Après des mois et des mois de négociations en coulisses, la direction de Sport/Foot Magazine a inscrit dans son budget l'acquisition du polygraphe que je réclamais depuis longtemps. Quelques mois de pourparlers avec la direction de la RTBF plus tard, je reçus le feu vert pour pouvoir m'en servir discrètement auprès des acteurs de Match 1.
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Après des mois et des mois de négociations en coulisses, la direction de Sport/Foot Magazine a inscrit dans son budget l'acquisition du polygraphe que je réclamais depuis longtemps. Quelques mois de pourparlers avec la direction de la RTBF plus tard, je reçus le feu vert pour pouvoir m'en servir discrètement auprès des acteurs de Match 1. Pour ceux qui l'ignorent encore, le polygraphe est un instrument qui permet de mesurer les réactions émotives des gens. Il est utilisé, comme indice mais non encore comme preuve, dans des affaires judiciaires sous le vocable de "détecteur de mensonges". Il dessine un graphique, un peu comme un électrocardiogramme, plat si la personne est décontractée, avec des hauts et des bas plus ou moins importants si la personne est titillée émotivement ou contrariée.Premier test: les principaux acteurs de Match 1 ont lu un petit texte de tennis concernant Anna Kournikova. Le tracé a fait des bonds pour tous les membres de la rédaction sportive ertébéenne. Ce test ayant prouvé la bonne marche du système (et la bonne santé des journalistes sportifs de la chaîne publique), nous sommes passés aux choses sérieuses. La courbe de Michel Lecomte a tendance à jouer les montagnes russes dès qu'il s'agit d'Anderlecht, un peu comme Marc Delire pour ce qui concerne les Wallons de l'équipe nationale, Waseige compris. Les soubresauts sont moins nets quand Rodrigo Beenkens parle de Mouscron et la courbe est pratiquement plate lorsque Gaëtan Vigneron quitte les paddocks pour s'encanailler dans des vestiaires de foot. Pour le petit nouveau, Jonathan Bradfer, on n'a pu établir de diagnostic. Pour la simple raison qu'on ne lui a pas encore donné l'occasion de s'exprimer sur l'amour de sa vie, entendez par là l'Excelsior Virton. Malheureusement, lorsqu'il pourra enfin parler du club gaumais, nous ne pourrons plus en mesurer son degré d'attachement. Car entre-temps, notre appareil a volé en fumée. Il a implosé car il n'a pas été conçu pour supporter des émotions trop fortes. Ce fut le cas en fin de Match 1 lorsque Vincent Langendries, d'une voix neutre et détachée, annonça une "très nette victoire de Tubize"... (G. Lassoie)