Le passage du Russe Denis Menchov chez Katusha, la semaine dernière, est le dernier gros transfert de l'année. Durant la dernière décennie, les coureurs sont systématiquement sortis vainqueurs des périodes de transferts. En moins de dix ans, ils sont parvenus à doubler leur salaire brut et un coureur qui intègre une formation du WorldTour peut gagner jusqu'à 200.000 euros par an. Une nuance toutefois : le gouffre qui sépare les plus hauts salaires des plus bas est rarement aussi large qu'en cyclisme.
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Le passage du Russe Denis Menchov chez Katusha, la semaine dernière, est le dernier gros transfert de l'année. Durant la dernière décennie, les coureurs sont systématiquement sortis vainqueurs des périodes de transferts. En moins de dix ans, ils sont parvenus à doubler leur salaire brut et un coureur qui intègre une formation du WorldTour peut gagner jusqu'à 200.000 euros par an. Une nuance toutefois : le gouffre qui sépare les plus hauts salaires des plus bas est rarement aussi large qu'en cyclisme. Saison après saison, le peloton a vu son salaire augmenter mais pour la première fois, il est confronté à un plafond. " Je n'ai pas l'impression que la masse salariale du peloton professionnel sera supérieure en 2012 ", expose l'influent manager Paul De Geyter, de Celio Sport & Image. " Bien sûr, les jeunes talents qui ont éclaté cette année, comme Jelle Vanendert et Matthew Goss, vont effectuer un énorme progrès financier mais en moyenne, c'est le statu quo. " Au printemps, pourtant, les coureurs semblaient se trouver dans une situation confortable pour entamer les négociations. " L'investissement de Zdenek Bakala a permis à Quick-Step de renforcer sa base financière ", explique de Geyter. " Saxo Bank a également respiré quand son sponsor a décidé de poursuivre sa collaboration. Une équipe australienne, GreenEDGE, a rejoint le peloton. La formation d'équipes engendre toujours une hausse salariale, surtout quand elles sont grandes. Elles tentent de compenser leur incertitude sportive par des avantages financiers. " Pourtant, il n'y a pas signe de croissance. D'une part, le marché a été paralysé un moment par les transferts de Mark Cavendish et de Philippe Gilbert. " On a rapidement compris que Cavendish rejoindrait Sky ", nuance De Geyter. " Mais Gilbert a pesé plus longtemps sur le marché. Plusieurs équipes se sont focalisées sur lui avant le Tour et elles ont en plus gardé des places pour les coureurs que Gilbert apprécie avoir à ses côtés. " Le nombre de postes disponibles s'est ensuite réduit. " Plusieurs formations ont mis la clef sous le paillasson, comme HTC-Highroad et Geox-TMC. D'autres ont fusionné, comme RadioShack et Leopard-Trek. Le nombre d'équipes continentales a ainsi diminué et la baisse de la demande a eu un impact négatif sur les salaires des coureurs. "En Belgique, la séparation d'Omega Pharma et de Lotto reste finalement sans grandes conséquences. " L'équipe poursuit sa route sous le nom de Lotto-Belisol ", conclut De Geyter. " Omega Pharma apporte une injection financière à Quick-Step. En 2012, la Belgique aura donc comme avant deux équipes au WorldTour tandis que nos trois formations pro-continentales sont parvenues à se maintenir. "BENEDICT VANCLOOSTER