e. A 1-2, Mujangi-Bia tire des vingt mètres. Ryan plonge à gauche mais De Camargo renvoie le ballon sur le visage du keeper. Jan Van Steenberghe : " C'est un sauvetage crucial sur le plan mental. Il s'est jeté sur le ballon sans même le voir. Mat a compris que ses interventions ne devaient pas toujours être belles. Idem en PO1 contre Charleroi : il a glissé deux fois sur un emplacement humide mais il s'est redressé à temps pour intercepter Ndongala. Ce n'était pas orthodoxe mais il n'a pas encaissé de but. Nous avons exercé l'arrêt du Standard, contre son gré. Je l'ai extirpé de sa zone de confort et il n'est plus un control freak (quelqu'un qui veut tout contrôler). A la Coupe du Monde, il avait analysé tous ses adversaires dans le moindre détail : - S'il se tient comme ça, moi je dois me placer là car il va tirer là...Arjen Robben a tiré à gauche et non à droite comme Mat s'y attendait et il a marqué. Il était tellement abattu par ces trois buts et la défaite contre les Pays-Bas qu'il n'a pas voulu enfiler de maillot orange lors du premier match du Club. Ça allait lui porter malheur. Je lui ai rappelé que ce qui comptait, c'était le ballon, sans gants, sans chaussures. Il a été super. Je lui ai fait comprendre qu'il devait laisser les analyses aux coaches, qu'il possédait tant de qualités qu'il devait se concentrer sur lui-même, sans vouloir tout contrôler. Il l'a pleinement compris à Torino, deux semaines avant son sauvetage de la tête au Standard. " 2. 19 avril 2015, Club Bruges - Anderlecht (2-1), 3e journée des PO1. 51e. Coup franc. Ryan est sur sa mauvaise jambe mais son réflexe lui permet de dévier le ballon et d'éviter le 0-2. " Ses réflexes sont phénoménaux. C'est une manifestation cérébrale : Usain Bolt entraîne la capacité de réaction de son cerveau. Mat a bien développé la coordination mains-yeux et sa maîtrise de son corps grâce à la culture australienne du sport. Il s'est adonné au cricket, au golf, au tennis et au foot américain avec succès. Il travaille beaucoup sa force : stabilisation du tronc, souplesse, puissance. Il y consacre même encore cinq minutes avant le coucher. Nous entretenons ses réflexes avec des exercices issus du volley, du handball... Mat se soigne : sauna, bains de glace, massages. Il se couche tôt et surveille son alimentation. Il se permet rarement un dessert ou de l'alcool. Un professionnel accompli. " 3. 11 février 2015, Cercle Bruges- Club Bruges (2-3), match retour des demi-finales de la Coupe. 44e. Ryan lance Izquierdo d'un dégagement à 40 mètres. Le Colombien passe à Bolingoli : 0-1.44e. Ryan lance Izquierdo d'un dégagement à 40 mètres. Le Colombien passe à Bolingoli : 0-1. " Mat maîtrise sa relance à la perfection. Son entraîneur australien John Crawley, la lui a inculquée dès l'âge de douze ans. Il joue des deux pieds. Shooter, c'est une combinaison d'équilibre -tenir sur une jambe - et d'aptitude à toucher le ballon au bon moment. Sa technique de frappe est précieuse en Europa League : les gardiens sont davantage sous pression mais Mat n'en a pas souffert parce qu'il sait comment utiliser sa technique. Nous avons juste adapté un aspect : il s'éloigne un peu de ses défenseurs en fonction des espaces, pour se défaire de la pression adverse. " 4. 16 avril 2015, Club Bruges - Dnipro (0-0), match aller des quarts de finale d'Europa League. 85e. Konoplyanka arme son tir, de l'extérieur du rectangle, mais Ryan dévie magistralement le ballon du coin inférieur gauche de sa cage. " Sa détente horizontale et verticale est fantastique mais avant, il l'exploitait mal parce qu'il se détendait trop depuis sa ligne. - Thibaut Courtois et Manuel Neuer aussi, s'est-il défendu. Mais ils sont plus grands. Mat doit compenser sa taille en avançant d'un pas pour réduire l'angle. Il l'a fait contre Dnipro. Il a d'abord sautillé, puis il s'est avancé, placé et s'est aplati à toute vitesse pour dégager le ballon de la main gauche. Il lit bien le jeu et sait quand sortir ou pas, en toutes circonstances. Sa technique de frappe lui permet aussi de jouer haut et d'anticiper. Il prend Neuer en exemple. Il étudie souvent les interventions de l'Allemand. " 5. 27 novembre 2014. Le joueur de cricket australien Phillip Hughes décède après avoir été percuté à la tête par un ballon. Ryan l'apprend le matin du déplacement au Torino. Ça ne l'empêche pas de réaliser plusieurs arrêts miraculeux. Quand sa mère et ses grands-parents sont à Bruges, il sort avec eux, il joue au golf avec Davy De fauw... Nous avons dû le freiner à certains entraînements car il a disputé la Coupe d'Asie, en plus de tout le reste. " 6. 26 octobre 2014, Club Bruges - Gand (2-2), 12e journée du championnat régulier. 63e. Ryan lâche le ballon, sur un long coup franc de Rafinha, et permet à Gand d'égaliser. " Mat a longtemps coaché ses coéquipiers et s'est placé trop tard. Il a enragé tout en étant conscient que nul n'est à l'abri d'une erreur. Mat est parfait à 98 %. Il doit tirer des leçons des 2 % restants. Nous analysons son match le lendemain mais ensuite, nous n'en parlons plus. Chapitre clos, au suivant. Comme il parvient à se concentrer, il ne traîne pas le poids de ses erreurs. Il vient de me faire remarquer que Cristiano Ronaldo ne souriait pas en quittant le terrain : il est in the zone, comme Mathew. Sans stress : plus le match est important, plus Mat se distingue. Sa victoire en Coupe d'Asie lui a insufflé de l'assurance. Il est devenu un leader. Il coache et crie de plus en plus. Avant le match, il motive ses coéquipiers. Quand Mitrovic a égalisé, à la fin de la finale de Coupe, c'est lui qui a insufflé courage aux autres. Le but de Refaelov a offert à Mat une belle récompense. Sans la cerise sur le gâteau, hélas... " PAR JONAS CRÉTEUR - PHOTOS : BELGAIMAGE