La bio d'Ibra explique beaucoup de choses

En voyant les quatre buts de Zlatan Ibrahimovic contre l'Angleterre, j'ai repensé à sa biographie, que j'avais dévorée. Ce type, qui est le troisième meilleur joueur du monde, est autant un écorché vif qu'un génie du foot. Un Mario Balotelli avant l'heure. On ne lui a rien donné, il a vécu une jeunesse pas toujours drôle. A Malmö, où il a grandi, on n'arrêtait pas de le confronter à ses origines bosniaques, comme si c'était une tare. Et sa famille ne roulait pas sur l'or. Dans son livre, il avoue qu'il avait du mal avec toutes les formes de hiérarchie. Il suffisait qu'on lui donne des ordres pour qu'il se braque, dans le foot et dans d'autres domaines. Il dit qu'il a toujours été convaincu qu'il avait un talent rare, il savait qu'il réussirait sa vie en faisant des trucs de fou sur des terrains de foot. Il parle aussi de sa période difficile à Barcelone, où on ne l'a pas toujours trouvé assez bon. E...

En voyant les quatre buts de Zlatan Ibrahimovic contre l'Angleterre, j'ai repensé à sa biographie, que j'avais dévorée. Ce type, qui est le troisième meilleur joueur du monde, est autant un écorché vif qu'un génie du foot. Un Mario Balotelli avant l'heure. On ne lui a rien donné, il a vécu une jeunesse pas toujours drôle. A Malmö, où il a grandi, on n'arrêtait pas de le confronter à ses origines bosniaques, comme si c'était une tare. Et sa famille ne roulait pas sur l'or. Dans son livre, il avoue qu'il avait du mal avec toutes les formes de hiérarchie. Il suffisait qu'on lui donne des ordres pour qu'il se braque, dans le foot et dans d'autres domaines. Il dit qu'il a toujours été convaincu qu'il avait un talent rare, il savait qu'il réussirait sa vie en faisant des trucs de fou sur des terrains de foot. Il parle aussi de sa période difficile à Barcelone, où on ne l'a pas toujours trouvé assez bon. Et il en profite pour tacler Pep Guardiola, rien de moins ! Son côté écorché explique notamment son nombre élevé de cartes rouges. C'est dommage qu'il y ait cette face sombre chez lui parce qu'au niveau purement foot, il a toujours été exceptionnel et rien n'a changé alors qu'il a 31 ans. On a joué 16 matches et Mons n'est qu'à un point de la sixième place. Là-bas comme à Oud-Heverlee Louvain, on montre que la deuxième saison en D1, réputée si compliquée, peut se négocier brillamment. Que la galère n'est pas une fatalité quand on a fait un bon championnat après la montée. Malgré le parcours exceptionnel de Mons, je continue à lire des commentaires mitigés sur Enzo Scifo. Il serait trop peu impliqué, trop ceci, trop cela. Je le connais : c'est une bête de foot, il est aussi passionné comme entraîneur qu'il l'était comme joueur mais il ne le montre pas et ça joue contre lui. Il ne se vend pas assez. On a toujours l'impression qu'il n'a pas le bon profil pour faire ce métier, c'est un peu dingue. Quand il jouait, on doutait de son implication sous prétexte qu'il avait plein de qualités esthétiques. Maintenant, c'est autre chose. Parce qu'il ne fait pas partie des gueulards dans le monde des entraîneurs, on se demande s'il a le niveau. Stop ! Même raisonnement pour Jérémy Perbet. Il revient dans l'équipe après un été difficile et il se remet à claquer des buts. Est-ce qu'on va, comme à Scifo, lui faire porter éternellement cette étiquette de gars qui n'a pas nécessairement le niveau ? Dans les changements d'entraîneurs, il y en a quatre qui portent leurs fruits à court terme. Cela ne veut peut-être pas dire grand-chose pour la suite mais ça prouve quand même que la relation était explosée entre le groupe et l'ancien coach, que le message ne passait plus. La métamorphose la plus spectaculaire est à Bruges. Evidemment, on ne peut pas mettre sur le même pied une claque 6-1 sur le terrain d'un Anderlecht en pleine forme et une victoire 2-6 face à un Waasland Beveren à la ramasse. Mais ce qui ne fonctionnait plus au Club marche subitement à nouveau. Il y a eu un vrai effet Juan Carlos Garrido. Idem au Lierse, où HanyRamzy a directement déposé sa carte de visite en battant La Gantoise. Et au Cercle où FoekeBooy a fait un étonnant 4 sur 6 contre Gand et Genk. J'étends le raisonnement au Standard. Le bilan mathématique de Mircea Rednic n'est pas d'une autre planète, avec 7 point sur 12, mais dans ces quatre matches, il y avait trois déplacements compliqués : Genk, Lokeren et Zulte Waregem. Le Standard, le Lierse, le Cercle et Bruges n'étaient clairement pas à leur niveau avec Ron Jans, Chris Janssens, Bob Peeters et Georges Leekens. Les noyaux ont leurs limites mais il y avait d'autres problèmes. On continue à parler de sabotage au Club. Pour moi, le mot est trop fort mais il y avait une vraie division : les joueurs et le coach ne se comprenaient plus, la direction et Leekens n'étaient plus sur la même longueur d'onde. Comme si le groupe et les patrons étaient persuadés que le Club allait dans le mur si on ne faisait pas venir un nouvel entraîneur. Bob Peeters, la douloureuse exception A Gand, ça ne va pas mieux depuis le départ de Trond Sollied et l'arrivée de Bob Peeters. Je ne suis pas étonné, je répète ce que je dis depuis des semaines : ce noyau est trop juste, trop déséquilibré, il va ramer pour aller aux play-offs 1. Si Lestienne commence même à réfléchir... Je suis convaincu depuis longtemps par les qualités de Maxime Lestienne mais je lui faisais souvent le même reproche : trop peu de jugeote. Sur son flanc, il avait trop souvent tendance à oublier qu'il y avait généralement un attaquant de pointe mieux placé que lui pour conclure. Contre Waasland Beveren, il a combiné son engagement habituel, l'intelligence et l'altruisme. On a vu ce que ça pouvait donner : un but et quatre assists.