Trahir, c'est abandonner quelqu'un (ou quelque chose) à qui on devait fidélité. À qui, à quoi un footballeur doit-il fidélité ? Grande question. À lui-même ? On lui souhaite de se poser la question. À son club ? Oui, le temps de son contrat. À son agent ? Rarement, en tout cas jusqu'au suivant qui lui permettra de gagner plus. De trahison à Judas, il n'y a qu'un évangile. On a remis ce terme sur le devant de la (s)cène ces derniers jours avec Ezekiel qui va à Anderlecht. Mais de Judas, il ne l'est point puisqu'il n'a trahi personne si ce n'est une envie de plus de titres et de " Kriekdollars " additionnée aux " pétrodollars ". C'est le seul raccourci qu'on peut emprunter pour cette comparaison puisque Judas était l'apôtre qui s'occupait de la trésorerie. Ezekiel n'est pas venu en Europe...

Trahir, c'est abandonner quelqu'un (ou quelque chose) à qui on devait fidélité. À qui, à quoi un footballeur doit-il fidélité ? Grande question. À lui-même ? On lui souhaite de se poser la question. À son club ? Oui, le temps de son contrat. À son agent ? Rarement, en tout cas jusqu'au suivant qui lui permettra de gagner plus. De trahison à Judas, il n'y a qu'un évangile. On a remis ce terme sur le devant de la (s)cène ces derniers jours avec Ezekiel qui va à Anderlecht. Mais de Judas, il ne l'est point puisqu'il n'a trahi personne si ce n'est une envie de plus de titres et de " Kriekdollars " additionnée aux " pétrodollars ". C'est le seul raccourci qu'on peut emprunter pour cette comparaison puisque Judas était l'apôtre qui s'occupait de la trésorerie. Ezekiel n'est pas venu en Europe pour jouer l'ange Gabriel. Il y est venu pour trouver son Paradis. La Belgique n'est que le trampoline qui lui permettra de rebondir encore plus haut. En attendant, après Defour qui, lui, s'est aplati à Porto avant de se crasher à Anderlecht voici le deuxième Standardman à passer de l'autre côté de la ligne rouge. C'est leur vie, c'est leur choix. Avec ou sans eux le Standard continuera d'exister et de parfois accueillir d'anciens... Anderlechtois. Des " trahisons ", il y en a eu d'autres. À un autre niveau. À la hauteur du talent des joueurs et du prestige des clubs concernés. Le génial Johan Cruijff, vexé que l'Ajax ne veuille pas le prolonger, est allé chez l'ennemi de Feyenoord. Tout Amsterdam avale ses maatjes de travers et c'est caviar pour Rotterdam qui s'offre un doublé. Luis Figo, lui, s'est offert une tête de cochon. Sur corner du côté du Camp Nou après avoir rejoint le Real Madrid. Ronaldo (le Brésilien) a fait encore mieux. Double offense indirecte. Du Barça à l'Inter puis du Real au Milan AC. Pas de doute, le talent permet toutes les audaces. Encore plus fort, Bernd Schuster. Avec lui c'est la totale. Il a joué pour les trois ennemis. Barça, Real et Atlético Madrid. Dans l'ordre. Avant de remettre cela une fois les crampons rangés. Directeur technique au Barça, il deviendra l'entraîneur du Real. Moins talentueux étaient Sol Campbell et Emmanuel Adebayor qui ont secoué la capitale anglaise en passant de Tottenham à Arsenal et inversement. Mais le " King of London " dans le genre, c'est William Gallas qui en plus des Spurs et des Gunners a porté le maillot des Blues de Chelsea. Y'a pas à dire, il en faut. Comme il en a fallu à Mo Johnston. Jouer pour les Catholiques du Celtic avant d'aller blasphémer du côté des Protestants des Rangers. Du jamais vu en 116 ans d'histoire. Johnston est depuis détesté par les deux rivaux. Il y a aussi ceux qui, comme Roberto Baggio, ont été contraints et forcés. Quelques jours après qu'ils se soient affrontés en finale de la Coupe UEFA, il passe de la Fiorentina à la Juventus. Résultat ? Emeute dans Florence : 50 blessés et des rues saccagées. Et Roberto dépité qui ne peut cacher son amour pour la Fiorentina en refusant de tirer un pénalty lors de ses premières retrouvailles et qui à la fin du match s'en va saluer ses anciens supporters une écharpe de la Viola au cou. Et puis, il y a les autres les fidèles de chez fidèles. Les Giggs, Scholes, Puyol, Totti, Maldini, Baresi. Un club un seul. Après une longue, très longue carrière. Enfin, il y a le sublime Marcell Jansen. Pas trop longue, sa carrière. Très longue l'empreinte qu'il laissera du côté de Hambourg. Formé à Gladbach, passé par le Bayern, il atterrit du côté du HSV en 2008. A 29 ans à peine il vient de mettre fin à sa carrière. Motif ? " Impossible pour moi d'embrasser un autre blason que celui du HSV ". Alors qu'il aurait pu. Non prolongé à Hambourg, il était libre et courtisé. Donc, il aurait pu se faire un paquet de pognon. Mais non. " J'ai vécu tellement d'émotions dans ce club que je ne peux pas jouer ailleurs ". La star de ce mercato, c'est lui. Non Marcell, t'es pas tout seul. Oui Marcell, t'es un héros. ?PAR FRÉDÉRIC WASEIGE