EL : le Standard doit s'en prendre à lui-même

Si, sur l'ultime action des Rouches face à Hanovre, Mémé Tchité avait eu la bonne idée de frapper du gauche au lieu de tenter une frappe du droit derrière sa jambe d'appui, tout porte à croire que les Liégeois défendraient un avantage d'un but en Allemagne demain. En lieu et place, ils devront aller chercher une victoire, ou un nul en ayant marqué trois buts au moins, ce qui ne sera pas une sinécure face à une équipe qui ne perd pas chez elle ! C'est d'autant plus regrettable que le Standard s'est mis lui-même dans de sales draps. Non seulement en gâchant une occasion en or mais aussi en raison d'un penalty-cadeau offert par le Brésilien Kanu. A ce niveau-là, on n'a pas idée de faire des fautes pareilles.
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Si, sur l'ultime action des Rouches face à Hanovre, Mémé Tchité avait eu la bonne idée de frapper du gauche au lieu de tenter une frappe du droit derrière sa jambe d'appui, tout porte à croire que les Liégeois défendraient un avantage d'un but en Allemagne demain. En lieu et place, ils devront aller chercher une victoire, ou un nul en ayant marqué trois buts au moins, ce qui ne sera pas une sinécure face à une équipe qui ne perd pas chez elle ! C'est d'autant plus regrettable que le Standard s'est mis lui-même dans de sales draps. Non seulement en gâchant une occasion en or mais aussi en raison d'un penalty-cadeau offert par le Brésilien Kanu. A ce niveau-là, on n'a pas idée de faire des fautes pareilles. Si je ne donne que 30 % des chances aux Standardmen de forcer leur qualification pour les quarts de finale de l'Europa League, je leur accorde le maximum pour venir à bout de l'OHL le week-end prochain, avec comme corollaire une place dans les play-offs 1. Indépendamment des 5 grands (Anderlecht, Club Bruges, Gand, le Standard et Genk), mes faveurs vont au Cercle pour le dernier strapontin. Le derby à venir s'annonce d'ailleurs très indécis. Les Vert et Noir peuvent créer la surprise. Je m'attends à une partie de saute-mouton entre les deux Manchester dans la course au titre. Tottenham a perdu ses dernières illusions le week-end passé en étant battu pour la 3e fois d'affilée en Premier League, par Everton cette fois. Les Spurs, au même titre qu'Arsenal, Chelsea et, dans une moindre mesure, Newcastle, devront se battre pour une qualification en CL. Même si l'Europa League est le seul trophée que le manager de United, Alex Ferguson, n'a jamais remporté, cette épreuve ne recueille nullement sa priorité. Au tour précédent, il avait déjà laissé souffler quelques-uns de ses cadres face à l'Ajax Amsterdam. Et il n'en est pas allé autrement devant l'Athletic Bilbao. Remonter un 2-3 me paraît compliqué pour les Red Devils. Et les Citizens seront à peine logés à meilleure enseigne contre le Sporting Lisbonne, vainqueur 1-0 à l'aller. Sans le concours de Vincent Kompany, la défense des Blues, qui a concédé un but à Swansea, n'est pas aussi intransigeante. Nos clubs mettent souvent leur implication européenne en exergue pour expliquer l'une ou l'autre contre-performance. On se souviendra qu'après les retours en 16e de l'EL, Anderlecht et le Standard avaient été tenus en échec (0-0) par le Lierse et Saint-Trond, tandis que le Club Bruges avait bu la tasse à Genk (3-0). A l'étranger, ça laisse des traces aussi. Aux Pays-Bas notamment avec les défaites, ce week-end, du PSV à NAC (3-1) et du FC Twente au NEC (3-1). Pour les gars d'Eindhoven, c'est même la cata puisqu'ils en sont à 4 revers en 5 matches, leur échec 4-2 à Valence compris. Dans ces conditions, les jours de l'entraîneur Fred Rutten semblent comptés. Aucun président n'aura été autant décrié ou vilipendé qu' Abbas Bayat. Pour beaucoup, sans le concours de son neveu Mogi à ses côtés, l'homme allait droit dans le mur. Pourtant, le Sporting s'est installé en tête de la D2 et pourrait réaliser une bonne opération, dans l'optique de la montée, lors du match-phare qui l'opposera à son poursuivant, l'AS Eupen, au Mambourg. L'attitude et les décisions du big boss des Zèbres ont été payantes. Je lui tire donc un coup de chapeau. Mais sa tactique ne sera pas toujours marquée de succès. A force de se mettre tout le monde à dos, il finira bien un jour par courber l'échine lui-même. J'ai été subjugué par la prestation sublime de Lionel Messi, auteur de 5 des 7 buts du FC Barcelone face au Bayer Leverkusen. L'attaquant de poche du Barça a fait honneur, une fois de plus, à son Ballon d'Or, en réalisant un exploit que personne n'avait encore réalisé en CL. L'Argentin est, de loin, le meilleur joueur au monde. Et peut-être entrera-t-il dans la légende, un jour, comme le n°1 de tous les temps, devant ces autres monstres sacrés nommés Alfredo Di Stefano, Pelé, Cruijff et Maradona. J'ai trouvé chic que le premier, icône du Real Madrid dans les années 50, ait fait l'éloge de son compatriote, pourtant actif chez l'ennemi juré blaugrana, alors que Pelé lui marchande toujours ses mérites. C'est vrai que la Puce est encore loin d'avoir franchi la barre des 1.000 buts, comme le Brésilien, et qu'il n'a toujours pas de victoire en Coupe du Monde. Mais les Auriverde jouaient sans concurrence autrefois, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. C'est à juste titre que Michel Preud'homme s'est vu décerner le Guy Thys Award par ses pairs du BFC Pro. Entraîneur à succès en Belgique, le Liégeois a récidivé hors frontières, au FC Twente d'abord et, à présent, à Al Shabab. Il est en train de prouver, à l'image de son ex-coéquipier au Standard, Eric Gerets, que nos coaches peuvent être de bons produits d'exportation. Un jugement que j'aurais d'ailleurs étendu à Frankie Vercauteren s'il n'avait été limogé de façon surprenante à Abu Dhabi... Anderlecht peut faire une croix sur Preud'homme dans l'immédiat : le trophée qu'il vient d'obtenir ne renforcera que davantage encore son aura en Arabie Saoudite. Le lauréat l'a d'ailleurs affirmé clairement : quiconque veut obtenir ses services devra en premier lieu payer des indemnités de rupture portant sur deux saisons encore. Je ne vois pas Roger Vanden Stock faire ça. Seul Roman Abramovitch pourrait se le permettre. PROPOS RECUEILLIS PAR BRUNO GOVERS - PHOTOS IMAGEGLOBE