" Faisons-leur vivre l'enfer dans leur vie de tous les jours. Dans la rue, à la boulangerie, dans les restaurants, en discothèque (quand Steve Mandanda décide de débloquer la cagnotte)... Humilions ces sous-hommes !". Ce communiqué, effacé très vite car fortement critiqué, émane d'un des groupes de supporters les plus influents de Marseille, les South Winners, et vise les joueurs. Il symbolise la tension perceptible actuellement dans la cité phocéenne. Car l'OM ne tourne pas comme on pouvait s'y attendre en début de saison.
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" Faisons-leur vivre l'enfer dans leur vie de tous les jours. Dans la rue, à la boulangerie, dans les restaurants, en discothèque (quand Steve Mandanda décide de débloquer la cagnotte)... Humilions ces sous-hommes !". Ce communiqué, effacé très vite car fortement critiqué, émane d'un des groupes de supporters les plus influents de Marseille, les South Winners, et vise les joueurs. Il symbolise la tension perceptible actuellement dans la cité phocéenne. Car l'OM ne tourne pas comme on pouvait s'y attendre en début de saison. La victoire à Valenciennes (2-1) suivie d'un partage à Toulouse (2-2) ont été vécus comme une délivrance. Pourtant, les supporters ont décidé que cela n'était pas suffisant. Mais la situation sportive est-elle si préoccupante ? Avant Valenciennes, l'OM pointait à la 10e place mais il a suffi de quatre points sur six pour occuper la 5e place, à quelques points seulement d'une place qualificative en Ligue des Champions, preuve donc qu'il fait partie de la masse des poursuivants pouvant encore rêver de la troisième place de Lille, en péril en ce début d'année 2014. Mais les supporters ne sont ni satisfaits des prestations individuelles, ni du jeu proposé. Surtout à domicile où l'OM s'est déjà incliné à quatre reprises en Ligue 1 (sans compter la claque mémorable 4-5 face à Nice en Coupe de France). Avant la trêve, Elie Baup, qui avait pourtant réussi son retour dans le monde des entraîneurs, en conduisant l'OM à la 2e place du défunt championnat, en a fait les frais. Il a été limogé et remplacé par le pompier de service, José Anigo, qui occupait alors le poste de directeur technique. La semaine passée, c'est un autre serviteur du club, Albert Emon, qui est revenu à la Commanderie pour seconder Anigo. On veut donc redonner une identité marseillaise à cette équipe. Car l'OM se cherche. Ses supporters vivent très mal la mainmise du PSG et de Monaco sur le championnat français et ne veulent pas se satisfaire d'un rôle de faire-valoir. Pourtant, la propriétaire Margarita Louis-Dreyfus refuse de claquer toute sa fortune dans l'OM. Elle a demandé au président Vincent Labrune de réduire les coûts et même si elle a offert quelques rallonges ces deux dernières années, elle s'en tient à cette politique qui vise l'équilibre. Difficile dans ces conditions de rivaliser avec le PSG et Monaco. Pourtant, en été, l'OM était ambitieux (Labrune ayant même évoqué de faire de l'OM un nouveau Dortmund) et avait consenti de sérieux efforts en attirant Florian Thauvin pour 15 millions d'euros, Dimitri Payet pour 10 millions, Gianelli Imbula pour 7,5 millions, Mario Lemina et Benjamin Mendy, chacun pour 4 millions et Saber Khlifa pour 2,5 millions. Soit 42 millions d'euros dépensés. Or, à part Thauvin qui monte en puissance, les transferts de l'OM n'ont pas encore répondu à l'attente. A cela s'ajoute le bilan catastrophique en Ligue des Champions. 0 point dans une poule difficile comprenant Arsenal, Naples et Dortmund. Le changement d'entraîneur n'a pas non plus apporté l'électrochoc escompté. Depuis sa prise de pouvoir, Anigo n'a gagné que 4 matches sur 10 et a été sorti en Coupe de France et en Coupe de la Ligue. Seul changement depuis son arrivée, la capacité d'André-Pierre Gignac à s'imposer comme un leader (huit buts en neuf matches) dans un 4-4-2 qui lui plaît. PAR STÉPHANE VANDE VELDE