Bruges, jardin d'enfants

Carl Hoefkens a l'habitude de prendre le micro et de s'adresser aux supporters après les matches à domicile du Club. Dimanche, après la victoire dans le derby, rien de tout ça et les joueurs sont rentrés directement au vestiaire. Ils ne sont revenus que dix minutes plus tard pour leur tour d'honneur. C'était leur façon de répondre aux critiques après la dégelée de Bordeaux. Non, mais où va-t-on ? Quelle bande de gosses ! On n'avait donc pas le droit de les recadrer après leur non-match européen ? Ils attendaient peut-être des applaudissements qui auraient fait trembler le stade ? Et où est le respect pour les supporters qui ont fait le coûteux et lointain déplacement en France ? Là-bas, les Brugeois ont été dramatiques. Ils ne savaient pas eux-mêmes dans quel système ils jouaient, il n'y avait pas d'équipe, aucun engagement dans les duels, pas de communication, pas d'envie. Vincent Mannaert a condamné leur comportement après le derby. Georges Leekens ne s'est pas mouillé, il a dit qu'il n'était pas au courant du boycott du publi...

Carl Hoefkens a l'habitude de prendre le micro et de s'adresser aux supporters après les matches à domicile du Club. Dimanche, après la victoire dans le derby, rien de tout ça et les joueurs sont rentrés directement au vestiaire. Ils ne sont revenus que dix minutes plus tard pour leur tour d'honneur. C'était leur façon de répondre aux critiques après la dégelée de Bordeaux. Non, mais où va-t-on ? Quelle bande de gosses ! On n'avait donc pas le droit de les recadrer après leur non-match européen ? Ils attendaient peut-être des applaudissements qui auraient fait trembler le stade ? Et où est le respect pour les supporters qui ont fait le coûteux et lointain déplacement en France ? Là-bas, les Brugeois ont été dramatiques. Ils ne savaient pas eux-mêmes dans quel système ils jouaient, il n'y avait pas d'équipe, aucun engagement dans les duels, pas de communication, pas d'envie. Vincent Mannaert a condamné leur comportement après le derby. Georges Leekens ne s'est pas mouillé, il a dit qu'il n'était pas au courant du boycott du public. Etonnant pour un type qui se vante de toujours tout savoir sur la vie de son vestiaire. Maxime Lestienne (3 buts) et Bart Buysse ont été bons contre le Cercle. Je m'étonne qu'ils n'aient pas reçu leur chance plus tôt, quand l'équipe ne jouait pas bien. C'était le premier match de Buysse en championnat et Lestienne avait eu peu de temps de jeu. Leekens aurait dû intervenir plus vite quand des joueurs étaient à côté de leurs pompes : Tom Högli, JordiFigueras, Lior Refaelov (dès qu'il a commencé à être un peu blessé). Carlos Bacca était dans la tribune en début de saison. Vadis Odjidja n'a pas eu la confiance du coach à Bordeaux. Jonathan Blondel a été aligné au back gauche quand Leekens estimait qu'il n'avait personne d'autre à mettre là. Cela fait un paquet de décisions surprenantes. Une direction doit laisser travailler son entraîneur, ou si elle se pose des questions, cela doit se faire en interne. Les patrons de Gand ont choisi de déballer sur la place publique leurs divergences de vues avec Trond Sollied. Ce n'est pas normal. Clairement, les deux parties ne sont plus sur la même longueur d'onde. Ivan De Witte et Michel Louwagie pensent qu'ils ont une grande équipe alors que Sollied n'en est pas du tout persuadé. Pour lui, les joueurs de son noyau manquent de maturité, et surtout, c'est impossible de faire directement des miracles quand on a laissé filer Tim Smolders, Jesper Jorgensen, Yassine El Ghanassy, ElimaneCoulibaly et Zlatan Ljubijankic. C'est énorme comme saignée. Le feu s'est un peu éteint grâce à la victoire chanceuse au Standard mais il y aura encore des clashes dans les semaines à venir. Mario Been pourrait se plaindre, on lui a enlevé in extremis Christian Benteke, son buteur. Sa direction pourrait aussi l'ouvrir, mettre de la pression sur son coach quand il y a des résultats décevants en championnat. Mais là-bas, tout le monde reste calme et l'ambiance est encore sereine. Genk a fait une démonstration contre Videoton en Europa League puis quitté Charleroi avec trois bons points. Le point pris par Anderlecht à Milan a un goût de trop peu car il y avait mieux à faire contre cette équipe très malade. Si je dois ressortir un point de ce match, c'est la bonne idée d'avoir positionné Cheikhou Kouyaté dans l'entrejeu. C'est dommage que le deuxième rendez-vous des Mauves ne soit pas programmé contre le Zenit car ce club aussi va très mal pour le moment. Il a pris une grosse claque à Malaga, rame dans son championnat et est bousculé par des conflits internes, avec des stars du cru qui acceptent mal les salaires versés à Axel Witsel et Hulk. Au lieu de cela, les Mauves se préparent à recevoir un Malaga qui a aussi réussi un très bon départ en Liga. Rien ne dit que les Russes seront encore dans la tourmente quand ils affronteront Anderlecht deux fois de suite. Six clubs de grands championnats ont pris la totalité des points jusqu'ici : 12 pour le Bayern, Francfort et la Juventus ; 15 pour Barcelone ; 18 pour Marseille et Twente. C'est un fait rare. Pendant ce temps-là, chez nous, les favoris abandonnent des plumes à gauche et à droite. Et surtout, on prend beaucoup de buts.Les Rouches ont pris 15 buts en huit matches, il n'y a que les grands malades comme le Cercle, Mons et Charleroi qui font pire. Si ça s'expliquait par un jeu très hollandais, fort porté vers l'avant, ce serait une circonstance atténuante. Mais ce n'est même pas la marque de fabrique de Ron Jans depuis qu'il est chez nous. Jelle Van Damme m'en veut parce que j'ai dit qu'il était mauvais en défense centrale ? Mais il n'arrête pas de me donner raison, semaine après semaine. Je le lui ai fait remarquer les yeux dans les yeux, je ne change pas d'avis. Un vrai arrière axial n'essaie pas d'intervenir comme il l'a fait sur le premier but de Gand. Lui, il a expédié le ballon dans son propre but. Tout va maintenant bien au Beerschot avec une quatrième victoire d'affilée. Adrie Koster est resté fidèle à ses grands principes après un départ catastrophique, ça paie. Tout cela dans une ambiance assez lourde : Chris Van Puyvelde a jeté sa casquette de directeur technique parce qu'on lui avait retiré certaines responsabilités. Dans ce club, on a beau changer les dirigeants, il y a toujours des décisions spectaculaires et pas nécessairement bien réfléchies. PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS IMAGEGLOBE