Keshi gagne la finale belge de la CAN

Respect pour le travail de Paul Put avec le Burkina Faso. Emmener ce pays en finale de la Coupe d'Afrique, c'est un vrai exploit. Je suis dans le camp de ceux qui estiment que tout le monde mérite une deuxième chance, qu'il ne fallait pas le condamner à vie pour son implication dans l'affaire Ye. Maintenant, quand il rêve de retrouver du boulot en Belgique, je lui conseillerais de ne pas trop espérer ! La révélation récente de nouveaux matches truqués dans toute l'Europe ne va pas arranger son cas, ça réveille des mauvais souvenirs chez nous.
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Respect pour le travail de Paul Put avec le Burkina Faso. Emmener ce pays en finale de la Coupe d'Afrique, c'est un vrai exploit. Je suis dans le camp de ceux qui estiment que tout le monde mérite une deuxième chance, qu'il ne fallait pas le condamner à vie pour son implication dans l'affaire Ye. Maintenant, quand il rêve de retrouver du boulot en Belgique, je lui conseillerais de ne pas trop espérer ! La révélation récente de nouveaux matches truqués dans toute l'Europe ne va pas arranger son cas, ça réveille des mauvais souvenirs chez nous. J'ai donc maintenant un ancien coéquipier qui est champion d'Afrique comme coach ! J'ai connu Stephen Keshi à Anderlecht et je n'en garde que des bons souvenirs. En plus d'être un très bon défenseur (ce qui n'était pas courant à l'époque avec les Africains), ce gars-là était un optimiste à temps plein ! Il rigolait tout le temps. Il a suffi d'un homme pour casser son rêve anderlechtois : Aad de Mos a estimé qu'il était trop nonchalant et l'a dégoûté. GeorgesGrün et Henrik Andersen ont payé comme Keshi et sont partis, eux aussi étaient soi-disant insuffisants. Ouais... Paul Gascoigne nous a éliminés à la Coupe du Monde 90, c'est lui qui a donné le fameux coup franc, David Platt l'a repris, on connaît la fin... Le week-end dernier, j'ai eu du mal à le reconnaître quand la presse anglaise a publié une photo récente. C'est dramatique de se retrouver dans un état pareil à cause de l'alcool et c'est terrible de devoir compter sur des anciens coéquipiers comme Alan Shearer et Gary Lineker pour payer les frais d'hôpitaux qui permettent d'espérer un sursis. Si on fait l'énumération des vents contraires, Yannick Ferrera avait tout pour se planter à Charleroi. J'avais vu le match à domicile contre le Club Bruges en tout début de saison et je n'aurais rien parié sur eux. L'équipe n'était vraiment pas impressionnante et l'ambiance n'avait rien de terrible dans un stade presque désert. Ferrera a dû travailler avec une nouvelle direction et des joueurs venus d'un peu partout. Il y a plus simple pour un débutant. Il y a eu des problèmes avec Hervé Kagé, Ziguy Badibanga, Mohamed Aoulad. Bison Gnohéré, le buteur de la saison dernière, a disparu de la circulation. Et presque toutes les équipes de la même zone du classement ont engagé un nouvel entraîneur pour qu'il leur donne un coup de fouet : le Cercle, le Lierse, le Beerschot, Waasland-Beveren. Ferrera a géré tout cela et Charleroi est aujourd'hui à la même hauteur que Gand, un club du G5. Incroyable.Enzo Scifo a longtemps suscité des doutes dans le public flamand. Il n'y a pas si longtemps encore, beaucoup de gens se demandaient s'il était vraiment fait pour le job d'entraîneur. Depuis quelques mois, le vent tourne. La victoire de Mons au Standard est une cerise sur le gâteau de son bon boulot. Il ne s'est pas énervé après avoir perdu Matumona Zola et JérémyPerbet. Mons ne jouera pas les play-offs 1 mais pourrait échouer très près de la sixième place. Scifo mérite à fond sa prolongation de contrat.En principe, un club belge ne peut pas espérer grand-chose quand il affronte une équipe allemande dans un double match par élimination. Mais Genk n'est pas battu d'avance par Stuttgart, qui est en pleine crise et vient de perdre pour la cinquième fois d'affilée, cette fois contre le Brême d'un Kevin De Bruyne à nouveau auteur d'un but fort commenté parce que c'était une fois de plus un beau goal ! Ce week-end, Genk ne jouait que contre le Beerschot, mais ça doit lui faire du bien d'avoir tenu tout un match sans encaisser : ce n'était plus arrivé depuis le match aller contre le même adversaire, en octobre ! Jelle Vossen a râlé de ne pas avoir été repris par Marc Wilmots pour le match contre la Slovaquie et sa direction a aussi exprimé son mécontentement. Le joueur a évité les déclarations délicates, comme s'il avait tout compris : Wilmots a un problème de luxe avec Christian Benteke et Romelu Lukaku pour la place en pointe, et il sait qu'il reste dans les plans du coach. En marquant les deux buts au Beerschot, il a montré qu'il avait directement digéré sa déception. Dieumerci Mbokani n'a pas eu besoin de beaucoup de temps pour remettre les choses au point. Son retour tardif de la Coupe d'Afrique est déjà de l'histoire ancienne. Il prend quelques jours de congés non autorisés, il doit digérer la réaction du club, son Soulier d'Or, l'élimination rapide du Congo, il doit retrouver ses marques avec le Sporting : pas de problème, il fait ça en deux temps, trois mouvements. Sans lui, Anderlecht abandonne un point à Waasland-Beveren. Avec lui, c'est une nouvelle victoire. Il a survolé ce match. De ce déplacement, je retiens aussi la prestation de Kanu. On ne sait plus trop ce qu'il faut penser de ce joueur. D'un week-end à l'autre, il peut être complètement à côté de la plaque, puis extrêmement brillant. Rien que sur le match de dimanche, il a montré ses deux visages. Il rate une occasion en première mi-temps, puis il devient le patron de l'entrejeu pendant trois quarts d'heure. On connaissait sa présence physique, mais ce qu'il fait sur le but de Mbokani démontre qu'il peut aussi avoir de la vista, de l'intelligence dans le jeu. Et ça, c'est inédit. Finalement, la direction et John van den Brom ont peut-être de bonnes raisons pour l'empêcher de signer à Grozny. Propos recueillis par PIERRE DANVOYE