" Père et fils... réunis dans la galerie des Diables Rouges, c'est rare. Ce fut le cas d' Yvan et Guy Thys, Jan et Gert Verheyen, Jos et Koen Daerden, Alfons et Filip Haagdoren, Honoré et Maurice Martens, Erwin et Kevin Vandenbergh mais aussi de Léopold et de Marcel Dries...

" Père et fils... réunis dans la galerie des Diables Rouges, c'est rare. Ce fut le cas d' Yvan et Guy Thys, Jan et Gert Verheyen, Jos et Koen Daerden, Alfons et Filip Haagdoren, Honoré et Maurice Martens, Erwin et Kevin Vandenbergh mais aussi de Léopold et de Marcel Dries, récemment disparu à l'âge de 82 ans. Marcel n'est pas passé inaperçu dans l'histoire du football belge. Il y a 50 ans, je débutais en équipe nationale où Dries (31 caps) avait laissé un grand souvenir, grâce notamment à une belle Coupe du Monde 54. En 1961, il prit part à la Coupe des villes de foire sous le maillot de l'Union Saint-Gilloise qui affronta les Hearts of Midlothian puis la saison suivante l'Olympique de Marseille et le Dynamo Zagreb. Dries n'était pas un enfant de la Butte mais un Anversois. Il fut formé à Berchem Sport où jouèrent son père et ses oncles. D'abord gardien de but, il émigra à Bruxelles durant la Deuxième guerre et joua au football dans les équipes de l'Institut Saint-Nicolas, comme un autre jeune footballeur anversois qui allait faire du bruit : Rik Coppens. Dries et Coppens étaient d'ailleurs de grands amis. Revenu à Berchem Sport après le conflit mondial, Dries changea par hasard de place sur le terrain. L'équipe des Scolaires était menée 3-0 quand le coach lui demanda de quitter sa cage pour évoluer en pointe. Un trait de génie car Dries permit à son équipe de gagner 4-3. Un attaquant était né et on le lança en D1 dès 1947. Son baptême de l'air dans le ciel du football ne passa pas inaperçu. Berchem revint du Standard avec un terrible 9-0 dans ses valises. Huit jours plus tard, son équipe arrachait un nul contre le FC Malinois (1-1) : c'était parti pour le sympathique Dries qui recula progressivement dans le jeu avant de se stabiliser au back droit à l'époque du WM. Il a failli devenir... millionnaire aux pronostics. En 1953, il devina la sentence de huit matches internationaux dont celui de Suisse-Belgique auquel il participa : 2-2. Hélas pour lui, ce fut le cas aussi d'une foule de pronostiqueurs et il se contenta d'un maigre pactole. Dries fut plusieurs fois capitaine de l'équipe nationale et bien sûr de Berchem. Ce club a disparu de la D1 mais a longtemps été réputé pour l'excellence de son équipe de jeunes. C'est d'ailleurs là qu'un autre héros du foot belge, le regretté Ludo Coeck, prit son envol avant d'être recruté par Anderlecht. Plus tard, ce club fut aussi la rampe de lancement d' Eric Van Meir et de Marc Schaessens entre autres. Après une longue carrière, Dries occupa des fonctions de scout et même de manager à Berchem, le club de son c£ur. " PIERRE BILIC