Leekens viré : hit-parade des boulettes

S'il y a bien un C4 qu'on sentait venir, c'était celui de Georges Leekens. Depuis le mois de mai, les gouttes se sont accumulées dans le seau, ça devait bien déborder !
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S'il y a bien un C4 qu'on sentait venir, c'était celui de Georges Leekens. Depuis le mois de mai, les gouttes se sont accumulées dans le seau, ça devait bien déborder ! 1. Pourquoi l'avoir débauché à la Fédération ? Ce n'était qu'un mauvais choix de plus du duo Bart Verhaeghe / Vincent Mannaert. Avec les Diables, Leekens venait encore de montrer qu'il avait du mal à fonctionner à la tête de grandes équipes - qu'on se souvienne de son bref passage à Anderlecht. Etre un bon underdog avec une équipe modeste, c'est ok pour lui. Assumer un rôle de favori, ça coince. Il y avait assez de bons entraîneurs disponibles sur le marché. 2. On a vite compris que la relation entre Leekens et une bonne partie du groupe était compliquée. Que demandent les vedettes, ou en tout cas les pseudo-vedettes ? Pas qu'on leur tape sur l'épaule, qu'on les flatte et qu'on leur fasse des risettes. Des joueurs pareils exigent des méthodes de travail sérieuses et parfois dures, et aussi un discours franc. Ils sont contents si le coach leur dit qu'ils ont été bons quand ils ont bien joué, mais ils apprécient aussi qu'on leur fasse des reproches s'ils ont été mauvais. To the point ! Rien de tout cela avec Leekens, le maître quand il s'agit de tourner autour du pot. 3. En plus d'être mauvais sur la pelouse, les Brugeois n'ont pas su être clairs devant les micros. Un jour, des barons du groupe clament qu'ils sont toujours derrière leur entraîneur. Le lendemain, ils lancent que Leekens ne doit plus coacher contre Zulte Waregem. 4. Il n'a pas été aidé par l'hécatombe de blessés. Mais on peut se poser de sérieuses questions sur les méthodes de travail quand autant de monde se retrouve à l'infirmerie. 5. Les joueurs de Bruges sont bien d'accord : les méthodes de travail de Leekens sont d'un autre âge. 6. On n'a jamais vu de ligne de conduite dans le jeu de Bruges depuis le début de la saison. Les vraies idées tactiques ? On les cherche encore. 7. Dans certains matches qu'il fallait absolument gagner, c'était prudence, prudence, encore de la prudence. Un exemple frappant : le retour contre Copenhague. 8. Des joueurs ont clairement lâché Leekens dans des moments chauds. Je ne sais pas trop comment il faut qualifier les prestations de Ryan Donk et de Jesper Jorgensen contre Zulte Waregem. Et la dernière demi-heure de Bojan Jorgacevic et de Jordi Figueras, c'était à mourir de rire. Newcastle et Anderlecht, encore des claques ? Le Club version Leekens buiten va avoir du mal cette semaine. On ne lui offre pas deux petits matches simples pour se remettre en jambes. Newcastle jeudi et Anderlecht dimanche, ça ne sent pas bon ! Mircea Rednic prouve qu'un nouveau coach peut tout révolutionner en quelques heures. Il y avait un Standard de nuit, on a maintenant un Standard de jour. On aurait compris qu'il ait besoin d'un peu de temps pour faire ses premiers résultats : tu vas à Genk qui est toujours invaincu puis tu reçois un OHL en pleine bourre. Verdict : 6 points et pas un but encaissé. Premier mérite du Roumain : avoir transformé le jeu en alignant directement deux attaquants. Deuxième plume à sa casquette : avoir rendu de l'enthousiasme à toute l'équipe et avoir métamorphosé quelques joueurs. Le duo central défensif Kanu / LaurentCiman est subitement devenu bon. William Vainqueur a montré dans les deux matches qu'il avait du foot dans les pieds. Je pose seulement une question : pourquoi les joueurs n'ont-ils pas montré cette envie avec Ron Jans ? Je répète qu'on se trompe si on met tout sur le dos du Hollandais et qu'on épargne les acteurs. Leur responsabilité dans la crise est au moins aussi importante. Michy mousse Il n'a fallu que deux matches pour comprendre que Ron Jans s'était planté en ignorant complètement Michy Batshuayi. Bob Peeters a moins impressionné que Mircea Rednic pour ses débuts avec La Gantoise. Mais qu'est-ce qu'il a comme noyau ? Surtout des gars qui manquent de qualités et d'expérience. Pas de buteur non plus. Pelé Mboyo est le meilleur marqueur avec trois buts après 14 matches, tout est dit. Il faudrait un mercato d'enfer en janvier pour inverser les choses. Mais là encore, j'ai des doutes. D'abord parce qu'avec cette formule de championnat, les transferts de début d'année ont toutes les chances d'être des transferts trop tardifs. Ensuite parce que j'entends pas mal de rumeurs sur le nouveau stade. Il ne serait pas prêt dans les temps et cela pourrait freiner les investissements dans le sportif. Chaque semaine, ça devient un peu plus clair : Marouane Fellaini est trop grand pour Everton. Son avenir est à Manchester ou à Chelsea. Il a encore fait des trucs complètement fous le week-end passé contre Fulham. Il y a eu ses deux buts, mais aussi d'autres actions d'une autre planète. Et dire que quand on attend la même chose de lui avec les Diables, il dit parfois qu'il est un peu fatigué... PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE DANVOYE