Bruges, la remontée irréfléchie

Le Club met les gaz au meilleur moment. Il était éliminé de la course au titre après sa défaite à domicile contre Zulte Waregem, puis il enchaîne avec quatre victoires d'affilée. Parce que Juan Carlos Garrido a enfin trouvé une équipe type ? Non. C'est toujours plus irréfléchi que réfléchi mais ça marche enfin. Je maintiens qu'avec le matériel mis à sa disposition, il aurait dû trouver plus tôt une composition stable. Aujourd'hui, Bruges peut aussi compter sur la chance des équipes qui réussissent. S'il termine deuxième, sa saison sera réussie. Et il peut faire mieux encore. Maxime Lestienne continue à tenir la forme de sa vie et Carlos Bacca est toujours menaçant sans être nécessairement efficace. Le regain de forme s'explique aussi par le fait que Victor Vazquez se soit complètement retrouvé. Quant à Eidur Gudjohnsen, je continue à me demander pourquoi on lui donne aussi peu de temps de jeu. Il est bon chaque fois qu'il monte.
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Le Club met les gaz au meilleur moment. Il était éliminé de la course au titre après sa défaite à domicile contre Zulte Waregem, puis il enchaîne avec quatre victoires d'affilée. Parce que Juan Carlos Garrido a enfin trouvé une équipe type ? Non. C'est toujours plus irréfléchi que réfléchi mais ça marche enfin. Je maintiens qu'avec le matériel mis à sa disposition, il aurait dû trouver plus tôt une composition stable. Aujourd'hui, Bruges peut aussi compter sur la chance des équipes qui réussissent. S'il termine deuxième, sa saison sera réussie. Et il peut faire mieux encore. Maxime Lestienne continue à tenir la forme de sa vie et Carlos Bacca est toujours menaçant sans être nécessairement efficace. Le regain de forme s'explique aussi par le fait que Victor Vazquez se soit complètement retrouvé. Quant à Eidur Gudjohnsen, je continue à me demander pourquoi on lui donne aussi peu de temps de jeu. Il est bon chaque fois qu'il monte. Francky Dury a donné un signal fort à la mi-temps du match à Lokeren. Il a dit à Franck Berrier de rester au vestiaire et la rencontre a basculé en faveur de Zulte Waregem. Le message de l'entraîneur était clair : il ne supporte plus les crises d'ego, et ceux qui pensent d'abord à eux n'ont plus leur place sur le terrain. Pour moi, l'avenir du Français dans ce club est fort compromis.Anderlecht, Bruges et Zulte Waregem visent encore le titre à deux matches de la fin. Genk est éliminé mais a empoché la Coupe de Belgique. Des cinq grands des play-offs, il y en a un qui va peut-être finir avec les mains vides : le Standard. Au mieux, il y aura un double barrage contre Gand pour une place en Europa League. Deux saisons de suite sans foot européen, ça ferait vraiment mauvais genre comme premier bilan pour la nouvelle direction. Le Standard vient de rater deux gros tests et je me pose des questions sur le jeu. On connaît toute la force du duo Imoh Ezekiel / Michy Batshuayi. Le premier commence sur le banc à Anderlecht, le second est réserviste contre Bruges. Je n'ai pas d'explication. Les joueurs qui les ont remplacés n'ont vraiment pas convaincu. Drapeau rouge pour Mircea Rednic.Francky Dury qui est dans les nominés pour le titre d'Entraîneur de l'Année, c'est l'évidence. Les deux autres ont aussi des arguments : Mircea Rednic et Peter Maes ont fait des bonnes choses. Mais je m'interroge quand je vois que Mario Been et John van den Brom ne sont pas retenus. Le timing des votes a joué, c'est certain : Been n'avait pas encore gagné la Coupe quand les bulletins ont été remplis. Mais il faisait quand même déjà du très bon boulot avant ça. Et Van den Brom, dont l'équipe a surclassé le championnat jusqu'au Nouvel An ? Sont-ils victimes d'une certaine allergie aux Hollandais ? Van den Brom a-t-il payé pour ses réactions de frustration pendant la deuxième moitié de la saison ? Il ne manquait que ça pour sceller le sort de Roberto Mancini à Manchester City : une défaite en finale de la Cup contre Wigan. Un an après les fastes du titre, l'ambiance est bien différente là-bas. Vincent Kompany ne va pas regretter le départ de l'Italien. De toute façon, quand un coach et son capitaine ne sont plus sur la même longueur d'onde, ce n'est jamais bon. Le lendemain, c'est à United qu'on a pleuré. Le départ de SirAlex Ferguson est la fin d'une page d'histoire pour le foot anglais. Il a dirigé trois générations et a toujours su gérer les départs de stars mondiales. Eric Cantona s'en va ? Il trouve une solution. Cristiano Ronaldo part ? Même chose. Il a régulièrement montré pourquoi on l'appelait The Boss. Avec lui, même les plus grands comprenaient qu'ils ne devaient pas la ramener. Jaap Stam, Ruud van Nistelrooy ou David Beckham qui s'est pris une godasse en pleine face : quand le patron se fâchait, ils savaient que leur avenir était ailleurs. David Moyes a signé pour six ans : la direction montre ainsi qu'elle aura de la patience comme elle en a eu quand Ferguson était arrivé. Il n'avait pas commencé à gagner des trophées directement. Au Portugal, ils n'ont pas besoin de play-offs pour qu'il y ait du suspense jusqu'au bout de la saison. En marquant le but de la victoire contre Benfica à la dernière minute, Porto se retrouve en tête à une journée de la fin, avec un point d'avance. L'équipe de Steven Defour joue ce week-end sur le terrain du troisième, Paços de Ferreira. Benfica reçoit l'avant-dernier et peut tout gagner ou tout perdre en une semaine. Il y a d'abord la finale de l'Europa League, et là, Chelsea est quand même méchamment favori. J'aime beaucoup le Benfica actuel qui propose un foot attractif, surtout dans ses matches à domicile. Mais je prévois une fin de saison en fanfare pour Rafael Benitez et Chelsea. Il est détesté par le public, ça ne l'a pas empêché de qualifier l'équipe pour une nouvelle campagne de Ligue des Champions et il va peut-être lui offrir un nouveau trophée européenPROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS: IMAGEGLOBE