1. Clasico : les équipes doutent

En huit jours, Anderlecht a marqué huit buts dans ses deux matches à domicile, contre Courtrai et Malines. Mais ce n'était que logique. Entre-temps, il y a eu le couac au Lierse que j'explique par un petit complexe de supériorité. Maintenant, le Sporting affronte une semaine cruciale avec les déplacements à Split jeudi et au Standard dimanche. On va voir si les déceptions contre le Partizan et le Zenit sont digérées. La saison dernière, Anderlecht avait vraiment démarré après avoir gagné sur le terrain de l'Ajax. Il faudra peut-être un exploit à l'extérieur pour qu'on retrouve l'équipe bien huilée et dominante d'il y a quelques mois. Pour le Standard, ce sera le tout premier gros test de la saison. Notamment pour la nouvelle défense centrale, avec Laurent Ciman et Victor Ramos. J'espère que le choc restera purement sportif, mais je ne le sens pas !
...

En huit jours, Anderlecht a marqué huit buts dans ses deux matches à domicile, contre Courtrai et Malines. Mais ce n'était que logique. Entre-temps, il y a eu le couac au Lierse que j'explique par un petit complexe de supériorité. Maintenant, le Sporting affronte une semaine cruciale avec les déplacements à Split jeudi et au Standard dimanche. On va voir si les déceptions contre le Partizan et le Zenit sont digérées. La saison dernière, Anderlecht avait vraiment démarré après avoir gagné sur le terrain de l'Ajax. Il faudra peut-être un exploit à l'extérieur pour qu'on retrouve l'équipe bien huilée et dominante d'il y a quelques mois. Pour le Standard, ce sera le tout premier gros test de la saison. Notamment pour la nouvelle défense centrale, avec Laurent Ciman et Victor Ramos. J'espère que le choc restera purement sportif, mais je ne le sens pas ! A Westerlo, Dominique D'Onofrio a fait jouer Mémé Tchité et Gohi Bi Cyriac qui a marqué les deux buts. C'est bien mais je m'interroge sur la gestion du noyau. Est-ce qu'on a déjà fait jouer trois fois le même duo offensif ? Il y a eu Luigi Pieroni-Eric Bokanga, Tchité-Aloys Nong et d'autres encore. Le Standard a maintenant trop de joueurs pour les mêmes places, l'entraîneur fait plaisir à tout le monde mais ça peut faire exploser un vestiaire. Il faudrait dégager très vite une équipe type et établir une hiérarchie. Sébastien Pocognoli a dû attendre qu'il y ait deux blessés en défense pour rejouer. Normalement, un joueur pareil doit être titulaire chaque semaine. S'il ne l'était pas, il devait y avoir de bonnes raisons. Il a les qualités mais est-il assez adulte ? Le succès ne lui est-il pas monté à la tête ? On dit qu'il a eu des problèmes avec Dominique ; c'est clair que Poco n'est pas un gars facile : il l'a prouvé en équipe nationale.Johan Cruijff a été impitoyable dans son analyse de l'Ajax actuel. Pour lui, tout est à jeter. Il a vu deux matches : contre le Real et Willem II. Et il se base là-dessus pour dire qu'on n'a rien fait de tous les projets de rénovation annoncés dans un grand rapport interne il y a deux ans. Pour lui, l'Ajax d'aujourd'hui est complètement dramatique. La formation des jeunes n'est pas bonne, on achète des joueurs qui ne servent à rien, le système ne ressemble à rien, etc. Il dit que cet Ajax est encore plus mauvais que celui du début des années 60, avant l'arrivée de Rinus Michels et l'ascension vers la gloire européenne. Cruijff a raison sur certains points mais va beaucoup trop loin. L'Ajax s'est encore battu pour le titre la saison dernière et est habitué à la CL. Cruijff ne voit pas qu'un club hollandais ne peut pas retenir longtemps un très bon joueur parce que des équipes étrangères sont à la chasse. Il voudrait encore que l'Ajax soit une référence européenne de beau jeu, mais est-ce réaliste ? Il n'est pas possible de dicter le ton à toute l'Europe quand on a des moyens aussi limités. Le bilan du Club ne ressemble à rien : quatre défaites en neuf matches, 13 points sur 27. Si on fait son bilan depuis le début de l'année civile, il n'a pas pris la moitié des points. Ça joue généralement bien, c'est technique et beau à voir, il y a de l'enthousiasme et on offre du plaisir aux spectateurs. Le nouveau back gauche Junior Diaz est très beau à voir jouer, il y a Ronald Vargas, Wilfried Dalmat, Vadis Odjidja, Nabir Dirar et d'autres. Mais ce sont des footballeurs pour des matches par beau temps, quand tout va bien. Le problème est surtout mental. Quand l'équipe déroule, on commence à faire n'importe quoi : on essaye des petits ponts, on soigne les egos, on joue pour le public. Et on devient extrêmement nonchalant. Le match au Beerschot l'a bien illustré. C'est impardonnable de perdre quand on a longtemps mené 0-1. L'adversaire a égalisé, et toutes les têtes se sont baissées au Club, on n'a plus su appuyer sur la pédale des gaz et on a perdu. Une équipe qui vise haut doit avoir plus de personnalité. Ce qu'on vient de voir à Charleroi et à Eupen est sidérant. Qu'on y ajoute le niveau du match Charleroi-Lierse et ça fait une fameuse réclame ! Les dirigeants veulent intervenir dans les choix sportifs, les entraîneurs viennent puis s'en vont, c'est n'importe quoi. Je me demande combien de temps Csaba Laszlo va tenir. C'est une forte personnalité, et je crains qu'il y ait vite des clashes avec la direction. Il faut croire que certains coaches étrangers ne savent pas comment ça se passe dans certains de nos clubs avant d'y accepter un contrat. Ils se contentent d'une courte discussion avec le président, puis signent. Sans prendre d'autres renseignements. C'est aussi étonnant que le retour de Jacky Mathijssen pendant l'été : il connaissait parfaitement la maison, pourquoi a-t-il accepté de revenir ? La foire continue aussi à Eupen. On peut toujours discuter du choix d' EziolinoCapuano comme coach, mais lui au moins, il a refusé les interventions de sa direction dans les choix sportifs. Quand on voit tout ça, on a l'impression d'être en Provinciale. Albert Cartier est habitué aux missions impossibles mais je crains que celle-ci le soit vraiment. Il n'y a pas assez de qualités dans le noyau d'Eupen. Et comment va réagir un groupe en face d'un troisième entraîneur en quelques semaines ? C'est déstabilisant. Le Lierse va vite remonter. Eric Van Meir a directement pris quatre points dans deux matches compliqués : contre Anderlecht et à Charleroi où la pression était énorme. Là-bas, en plus, Wesley Sonck et Benjamin Nicaise étaient absents. Van Meir a compris que la manière n'avait aucune importance, que seuls les points comptaient.Je ne prendrai pas la victoire contre Saint-Trond comme référence, parce que cette équipe-là était vraiment très faible, mais j'aime bien ce que fait Francky Dury. Son équipe a été assez vite efficace. Son football n'est pas encore très spectaculaire, elle a encore du mal quand elle doit faire le jeu, le ballon ne circule pas comme il devrait le faire, mais Gand peut gagner des matches en étant privé de piliers comme Christophe Lepoint, Yassine El Ghanassyet Bernd Thijs. Ibrahima Conte a été bon contre Saint-Trond et ce n'était pas une première. Il n'a que 19 ans mais une belle créativité dans les pieds. Je suis persuadé qu'il peut faire mal si Dury le maintient dans l'équipe... même lorsque les blessés reviendront. PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE DANVOYE