M arc Wilmots est un merveilleux conteur. Il capte l'attention et raconte son histoire et son parcours comme s'il en était le témoin. On ne se fatigue pas de l'écouter. Il possède un charme dont il n'est pas conscient. Il sait prendre la distance et le recul nécessaires pour porter un jugement aussi objectif que possible sur ses propres comportements. Il n'esquive ni n'élude aucune question. Marc vous parle droit dans les yeux avec une capacité incroyable de concrétiser tout ce qu'il raconte : il mime, il montre, il parodie, il utilise un langage imagé. Un vrai comédien.

Dans le nouveau documentaire de Canal +, il en est l'acteur au sens premier du terme. Il y est omniprésent et joue avec son auditoire. Il utilise avec à propos tantôt la diversion, tantôt l'anecdotique. Il drible et jongle avec les mots. Dans le genre, il est unique. Et tout cela avec une spontanéité et une facilité qui m'ont laissé pantois.

Son esprit de synthèse le sert aussi remarquablement. On peut, pour des raisons techniques, lui demander de recommencer plusieurs fois le récit d'un épisode de sa vie ; à chaque fois, la version nouvelle sera aussi complète et pourtant différente de la précédente. Il est à l'image du joueur qu'il était sur le terrain et dans les vestiaires : efficace avant tout. Il privilégie l'essentiel, il ramasse sa pensée avec une incroyable agilité intellectuelle. Lui, qui avoue qu'il n'aimait pas les études, possédait pourtant toutes les qualités pour en réussir d'excellentes.

Marc ne se raconte pas, il raconte son histoire sans se complaire dans un récit narcissique ; il veut seulement nous faire partager la joie presque enfantine qu'il a eue à vivre pareille trajectoire. Il est autant émerveillé que vous en la racontant.

Sous ses allures de matamore, Marc est en réalité quelqu'un de très sensible qui ne veut pas se prendre au sérieux. Paraître ne l'intéresse absolument pas. Cela l'irrite même. Il avait d'ailleurs exigé, dès le départ du tournage, de laisser sa famille, surtout les enfants, à l'écart des caméras. A cet égard, la méfiance qu'il entretient vis-à-vis de la presse est très significative d'un état d'esprit peu en rapport avec celui de ses collègues politiciens qui, eux, feraient n'importe quoi pour qu'on parle d'eux. Marc, lui, ferait n'importe quoi pour être considéré comme " Monsieur Tout-le-Monde ". Un exemple entre mille : il conduit son fils aîné à l'entraînement dans un petit club flamand situé à une demi-heure de voiture de chez lui parce qu'il estime qu'à Jodoigne son fils ne serait pas traité comme tout le monde.

Mon sentiment, après trois mois de tournage de documentaire, est que Marc aura beaucoup de peine à évoluer dans le milieu parlementaire. Ses positions et ses convictions généralement bien arrêtées n'ont guère de chance de s'assouplir au nom du fameux consensus politique. Il a déjà prévenu : -Je ne changerai pas, je resterai comme je suis. Donc les reportages et autres photos glamours vous pourrez vous les mettre aux oubliettes. Son pragmatisme nourri de bon sens ne s'accommode guère des concessions que doit faire tout homme politique.

En revanche, s'il veut bien remettre en cause les principes basiques à partir desquels fonctionnent la plupart de ses ex-futurs-collègues de D1 et s'atteler sérieusement à acquérir ou développer les qualités du formateur et pas seulement celles du sélectionneur, je lui prédis une carrière d'entraîneur plus brillante encore que sa carrière de joueur.

Mieux, le poste d'entraîneur fédéral est taillé à sa mesure. Il en a le charisme et l'envergure. C'est vrai que son côté grande gueule peut agacer. Ceux qui l'ont fréquenté de près savent que c'est une manière pudique pour lui de dissimuler sa sensibilité. C'est de l'autoprotection. L'image de ses adieux à Schalke est terrible. Il est à deux doigts de craquer, l'émotion l'étreint mais il ne pleure pas. Parce que sans doute lui a-t-on inculqué qu'un homme ne pleurait pas. Faux Marc. Lâche-toi de temps en temps et tu seras alors encore plus authentique et plus sympa.

" Le poste d'entraîneur fédéral est taillé à sa mesure. Il en a le charisme et l'envergure "

M arc Wilmots est un merveilleux conteur. Il capte l'attention et raconte son histoire et son parcours comme s'il en était le témoin. On ne se fatigue pas de l'écouter. Il possède un charme dont il n'est pas conscient. Il sait prendre la distance et le recul nécessaires pour porter un jugement aussi objectif que possible sur ses propres comportements. Il n'esquive ni n'élude aucune question. Marc vous parle droit dans les yeux avec une capacité incroyable de concrétiser tout ce qu'il raconte : il mime, il montre, il parodie, il utilise un langage imagé. Un vrai comédien. Dans le nouveau documentaire de Canal +, il en est l'acteur au sens premier du terme. Il y est omniprésent et joue avec son auditoire. Il utilise avec à propos tantôt la diversion, tantôt l'anecdotique. Il drible et jongle avec les mots. Dans le genre, il est unique. Et tout cela avec une spontanéité et une facilité qui m'ont laissé pantois. Son esprit de synthèse le sert aussi remarquablement. On peut, pour des raisons techniques, lui demander de recommencer plusieurs fois le récit d'un épisode de sa vie ; à chaque fois, la version nouvelle sera aussi complète et pourtant différente de la précédente. Il est à l'image du joueur qu'il était sur le terrain et dans les vestiaires : efficace avant tout. Il privilégie l'essentiel, il ramasse sa pensée avec une incroyable agilité intellectuelle. Lui, qui avoue qu'il n'aimait pas les études, possédait pourtant toutes les qualités pour en réussir d'excellentes. Marc ne se raconte pas, il raconte son histoire sans se complaire dans un récit narcissique ; il veut seulement nous faire partager la joie presque enfantine qu'il a eue à vivre pareille trajectoire. Il est autant émerveillé que vous en la racontant. Sous ses allures de matamore, Marc est en réalité quelqu'un de très sensible qui ne veut pas se prendre au sérieux. Paraître ne l'intéresse absolument pas. Cela l'irrite même. Il avait d'ailleurs exigé, dès le départ du tournage, de laisser sa famille, surtout les enfants, à l'écart des caméras. A cet égard, la méfiance qu'il entretient vis-à-vis de la presse est très significative d'un état d'esprit peu en rapport avec celui de ses collègues politiciens qui, eux, feraient n'importe quoi pour qu'on parle d'eux. Marc, lui, ferait n'importe quoi pour être considéré comme " Monsieur Tout-le-Monde ". Un exemple entre mille : il conduit son fils aîné à l'entraînement dans un petit club flamand situé à une demi-heure de voiture de chez lui parce qu'il estime qu'à Jodoigne son fils ne serait pas traité comme tout le monde. Mon sentiment, après trois mois de tournage de documentaire, est que Marc aura beaucoup de peine à évoluer dans le milieu parlementaire. Ses positions et ses convictions généralement bien arrêtées n'ont guère de chance de s'assouplir au nom du fameux consensus politique. Il a déjà prévenu : -Je ne changerai pas, je resterai comme je suis. Donc les reportages et autres photos glamours vous pourrez vous les mettre aux oubliettes. Son pragmatisme nourri de bon sens ne s'accommode guère des concessions que doit faire tout homme politique. En revanche, s'il veut bien remettre en cause les principes basiques à partir desquels fonctionnent la plupart de ses ex-futurs-collègues de D1 et s'atteler sérieusement à acquérir ou développer les qualités du formateur et pas seulement celles du sélectionneur, je lui prédis une carrière d'entraîneur plus brillante encore que sa carrière de joueur. Mieux, le poste d'entraîneur fédéral est taillé à sa mesure. Il en a le charisme et l'envergure. C'est vrai que son côté grande gueule peut agacer. Ceux qui l'ont fréquenté de près savent que c'est une manière pudique pour lui de dissimuler sa sensibilité. C'est de l'autoprotection. L'image de ses adieux à Schalke est terrible. Il est à deux doigts de craquer, l'émotion l'étreint mais il ne pleure pas. Parce que sans doute lui a-t-on inculqué qu'un homme ne pleurait pas. Faux Marc. Lâche-toi de temps en temps et tu seras alors encore plus authentique et plus sympa. " Le poste d'entraîneur fédéral est taillé à sa mesure. Il en a le charisme et l'envergure "