Rednic et Dury en petite forme...

Autant je n'ai plus de doutes sur le titre d'Anderlecht, autant je suis dans le flou pour pronostiquer la suite du classement. Le Standard a quand même affiché de gros manquements dans le clasico. L'absence de Kanu a coûté très cher et je m'interroge aussi sur la décision d'avoir commencé sans Imoh Ezekiel. Ce ne fut pas le meilleur coup de Mircea Rednic depuis son arrivée ! Dans un 4-4-2, c'est avec lui qu'il faut jouer pour avoir de la vitesse et de la profondeur. Un autre élément a fortement handicapé les Liégeois : William Vainqueur a joué son moins bon match des play-offs et on a eu la meilleure illustration de son importance. Dans les derniers matches, je ne serais pas étonné de voir Zulte Waregem s'effondrer un peu. Là aussi, j'ai été étonné par certains choix de FranckyDury. Pourquoi a-t-il remis Sammy Bossut dans le but alors que Sébastien Bruzzese avait bien dépanné ? Pourquoi s'est-il privé de Steve Colpaert, un de ses piliers depuis le début de la saison ?
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Autant je n'ai plus de doutes sur le titre d'Anderlecht, autant je suis dans le flou pour pronostiquer la suite du classement. Le Standard a quand même affiché de gros manquements dans le clasico. L'absence de Kanu a coûté très cher et je m'interroge aussi sur la décision d'avoir commencé sans Imoh Ezekiel. Ce ne fut pas le meilleur coup de Mircea Rednic depuis son arrivée ! Dans un 4-4-2, c'est avec lui qu'il faut jouer pour avoir de la vitesse et de la profondeur. Un autre élément a fortement handicapé les Liégeois : William Vainqueur a joué son moins bon match des play-offs et on a eu la meilleure illustration de son importance. Dans les derniers matches, je ne serais pas étonné de voir Zulte Waregem s'effondrer un peu. Là aussi, j'ai été étonné par certains choix de FranckyDury. Pourquoi a-t-il remis Sammy Bossut dans le but alors que Sébastien Bruzzese avait bien dépanné ? Pourquoi s'est-il privé de Steve Colpaert, un de ses piliers depuis le début de la saison ?La petite gifle de Mbaye Leye à Franck Berrier ne s'explique probablement pas par le seul penalty raté du Sénégalais. Je devine qu'il y avait déjà des problèmes entre les deux joueurs avant cette phase. C'est la pression qui fait ressortir les egos. La nervosité freine l'équipe. Je m'interroge aussi sur les qualités mentales de Berrier : un bon footballeur mais je ne pense pas que, dans la tête, il ait les qualités pour faire une carrière au top.Les verdicts tombent dans toute l'Europe, le week-end dernier a produit quatre nouveaux champions. Le titre de la Juventus est dans la logique des choses, c'est la meilleure équipe d'Italie depuis deux ans. Elle s'appuie d'abord sur une bonne défense (tout est plus simple quand on a un Gianluigi Buffon et un Giorgio Chiellini) et une excellente organisation. Mais elle ne marque pas énormément de buts. Cette Juve est encore trop courte pour jouer un rôle en vue en Ligue des Champions. L'Ajax fête son troisième titre consécutif, le troisième avec Frank de Boer qui a ramené la philosophie du cru : un style de jeu typé et la confiance à des jeunes. Mais comme à la Juve, ça ne suffit pas pour retrouver les sommets européens. Ariel Jacobs est champion avec Copenhague, c'est bien pour lui un an après son départ un peu chahuté d'Anderlecht. On va dire que le défi n'était pas trop compliqué à partir du moment où il entraîne le club qui est le plus riche et le numéro 1 au Danemark depuis près de 20 ans, mais il pourra toujours dire que sa toute première expérience à l'étranger a été un succès. Lui aussi ne peut avoir que des ambitions modestes en Ligue des Champions. En Turquie, Galatasaray est à nouveau champion. La direction avait attiré Didier Drogba et Wesley Sneijder pour arracher le titre, ça a marché. Le raisonnement est toutefois le même à Istanbul qu'à Turin, Amsterdam et Copenhague : ce n'est pas la D1 européenne.Toby Alderweireld a fait le tour de la question à l'Ajax. Comme Thomas Vermaelen et JanVertonghen avant lui, il est maintenant prêt pour un tout grand championnat. Il lui reste un an de contrat : soit il part cet été, soit il prolonge, mais j'imagine mal qu'il reste. Il ne peut pas viser le top du top mais ne doit pas non plus se contenter d'un club moyen d'un tout grand championnat. On le cite surtout à Liverpool, ce serait un bon choix parce que même après une saison terne, Liverpool reste Liverpool. S'il va là-bas, il n'aura plus des titres à la pelle comme en Hollande mais il se frottera chaque semaine à quelques-uns des meilleurs attaquants d'Europe.Il y avait déjà eu une amélioration à Bruges malgré la défaite, elle s'est confirmée contre le Standard : Anderlecht a enfin retrouvé des couleurs. J'ai vu trois clés dans ce match : la bonne réaction de Dieumerci Mbokani après son penalty raté contre le Club, le retour de Guillaume Gillet au back droit et le positionnement dans l'axe de Matias Suarez, qui est redevenu une menace constante, qui reprend plein d'initiatives. Il ne lui manque plus que les sensations de buteur. Pour Anderlecht, un 9 sur 9 dans les trois derniers matches est tout à fait possible. Je m'attends à un Genk fatigué dimanche, trois jours après sa finale de Coupe. Après cela, il restera Lokeren et Zulte Waregem pour les Mauves. Avec le regain de forme qu'ils montrent, ça doit rouler pour eux.L'Allemagne a tiré les meilleures leçons de la Coupe du Monde 2006. Là-bas, c'est terminé le temps où on misait d'abord sur le physique et l'organisation. Depuis le Mondial 2010, leur foot est complètement différent. C'est ça, le vrai foot total : il y a toujours des atouts athlétiques incroyables, mais aussi de la technique, une vitesse d'exécution phénoménale et un goût très prononcé pour l'offensive. L'Espagne a dominé pendant plusieurs années avec le Real et le Barça en faisant la différence sur des petits espaces. Les Allemands s'y prennent autrement, ils rendent le terrain plus grand.PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS: IMAGEGLOBE