La semaine dernière, Marc Wilmots a paisiblement expliqué au magazine allemand Der Kicker comment il travaillait à la renaissance des Diables Rouges. Il a affirmé être opposé aux naturalisations, voulant des joueurs prêts à mourir pour la Belgique, il a expliqué qu'il avait beaucoup apprécié l'euphorie des supporters qu'il considère comme une identification avec la Belgique. Marc Wilmots comme pont entre deux communautés et prédicateur de l'unité nationale dans un pays qui menace de se scinder, c'est une image que nous connaissons.
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La semaine dernière, Marc Wilmots a paisiblement expliqué au magazine allemand Der Kicker comment il travaillait à la renaissance des Diables Rouges. Il a affirmé être opposé aux naturalisations, voulant des joueurs prêts à mourir pour la Belgique, il a expliqué qu'il avait beaucoup apprécié l'euphorie des supporters qu'il considère comme une identification avec la Belgique. Marc Wilmots comme pont entre deux communautés et prédicateur de l'unité nationale dans un pays qui menace de se scinder, c'est une image que nous connaissons. Empli d'assurance, Wilmots a également expliqué comment il préparait la Coupe du Monde. A partir du 11 mai, chaque joueur va recevoir un programme individuel car il est impossible d'appliquer les mêmes critères à tous. Il a ajouté savoir depuis longtemps comment pallier le forfait de Christian Benteke et il a insisté sur un aspect : il a tiré les leçons du passé. C'est pour cette raison que les femmes des joueurs ne sont pas les bienvenues pendant le Mondial. Wilmots n'a pas laissé transparaître le moindre doute quant à son approche. Quand on lui a demandé s'il était raisonnable de reconduire son contrat maintenant, une Coupe du Monde pouvant toujours constituer un échec, il a eu une réponse étonnante, rétorquant qu'en ce cas, il démissionnerait et que la Fédération ne devait pas se faire de soucis de ce point de vue, car sa plus grande force, a-t-il déclaré, est sa liberté. Il la chérit. Il n'a besoin de rien. Il ne veut travailler que comme il l'entend. C'est pour ça qu'en 2006, il a refusé le poste d'adjoint de René Vandereycken, un coach qui avait une autre philosophie. Fils de paysans, Marc Wilmots a les pieds sur terre. On ne le prendra pas de sitôt à se vanter de la manière dont il a conduit les Diables Rouges au Brésil. Il est authentique, il n'a pas besoin de se gonfler. C'est une respiration dans un monde où les gens veulent tant se mettre en avant. Avant même de connaître le succès, Wilmots a toujours été convaincu de ses qualités. Maintenant, il a voulu les voir reconnues et c'est pour ça que la négociation de son contrat a duré aussi longtemps. Un moment donné, on a eu l'impression qu'il s'agissait d'une décision vraiment fondamentale, comme si l'équipe nationale allait s'effondrer sans lui, alors que d'autres entraîneurs obtiendraient évidemment des résultats avec cette génération en or. A certaines conditions : créer de la clarté, traiter les joueurs en adultes, leur conférer un sentiment positif et diriger l'équipe d'une poigne de fer sans donner l'impression de l'étouffer dans toutes sortes de règles. Naturellement, la Fédération prend un risque en prolongeant de quatre ans le contrat de Marc Wilmots. D'un côté, elle envoie ainsi un signal de continuité au groupe. De l'autre, il y a la crainte que l'ambiance fantastique qui règne actuellement chez les Diables Rouges ne s'aigrisse en cas d'échec à la Coupe du Monde. Mais donc, dans ce cas, Wilmots l'a dit au Kicker, il démissionnerait. Sans piper mot des clauses car en son for intérieur, le sélectionneur ne pense pas en arriver là. La carrière de Marc Wilmots a pris son envol. Il y a cinq ans, quand RenéVandereycken fut remplacé par Franky Vercauteren, le nom de Wilmots avait déjà circulé, comme celui de Jean-François de Sart, mais Wilmots n'avait pas que des partisans à la Fédération. Après un bref flirt avec Louis van Gaal, elle a jeté son dévolu sur Dick Advocaat, qui a ensuite engagé Wilmots comme adjoint. Une carrière d'entraîneur dépend souvent du hasard. Actuellement, le pays est aux pieds de Marc Wilmots, qui va passer son grand examen au Brésil. Diriger son groupe plus d'un mois, sur fond d'attentes très élevées, est une autre paire de manches que le conduire pendant quatre jours. Des conflits peuvent éclater, la presse va enregistrer attentivement les moindres faits et gestes de l'équipe. C'est au Brésil qu'on verra si cette prolongation de contrat est une bonne chose. Marc Wilmots ne s'en inquiète pas. Il se sait soutenu par un groupe talentueux. Un groupe qui l'a choisi.PAR JACQUES SYSOn dirait que seul Marc Wilmots est capable de diriger l'équipe nationale.