Anderlecht à la ramasse

Le Sporting a réalisé 28 sur 30 face aux équipes du top 6 au cours de la phase classique. Après deux rencontres de play-offs, il n'en est qu'à 2 sur 6. Autrement dit, il a déjà perdu le double des points alors que cette mini-compétition ne fait que débuter. C'est un signe qui en dit long sur son malaise actuel, d'autant plus qu'il a pu ouvrir les débats, à domicile, face Courtrai. Je me demande réellement si Anderlecht a retenu les leçons du passé. Il y a tout juste un an, il avait mal entamé la rajoute avec une défaite d'entrée de jeu face au Standard, suivie d'un nouveau revers contre le Club Bruges. Deux contre-performances dont il ne s'était jamais remis. Cette fois, rebelote. Et on ne peut pas dire que le contexte soit plus réjouissant.
...

Le Sporting a réalisé 28 sur 30 face aux équipes du top 6 au cours de la phase classique. Après deux rencontres de play-offs, il n'en est qu'à 2 sur 6. Autrement dit, il a déjà perdu le double des points alors que cette mini-compétition ne fait que débuter. C'est un signe qui en dit long sur son malaise actuel, d'autant plus qu'il a pu ouvrir les débats, à domicile, face Courtrai. Je me demande réellement si Anderlecht a retenu les leçons du passé. Il y a tout juste un an, il avait mal entamé la rajoute avec une défaite d'entrée de jeu face au Standard, suivie d'un nouveau revers contre le Club Bruges. Deux contre-performances dont il ne s'était jamais remis. Cette fois, rebelote. Et on ne peut pas dire que le contexte soit plus réjouissant. En 2011, les Mauves avaient pu se retrancher derrière le transfert de Mbark Boussoufa à Anzhi Makhatchkala pour expliquer leur chute. A présent, ils n'ont pas d'excuse à faire valoir, dans la mesure où ils ont abordé les PO avec toutes leurs forces vives. L'ennui pour eux, c'est que la plupart des cadres sont à la ramasse. Je songe à Milan Jovanovic, qui n'en touche plus une, à Lucas Biglia qui erre telle une âme en peine sur le terrain ou à Guillaume Gillet, qui est loin de l'infiltreur qu'on avait connu en début de saison. Pour Anderlecht, il est grand temps de se reprendre. Même si le Sporting fait encore la bonne affaire du week-end suite aux déroutes du Club Bruges à Courtrai et de Gand à Genk. Une lueur dans la grisaille anderlechtoise, quand même : la prestation de Jordan Lukaku au back gauche. Le cadet de la famille n'en était qu'à sa deuxième apparition en match officiel, mais il a déjà marqué les esprits. Bien sûr, il reste pas mal de réglages à faire chez lui, compte tenu de son jeune âge mais sur ces brèves apparitions, il a déjà montré un potentiel plus intéressant qu'Olivier Deschacht et Behrang Safari. C'est quand même significatif. J'ai été sidéré par le président de Gand, IvanDeWitte, qui déclarait que la conquête éventuelle du titre de champion par les Buffalos serait pour le moins malvenue à un moment de l'histoire du club où c'est la construction d'un nouveau stade qui a la priorité. Je rêve ou quoi ? Voilà donc une entité plus vieille que toutes les autres en Jupiler Pro League, vu que sa création remonte à 1864 sous l'appellation d'Association Athlétique La Gantoise, qui n'a jamais été sacrée championne en près de 150 ans d'existence et dont l'homme fort trouve que l'instant est mal choisi pour se parer des lauriers ? C'est ahurissant. Même si le futur stade Artevelde générera plus de possibilités financières, peut-on vraiment se permettre de snober la première place et les 15 millions d'euros qui en dépendent ? Une chose est sûre : Trond Sollied n'a pas l'air de vouloir contrecarrer les plans de la direction, ou de la contredire. Car à Genk, dans un match où ses joueurs pouvaient réaliser un coup intéressant, le coach norvégien a surpris tout le monde en décidant de titulariser Marco Boere, qui manque de planche à ce niveau, au détriment d' Elimane Coulibaly. Même après la rentrée aux vestiaires de l'ancien Ajacide, Gand a continué à jouer sans véritable pointe. Comme si la victoire était la dernière chose à laquelle il aspirait. Comprenne qui pourra ! Sur les deux premiers matches des play-offs, Genk est l'équipe qui m'a laissé l'impression la plus fringante. A Bruges, elle n'aurait jamais dû être battue. Face à Gand, elle a carrément fait joujou avec son adversaire. C'est fou que les Limbourgeois aient dû batailler jusqu'à la toute dernière journée de la phase classique pour obtenir leur place dans le top 6. Car quand ils sont en forme, les joueurs de Mario Been proposent le football le plus attrayant du championnat. Dommage que les Bleu et Blanc aient perdu tant de points au cours de la phase classique. Il est trop tard pour eux pour se mêler à la course au titre. Mais je vois en eux les arbitres de la suite de la compétition. Indépendamment de Jordan Lukaku chez les Mauves, un joueur m'a tout particulièrement plu lors de Standard-Anderlecht : Nacho Gonzalez. Avec Luis Seijas, il en a réellement fait voir de toutes les couleurs au trio composé de Lucas Biglia, Sacha Kljestan et Guillaume Gillet, qui a dû davantage porter secours durant ce match, aux deux pare-chocs défensifs qu'à la troisième ligne qu'il forme généralement au côté de Matias Suarez et Milan Jovanovic. Il est dommage pour les Rouches qu'ils n'aient pas davantage profité de ses services pour cause de blessure. Avec lui à 100 %, le club liégeois aurait sans doute pu prétendre à plus. Au train où vont les choses, il n'est pas interdit de penser que l'on pourrait s'orienter vers deux finales 100 % espagnoles, aussi bien en Ligue des Champions qu'en Europa League. Je ne vois pas le Sporting du Portugal barrer la route de l'Athletic Bilbao sur deux matches. Les Basques, sous les ordres de Marcelo Bielsa, ont fait un bond vers l'avant et ne ressemblent plus du tout aujourd'hui à l'équipe contre laquelle Anderlecht s'était imposé il y a deux ans. Je penche dès lors pour eux. Dans l'autre demi-finale, tout sera serré entre l'Atletico Madrid et Valence, même si mes faveurs vont aux Madrilènes en raison de la présence de Thibaut Courtois. A mes yeux, la seule équipe capable de jouer les trouble-fête et à empêcher la feria, c'est le Bayern Munich. Là aussi, les Allemands n'ont plus grand-chose à voir avec la formation qui avait été humiliée au Camp Nou par le FC Barcelone il y a de cela quelques années. Je crois davantage en eux qu'en Chelsea qui ne propose pas un football assez performant pour s'imposer sur deux matches contre les Blaugranas. PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS