C'est difficile à imaginer en Belgique mais les compétitions inter-universitaires sont très populaires aux USA. Elles font même partie des programmes TV les plus suivis, dépassant la NBA ou la NFL, car les Américains s'identifient à leur (ex) université. La plupart des billets sont écoulés des semaines à l'avance : l'année dernière, la finale du March Madness, au Lucas Oil Stadium d'Indianapolis, qui accueille normalement des matches de football américain, a attiré 71.146 spectateurs. Les fans de basket passent 664 millions...

C'est difficile à imaginer en Belgique mais les compétitions inter-universitaires sont très populaires aux USA. Elles font même partie des programmes TV les plus suivis, dépassant la NBA ou la NFL, car les Américains s'identifient à leur (ex) université. La plupart des billets sont écoulés des semaines à l'avance : l'année dernière, la finale du March Madness, au Lucas Oil Stadium d'Indianapolis, qui accueille normalement des matches de football américain, a attiré 71.146 spectateurs. Les fans de basket passent 664 millions d'heures devant leur petit écran pendant ce tournoi annuel. Ces compétitions universitaires sont cruciales pour la renommée et le marketing des établissements qui accordent la priorité au sport. Certains joueurs de basket savent à peine lire et écrire mais n'en sont pas moins étudiants dans une université réputée. Bien que ces joueurs ne puissent être rémunérés, ces compétitions génèrent des milliards. La National Collegiate Athletic Association (NCAA), la coupole organisatrice, a un budget de plus d'un milliard d'euros, grâce aux contrats TV et à la billetterie. En 2010, la NCAA a conclu un deal pour le basket avec CBS et Turner Warner, pour 9,55 milliards d'euros en 14 ans, soit 680 millions par an jusqu'en 2024. Rien que le March Madness rapporte une fortune en publicités aux chaînes. Un spot TV de 30 secondes en finale coûtait 1,32 million en 2014 alors qu'un spot similaire pendant la finale de la NBA ne vaut que 460.000 euros... Avec son système par élimination directe, le March Madness est une vache à lait pour les agences de paris. 50 millions d'Américains misent des sommes parfois astronomiques sur le tournoi. Souvent pendant leurs heures de travail, ce qui coûte 1,7 milliard à leurs employeurs. D'après une estimation prudente, la folie mars rapporte chaque année 11 milliards aux circuits de paris, légaux ou pas. Il est quasi impossible de réussir le bracket avec les 68 équipes : on a une chance sur 128 milliards. En 2014, le gourou de la Bourse, Warren Buffett, avait promis 880 millions à celui qui prédirait le gagnant des 63 matches mais personne n'y est parvenu, même pas Barack Obama, qui remplit toujours son bracket en direct sur ESPN, devant des millions de téléspectateurs. Le final four se déroule le samedi 2 avril et le lundi 4 au NRG Stadium de Houston. L'année dernière, l'université de Duke a remporté son cinquième titre, un record, face à celle du Wisconsin. C'était le cinquième triomphe du coach Mike Krzyzewski, qui a également gagné deux médailles olympiques avec l'Amérique à Pékin et à Londres. Son salaire annuel ? 5,3 millions d'euros... PAR JONAS CRETEUR