Van den Brom montre les limites de la tournante

Plus les semaines passent et plus on se rend compte que la défaite à Charleroi a été un vrai tournant dans la saison d'Anderlecht. Ce soir-là, John van den Brom a compris qu'il devait arrêter de donner une chance à des joueurs incapables de la saisir. Il avait décidé de faire une tournante et il y avait eu un échec douloureux au bout du chemin. Depuis lors, il aligne systématiquement la meilleure équipe possible qu'il a en tête et les victoires s'enchaînent avec un amoncellement de buts marqués. Le Hollandais ne veut plus perdre des bêtes points. Il fait ce que Trond Sollied avait fait à la grande époque de Bruges. Coupe d'Europe ou pas, en semaine, il lance toujours le même 11 de départ. Persuadé qu'il n'y a pas de vraies fatigues européennes quand l'équipe tourne. Il part plutôt du principe que les matches de Ligue des Champions aident les joueurs à encore élever leur niveau en championnat. Et s'ils doivent souffler, ils le font en s'entraînan...

Plus les semaines passent et plus on se rend compte que la défaite à Charleroi a été un vrai tournant dans la saison d'Anderlecht. Ce soir-là, John van den Brom a compris qu'il devait arrêter de donner une chance à des joueurs incapables de la saisir. Il avait décidé de faire une tournante et il y avait eu un échec douloureux au bout du chemin. Depuis lors, il aligne systématiquement la meilleure équipe possible qu'il a en tête et les victoires s'enchaînent avec un amoncellement de buts marqués. Le Hollandais ne veut plus perdre des bêtes points. Il fait ce que Trond Sollied avait fait à la grande époque de Bruges. Coupe d'Europe ou pas, en semaine, il lance toujours le même 11 de départ. Persuadé qu'il n'y a pas de vraies fatigues européennes quand l'équipe tourne. Il part plutôt du principe que les matches de Ligue des Champions aident les joueurs à encore élever leur niveau en championnat. Et s'ils doivent souffler, ils le font en s'entraînant moins dur. C'est pénible pour des joueurs comme Sacha Iakovenko, Tom De Sutter ou Behrang Safari. Mais Van den Brom voit qu'ils n'apportent pas autant que d'autres, alors le banc est redevenu leur univers. Ils souffrent ? S'ils sont incapables de comprendre et de supporter ça, ils n'ont pas leur place dans un club comme Anderlecht. Anderlecht est devant une mission impossible, il lui reste le déplacement à Malaga, la troisième place de sa poule est presque une utopie. Sa campagne restera celle des opportunités ratées : des occasions de but gaspillées et des erreurs défensives qui ne pardonnent pas à ce niveau. Le match contre Milan en est une belle illustration : il y a le loupé de Milan Jovanovic au début, puis le mauvais marquage de Guillaume Gillet sur le premier but italien. On a vu des erreurs du même style dans plusieurs matches. Les Mauves ont marqué très peu et ont pas mal encaissé alors qu'ils ont rarement été dominés. C'est frustrant mais logique. S'il y a bien un coach de grand championnat qui ne méritait pas de se faire éjecter, c'est Roberto Di Matteo. Mais Roman Abramovitch a vite oublié ses exploits en peu de temps : la victoire en Ligue des Champions puis un excellent départ dans le championnat en cours. Il a suffi d'un petit passage à vide et d'une gifle sur le terrain de la Juvenus pour que le sort de l'Italien soit réglé. Le public de Chelsea ne comprend pas : ce week-end, il a hué le nouveau coach, Rafael Benitez, lors du triste match nul blanc contre Manchester City. Ces sifflets étaient indirectement dirigés vers le patron russe. En Angleterre, c'est exceptionnel que des supporters s'en prennent à leur équipe. Pour Benitez, je sens que ce ne sera pas évident dans ce club particulier. Dans ce match, j'ai vu un Fernando Torres qui continue à être nulle part et un Eden Hazard à la recherche de son deuxième souffle. John Terry, Mats Hummels, Gérard Piqué, Dani Alves, Pepe, Sergio Ramos : c'est beau ! Rien que des stars planétaires. Il faudra désigner quatre hommes pour former la défense de l'équipe mondiale de 2012. Vincent Kompany est aussi dans la présélection, et pour moi, ça ne se discute pas : il doit être titulaire.Pour un club comme Charleroi, qui continue à prendre peu de points, tout n'est pas perdu... On a pensé pendant plusieurs semaines que ce club devrait ferrailler avec le Cercle et Waasland Beveren pour éviter une des deux dernières places, mais la situation change parce qu'on ne compte plus les équipes en toute petite forme. Le bilan du Beerschot est dramatique mais Adrie Koster surnage : la direction a annoncé qu'il resterait de toute façon en place jusqu'en fin de saison. Et il y a d'autres grands malades qui ne sont pas du tout assurés d'éviter la lutte contre les PO3. Je vois surtout le Lierse et même Malines. On a vécu ce week-end un phénomène historique en championnat d'Espagne. Parce que Lionel Messi a planté ses 81e et 82e buts depuis le 1er janvier ? Même pas ! Il ne doit plus marquer que trois fois pour égaler le record de Gerd Müller, c'est un record qui va exploser, on le sait depuis plusieurs semaines. Parce que Barcelone a marqué quatre buts en un quart d'heure sur la pelouse de Levante, pourtant une équipe du top 6 ? Même pas ! Parce que ce club a maintenant un bilan de 37 points sur 39 et met déjà le Real à 11 points avant le mois de décembre ? Même pas non plus ! Le plus historique s'est produit quand Dani Alves a été remplacé par Martin Montoya. A ce moment-là, on a eu sur le terrain 11 joueurs formés à la Masia. Et sur le banc, aussi un homme de l'académie avec Tito Vilanova. Quand un fait aussi unique s'accompagne de résultats extraordinaires, on sait que c'est un moment qui restera dans l'histoire du foot parce qu'on ne verra peut-être plus jamais ça. PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS: IMAGEGLOBE