Matias Suarez va manquer à Anderlecht

Il y a un peu plus d'un an, la direction anderlechtoise avait fait fort peu de cas du transfert de MbakBoussoufa à Anzhi Makhachkala. Selon ses dires, d'autres joueurs allaient prendre tout simplement la relève du lutin marocain. On sait finalement ce qu'il en est advenu : sans Bous, le RSCA a perdu de sa substance au point de passer de la 1re à la 3e place en championnat. Cette fois encore, je trouve que les pontes du Parc Astrid minimisent un peu trop le départ de Matias Suarez. D'après eux, le noyau dispose de solutions de rechange avec Ronald Vargas, Gohi Bi Cyriac ou Guillermo Mollins. A mes yeux, tout cela reste à prouver, a fortiori après les graves blessures que tous trois ont endurées. Reste que sur le plan financier, le passage de l'Argentin au CSKA Moscou est une affaire win-win pour toutes les parties. Le RSCA va voir ses caisses gonfler de 11 millions d'euros et le joueur est assuré d'empocher le quintuple de ce qu'il percevait au Sporting. Sportivement, toutefois, j'ai mes doutes. Car Anderlecht ne sera plus Anderlecht sans el artista. Et j'ai bien peur pour le joueur qu'à 24 ans, sa c...

Il y a un peu plus d'un an, la direction anderlechtoise avait fait fort peu de cas du transfert de MbakBoussoufa à Anzhi Makhachkala. Selon ses dires, d'autres joueurs allaient prendre tout simplement la relève du lutin marocain. On sait finalement ce qu'il en est advenu : sans Bous, le RSCA a perdu de sa substance au point de passer de la 1re à la 3e place en championnat. Cette fois encore, je trouve que les pontes du Parc Astrid minimisent un peu trop le départ de Matias Suarez. D'après eux, le noyau dispose de solutions de rechange avec Ronald Vargas, Gohi Bi Cyriac ou Guillermo Mollins. A mes yeux, tout cela reste à prouver, a fortiori après les graves blessures que tous trois ont endurées. Reste que sur le plan financier, le passage de l'Argentin au CSKA Moscou est une affaire win-win pour toutes les parties. Le RSCA va voir ses caisses gonfler de 11 millions d'euros et le joueur est assuré d'empocher le quintuple de ce qu'il percevait au Sporting. Sportivement, toutefois, j'ai mes doutes. Car Anderlecht ne sera plus Anderlecht sans el artista. Et j'ai bien peur pour le joueur qu'à 24 ans, sa carrière ne va plus rebondir. La Russie est peut-être intéressante sur le plan financier mais je ne pense pas qu'on y progresse sur le terrain. Je ne connais en tout cas pas d'éléments passés par là qui ont éclaté ailleurs dans la suite de leur trajectoire sportive. Au contraire, la plupart sont revenus la queue entre les jambes. De la Russie à l'Ukraine, il n'y a qu'un pas, bien sûr. Aussi m'en voudrais-je de ne pas rendre hommage à celui qui peut être résolument considéré là-bas comme le meilleur joueur du 21e siècle, comme Oleg Blokhine l'avait été pour le 20e : Andreï Shevchenko. Contrairement à celui qui fut son coach à l'EURO 2012, mais qui n'a jamais brillé qu'au Dynamo Kiev, Sheva, lui, aura été un formidable produit d'exportation. En particulier à l'AC Milan à qui il a conféré une extraordinaire dimension. Sans lui, les rossoneri n'auront plus été les rossoneri non plus. Les coaches hollandais, dont certains attendent manifestement monts et merveilles cette saison, n'ont pas été vraiment à la fête à l'occasion de la reprise du championnat. Aux points, ils ont tout simplement perdu face à leurs pendants belges : 0-1 pour le Standard de Ron Jans face au Zulte Waregem de Franky Dury, 1-1 pour John van den Brom avec Anderlecht à Courtrai, 2-4 du Beerschot d' Adrie Koster devant le Lokeren de Peter Maes et 3-3 pour Mario Been contre le Cercle de Bob Peeters. Quant à Harm van Veldhoven, vainqueur 4-2 contre Charleroi, il est peut-être bon de rappeler qu'il est né aux Pays-Bas mais qu'il a obtenu la nationalité belge entre-temps ! Face à Lokeren d'abord, en Supercoupe, et contre Courtrai ensuite dans le cadre de la Jupiler Pro League, le nouveau coach des Mauves aura eu un petit aperçu de ce qui l'attend, avec ses ouailles : un adversaire replié en masse devant son but, et qui profite de la moindre perte de balle des Bruxellois pour placer un contre meurtrier. C'est du pain béni, actuellement, car avec un axe central à l'arrière composé de Marcin Wasilewski et d' Olivier Deschacht, le RSCA n'est tout simplement pas armé pour défendre à 50 mètres du goal de Silvio Proto. Le seul stopper qui possède la vitesse nécessaire pour s'imposer dans cette conception est Cheikhou Kouyaté et il est actif, pour l'instant, aux Jeux olympiques. Et ce n'est pas à Roland Juhasz qu'il faut demander de presser haut, car le Hongrois n'aime pas trop les ballons balancés dans son dos. Si le club ne veut pas s'exposer à des déconvenues, tant sur la scène nationale qu'européenne, il est temps qu'il remédie à cette carence ! Les noms du Finlandais Niklas Moisander et du Suédois Olof Mellberg ont été cités comme renforts possibles. Mais feront-ils l'affaire pour autant ? Le premier a été ridiculisé par Matias Suarez lors du match retour entre Anderlecht et l'AZ, la saison passée. Quant au deuxième, il accuse déjà 34 printemps et ne brille pas spécialement à la relance. Or, c'est d'un élément de cette trempe que les Mauves ont besoin. Transféré à Chelsea la saison passée, le gardien de Genk, Thibaut Courtois, avait demandé d'emblée à son nouvel employeur de faire l'objet d'un prêt, conscient que la lutte avec le n°1 des Blues, Peter Cech aurait été trop inégale pour lui. Le Limbourgeois avait, dès lors, rejoint immédiatement les rangs de l'Atletico Madrid, où il allait d'ailleurs réussir une saison-canon. Contrairement au portier des Diables Rouges, Kevin De Bruyne a choisi de débuter la saison avec les Londoniens, en participant à leur préparation aux Etats-Unis. Je me demande si, au même titre que Romelu Lukaku, il n'aurait pas mieux valu qu'il soit d'emblée cédé sur base locative, comme il en est question avec le Werder Brême à présent. S'il s'était mis immédiatement à la disposition du club allemand, il aurait pu se familiariser très tôt avec son nouvel entourage, où on l'aurait sans doute accueilli avec honneur. A présent, je ne peux me défaire de l'impression que le garçon fait un peu partie des recalés et que la perception, en ce qui le concerne, est déjà tout autre. Tout ce qu'on peut lui souhaiter, c'est que malgré le retard dans l'orientation de sa saison, elle sera aussi bénéfique pour lui que pour son copain Thibaut chez les Madrilènes. Un joueur qui n'en finit pas de prendre du galon en Angleterre, c'est l'ami Vincent Kompany. Honnêtement, il ne m'aurait pas déplu qu'il poursuive sa carrière au FC Barcelone, comme il en fut question à un moment donné, car je suis d'avis qu'il se serait montré à son avantage aussi chez les Catalans. Vince s'est toutefois montré plus sensibilisé par le projet de Manchester City et c'est tout en son honneur aussi. Chapeau à lui, qui vient de rempiler jusqu'en 2018. Ce qui en dit long, évidemment, sur l'estime dont il jouit là-bas. Au passage, il est assuré de palper 250.000 euros par semaine. Certains trouveront peut-être ces montants déplacés, au même titre que les 14 millions nets annuels pour Zlatan Ibrahimovic au PSG. Mais si des dirigeants de clubs, richissimes, veulent bien distribuer ces sommes, les joueurs seraient idiots de les refuser ! PROPOS RECUEILLIS PAR BRUNO GOVERS - PHOTOS IMAGEGLOBE