6H00

Je me lève très tôt. Après deux jours en Colombie, je souffre toujours du décalage horaire - un problème récurrent pour moi. Heureusement, il me reste assez de temps pour m'habituer à l'heure et au climat : le mercure dépasse les 30 degrés. Avant le déjeuner, j'effectue des exercices de stabilisation et des étirements avec Kenny De Ketele, mon compagnon de chambre et coéquipier.
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Je me lève très tôt. Après deux jours en Colombie, je souffre toujours du décalage horaire - un problème récurrent pour moi. Heureusement, il me reste assez de temps pour m'habituer à l'heure et au climat : le mercure dépasse les 30 degrés. Avant le déjeuner, j'effectue des exercices de stabilisation et des étirements avec Kenny De Ketele, mon compagnon de chambre et coéquipier. Entraînement sur piste. Ce sont des répétitions intenses et courtes, individuelles comme en poursuite par équipes. Ces exercices sont destinés à me mettre en jambes et à affûter ma vitesse. Kenny et moi n'avons plus le temps de travailler nos automatismes car nous devons partager la piste avec d'autres nations et elle est un peu trop encombrée. Ce n'est pas grave : nous avons suffisamment couru ensemble et, en plus, la semaine dernière, nous avons effectué quelques exercices spécifiques à Gand. Une séance tranquille sur route. Deux heures, pour détendre nos muscles. C'est très monotone car une fois que nous avons quitté le centre de Cali, très animé, nous pédalons sur une large et longue route plate. Sous escorte policière car ici, en matière de sécurité, on ne laisse rien au hasard. Norbert De Ganck, le cuistot belge, nous a accompagnés. Avec ses collègues locaux, il nous a préparé un repas. Nous n'en profitons pas car nous apprenons le tragique décès de Kristof Goddaert, victime d'un accident de la circulation. C'est vraiment un coup dur car nous connaissions bien Kristof, qui s'entraînait souvent sur la piste de Gand. Je fais une petite sieste, suivie d'un massage et d'un check-up, des oeuvres du physiothérapeute Anthony Pauwels. Le traitement est vraiment bienvenu après le long voyage en avion de dimanche. Nous n'avons vraiment pas à nous plaindre de l'encadrement fourni par la Ligue belge : deux soigneurs, deux mécaniciens, un cuisinier, un médecin, le sélectionneur Peter Pieters et le directeur sportif Frederik Broché. Avant le repas du soir, tous les membres de la délégation belge se retrouvent pour évoquer la disparition de Kristof. L'ambiance est nettement moins gaie que les jours précédents pendant le souper. Moreno De Pauw est particulièrement abattu car il voyait Kristof ou lui téléphonait presque tous les jours. Après le repas, quelques exercices de stretching. Kenny et moi tentons vaille que vaille de nous distraire. À 9 h 30, extinction des feux, au terme d'une journée très pénible sur le plan émotionnel. PAR JONAS CRÉTEUR