Le temps est menaçant. D'ailleurs, il a plu sur toute la route. Une demi-heure avant l'heure prévue, ça commence à grouiller dans tous les sens dans le petit club de Rossignol, au fin fond de la Gaume, à une dizaine de kilomètres au sud de Neufchâteau. On sent l'effervescence de ceux qui n'ont pas l'habitude. Aujourd'hui, on reçoit une vedette. " Eh, il vient de Bruxelles, en plus, spécialement pour nous ", clame une jeune maman. Alors, pour une fois qu'on parle de Rossignol, il ne faudrait pas se louper non plus. " Ils sont où les gros baffles ", demande quelqu'un. Ça fait toujours mieux avec un peu de musique. Un habitué (du moins, il ressemble à...

Le temps est menaçant. D'ailleurs, il a plu sur toute la route. Une demi-heure avant l'heure prévue, ça commence à grouiller dans tous les sens dans le petit club de Rossignol, au fin fond de la Gaume, à une dizaine de kilomètres au sud de Neufchâteau. On sent l'effervescence de ceux qui n'ont pas l'habitude. Aujourd'hui, on reçoit une vedette. " Eh, il vient de Bruxelles, en plus, spécialement pour nous ", clame une jeune maman. Alors, pour une fois qu'on parle de Rossignol, il ne faudrait pas se louper non plus. " Ils sont où les gros baffles ", demande quelqu'un. Ça fait toujours mieux avec un peu de musique. Un habitué (du moins, il ressemble à ce qu'on pourrait qualifier comme tel) lance : " Si j'avais su que la buvette était ouverte, j'aurais pris des sous ! " Les enfants arrivent par grappes. Ce qui sert de petit parking en bordure de buvette est vite rempli, alors on se gare un peu partout. Certains sont déguisés avec des perruques Diables Rouges, d'autres collent davantage à la personnalité du jour. Vous l'aurez compris : aujourd'hui, c'est Marouane Fellaini qui est en visite. Il l'avait promis. Il le fait. Parrain de Cap 48, il avait lancé un défi et avait promis de rendre visite au club qui vendrait le plus de post-it de l'opération caritative. Après pondération, pour que tous les clubs (petits et grands) aient leur chance, ce sont les cadets de Rossignol qui l'ont emporté. Pourtant, l'engouement dépasse les cadets de ce petit village qui au niveau des écoles de jeunes comprend également celles de Marbehan, Les Bulles et Tintigny. Le petit stade est vite rempli et les organisateurs dépassés. Fellaini arrive pile à l'heure. L'entraîneur des cadets, Philippe Cornerotte a concocté tout un entraînement avec le Diable Rouge. Finalement, face à l'engouement et l'envahissement permanent du terrain, il doit juste se contenter d'une séance de frappes. A son arrivée, telle une rock-star, Fellaini est pris d'assaut. " Je ne m'attendais pas à autant de monde. Je croyais qu'une seule équipe serait présente. " Il est accompagné de son attachée de presse. Un cameraman de Cap 48 les a devancés. Dès son arrivée, on le bombarde d'autographes, de photos et selfies alors qu'une séance de dédicaces est prévue à la fin. Peu importe. Le programme vole en éclats et Marouane répond à toutes les sollicitations. " On n'a pas de stade pour recevoir l'équipe nationale, alors un Diable Rouge qui vient nous rendre visite, c'est inespéré ", dit Cornerotte. Après la séance de dédicaces (qui a quand même lieu), Fellaini rejoint les cadets dans leurs vestiaires et leur donne deux-trois conseils. " Il faut s'accrocher et se battre, ne pas abandonner le sport qui est bon pour la santé. " L'équipe le remercie avec son cri de guerre. Il ne reste plus alors qu'à rejoindre sa voiture encerclée de toutes parts, de répondre à une radio locale. Il est 18 h 20. Fellaini est resté une heure après avoir avalé 170 bornes. Il lui en reste 170 dans l'autre sens. Le petit village de Rossignol, lui, s'en souviendra encore longtemps. Et si vous passez un jour par là, allez admirer l'horloge de la buvette. Elle est signée par Fellaini !PAR STÉPHANE VANDE VELDEVu l'effervescence, le programme vole en éclats. Peu importe, Big Mo répond à toutes les sollicitations.