1 Maradona n'est pas un grand coach

Face à l'Allemagne, Diego Maradona passait son premier véritable test en matière de coaching dans cette Coupe du Monde et ce fut un flop de dimension. 4-0 sans qu'on n'y trouve rien à redire, voilà qui fait tache. Le sélectionneur argentin avait déjà essuyé pas mal de critiques avant la phase finale, vu que son équipe n'était parvenue à se qualifier que sur le fil. En Afrique du Sud, la faiblesse du groupe B, avec le Nigeria, la Grèce et la Corée du Sud, n'avait pas permis de juger ses compétences. Idem dans une moindre mesure face au Mexique en huitième de finale. Et devant l'Allemagne, quel fiasco !
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Face à l'Allemagne, Diego Maradona passait son premier véritable test en matière de coaching dans cette Coupe du Monde et ce fut un flop de dimension. 4-0 sans qu'on n'y trouve rien à redire, voilà qui fait tache. Le sélectionneur argentin avait déjà essuyé pas mal de critiques avant la phase finale, vu que son équipe n'était parvenue à se qualifier que sur le fil. En Afrique du Sud, la faiblesse du groupe B, avec le Nigeria, la Grèce et la Corée du Sud, n'avait pas permis de juger ses compétences. Idem dans une moindre mesure face au Mexique en huitième de finale. Et devant l'Allemagne, quel fiasco ! Jouer avec un seul élément récupérateur, Javier Mascherano, contre une formation incisive de partout, c'était courir au suicide. Il aurait été plus inspiré en titularisant d'emblée Juan Sebastian Veron à ses côtés, à défaut d'un EstebanCambiasso, qu'il avait choisi de laisser à la maison mais qui lui aurait été utile dans une rencontre de cette importance. Et vu la passivité de la défense, je ne comprends pas non plus comment il a pu faire l'impasse sur un Javier Zanetti, véritable orfèvre polyvalent. Le coach des Albiceleste a manqué de feeling à tous niveaux. Dunga, qui pouvait lui aussi espérer gagner la Coupe du Monde comme entraîneur après l'avoir emportée comme joueur, a lui aussi dû déchanter. Dans son cas, je ne parlerais toutefois pas d'erreur en matière de stratégie. Si le Brésil a été éliminé, c'est dû à un mental qui n'était pas à la hauteur. Les Auriverde n'ont tout simplement pas su réagir dans l'adversité, eux qui n'avaient jamais été poussés dans leurs derniers retranchements auparavant. On attendait quasiment de Lionel Messi qu'il offre la Coupe du Monde à son pays, à l'image de ce que Diego Maradona avait réussi en 86. Mais les temps ont changé. Dans le football d'aujourd'hui, un joueur ne peut faire la différence que s'il s'appuie sur un tout bon collectif. C'est ce qui explique la réussite d'un David Villa ou d'un Miroslav Klose. En revanche, bon nombre de solistes ont été lâchés par leur orchestre. Je songe à Wayne Rooney, victime d'un collectif anglais catastrophique. Ou Cristiano Ronaldo, qui n'a jamais été sur la même longueur d'onde que ses équipiers. A ceux-là, on peut encore ajouter un Didier Drogba ou un Samuel Eto'o. Leurs formations manquaient tout simplement de répondant pour durer. Je m'en voudrais, au nombre des individualités marquantes, de ne pas citer un attaquant qui m'a tout particulièrement plu : Diego Forlán. Personne n'aura réussi mieux que l'Uruguayen à apprivoiser le fameux Jabunali. Echanges courts ou longs, en force ou en finesse, le ballon a pour ainsi dire toujours abouti dans les bons pieds avec lui. Ce qui n'est pas un mince mérite vu le taux élevé de déchets relevé. Comme moi, jadis, Olivier Doll a décidé de mettre un terme à sa carrière à 37 ans fraîchement sonnés. Il a été mon partenaire à Anderlecht de 1994 à 96 et je garde de lui le souvenir d'un stoppeur solide qui se doublait d'un garçon très attachant. Si Oli a été actif sur les terrains pendant plus de 20 ans, c'est parce qu'il était à la fois conscient de ses qualités et de ses défauts. Tout au long de ses années au Sporting, il a souvent dû composer avec une concurrence soi-disant plus forte que lui. Mais il a toujours fini par prendre le dessus pour rebondir de plus belle. Et je ne doute pas un seul instant qu'il en ira de même dans sa nouvelle vie. Ce sont les deux meilleures équipes de la compétition. Des machines bien huilées, rehaussées par quelques individualités marquantes : non seulement les buteurs cités plus haut mais aussi des individualités de la trempe de Mesut Özil ou Sami Khedira d'un côté ou de Xavi et AndresIniesta de l'autre. Difficile de faire un pronostic, tant ces équipes se tiennent de très près. J'accorderai toutefois un petit avantage à l'Allemagne, dans la mesure où elle a passé la surmultipliée ces derniers mois, à l'échelon de ses plus grands clubs et de l'équipe nationale. Il y a une bonne année à peine, le FC Barcelone avait fait joujou avec le Bayern Munich sur ses terres, en Ligue des Champions : 4-0. Douze mois plus tard, le Barça était étrillé par l'Inter Milan, tombeur des mêmes Bavarois en finale. Hollande-Uruguay en demi-finale de la Coupe du Monde, c'est la preuve qu'il y a de la place, au plus haut niveau, pour des petites nations. Car avec 16 et 5 millions d'habitants, elles contrastent avec l'Allemagne et l'Espagne, nettement plus peuplées. Le constat est d'ailleurs d'application à d'autres pays comme le Ghana et le Paraguay. Comme quoi, il ne faut pas nécessairement être grand pour être fort.Pourquoi ne serait-il pas possible d'imiter l'Uruguay ? La Celeste s'appuie sur deux individualités, Luis Suarez et Diego Forlán, et un collectif sans faille. Grâce aux qualités d'organisateur de Georges Leekens, les Diables Rouges seront en mesure de présenter un jour un onze des plus soudés sur le terrain. Et qu'ils pourront, eux aussi, créer la surprise quand des avants comme Eden Hazard ou Romelu Lukaku auront suffisamment de planches. PROPOS RECUEILLIS PAR BRUNO GOVERS- PHOTOS: REPORTERS