1. La commission des licences plus condamnable que l'Excel

Et c'est sans doute reparti pour un championnat tronqué avec 15 équipes si Mouscron ne peut pas terminer la saison. C'est donc ça, la réforme ? Une fois de plus, on court derrière les événements. Ivan De Witte dit qu'il faut durcir les conditions de la licence : ben oui, il est temps. La Ligue pro réagit toujours trop tard, elle n'anticipe jamais. A la commission des licences, on se défend en disant que Mouscron répondait à tous les critères en fin de saison dernière. Qu'on change d'urgence ces critères, alors ! Qu'on soit simple une fois pour toutes : un club est viable ou ne l'est pas.
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Et c'est sans doute reparti pour un championnat tronqué avec 15 équipes si Mouscron ne peut pas terminer la saison. C'est donc ça, la réforme ? Une fois de plus, on court derrière les événements. Ivan De Witte dit qu'il faut durcir les conditions de la licence : ben oui, il est temps. La Ligue pro réagit toujours trop tard, elle n'anticipe jamais. A la commission des licences, on se défend en disant que Mouscron répondait à tous les critères en fin de saison dernière. Qu'on change d'urgence ces critères, alors ! Qu'on soit simple une fois pour toutes : un club est viable ou ne l'est pas. Maintenant, je peux comprendre l'obstination de l'Excel : puisque les règlements lui permettent d'aller en appel, il y va. C'est comme un homme qui ne sait pas nager et est en plein milieu d'une piscine : il va faire n'importe quoi pour rejoindre le bord, tous les moyens lui seront bons. En attendant, tout cela est encore très mauvais pour l'image de notre football à l'étranger.-A l'UEFA, Michel Platini et Jean-Luc Dehaene ont juré de tout faire pour limiter les dérives financières, en plafonnant par exemple la part du budget que les clubs pourront encore consacrer aux salaires des joueurs. Ils parlent de 60 %. Je crains qu'en Belgique, beaucoup de clubs soient plus haut que ce pourcentage. -Autre bonne décision de l'UEFA : avoir retiré trois points à Zagreb en Europa League, suite aux débordements de ses supporters à Timisoara. Un club, dont les supporters sont une composante, a donc le devoir de les éduquer et de les encadrer. La seule façon de leur faire mal, c'est de leur retirer des points. C'est aussi une manière d'éviter des drames encore plus graves.Bruges va à Sclessin ce week-end et c'est une belle occasion pour Axel Witsel de montrer qu'il est sur le chemin du retour. Il y a 10 mois qu'il a reçu le Soulier d'Or, et depuis janvier, on n'a jamais revu le Witsel d'avant : le joueur spontané qui privilégiait le jeu simple et trouvait toujours la bonne solution au bon moment. Mais il ne faut pas se faire non plus trop d'illusions : il ne reviendra pas au sommet du jour au lendemain. Il doit raisonner à plus long terme et viser la régularité en 2010. -Les dynamiques sont complètement différentes au Standard et au Club. Tous les pépins s'accumulent pour les Liégeois (pas beaucoup de réussite, des blessures, des résultats décevants) alors que tout tourne pour les Brugeois. Si le Standard ne gagne pas ce match, ce ne sera pas encore dramatique au classement mais ça ferait mal dans les têtes, ce serait un coup de plus à un moral déjà bien atteint en championnat. Il a besoin d'une victoire dans un gros match pour sortir de la spirale négative.Notre Coupe continue à s'égarer. Il faut commencer par supprimer le tirage dirigé. S'il y a des affiches entre des clubs de D1 dès le premier tour, ça passionnera déjà plus le public. Et c'est quoi, ces équipes B ? Que le Standard fasse jouer des réservistes contre le Lierse, je peux le comprendre, vu son programme et le nombre de blessés. Mais que le Lierse fasse la même chose, ça me sidère. Comme si le fait d'aligner sa meilleure équipe l'aurait handicapé en championnat de D2 ! C'est n'importe quoi. Un club pareil peut signer une saison historique en allant loin en Coupe mais il met directement ses chances au bac. Ce premier tour a été un faux départ sur toute la ligne.-Partout en Europe, il y a des surprises aux premiers tours de la Coupe. Par exemple, le Real s'est fait étriller 4-0 par une D3. Chez nous, rien de spectaculaire la semaine passée. Je n'ai vu que du négatif dans ces matches. Où y a-t-il eu plus de 5.000 spectateurs ? Même pas à Saint-Trond - Genk. Si le Sporting bat Timisoara ce jeudi, il passe l'hiver européen. Je suis allé au match contre Lokeren et j'en retiens d'abord que la différence a été faite par Silvio Proto et Romelu Lukaku. Les joueurs qui occupent les postes les plus importants. Une équipe a beau jouer un très bon match, elle a peu de chances de gagner si elle n'a personne pour mettre les occasions au fond et pas un gardien qui arrête tout. Mais je n'ai pas vu que des bonnes choses à Anderlecht. Bouba Saré et Kanu dans l'entrejeu, c'est trop court pour viser haut. Ils ont une position cruciale pour l'équilibre général de l'équipe mais je les ai trouvés trop brouillons et ils ont pris trop de mauvaises décisions. Saré était toujours trop proche de sa défense : cela l'empêchait de mettre la pression sur Lokeren en possession de balle et ça permettait à l'adversaire de repartir facilement en perte de ballon. -Lokeren méritait mieux que la défaite. Avec Lukaku dans l'autre camp, le score est peut-être inversé. Jacky Mathijssen peut être l'homme de la situation. Il a déjà complètement transformé cette équipe qui a assez de potentiel pour remonter vite dans la colonne de gauche.Samedi, la démission de Stéphane Demol à Charleroi faisait l'actualité partout mais le club refusait de communiquer : c'est très bizarre. Les joueurs et le staff technique n'avaient pas le droit de s'exprimer sur le sujet, et la direction se cachait. A côté de ça, Habib Habibou a provoqué son banc après avoir marqué. C'est le genre d'incidents dont notre football n'a surtout pas besoin. Demol va manquer parce qu'il aurait pu être un vrai enrichissement pour notre championnat. Il a une expérience que beaucoup de coaches n'ont pas : il a travaillé dans plusieurs clubs, dans plusieurs pays et dans plusieurs fonctions. Il a aussi une personnalité et un côté aventurier. Et il sait faire quelque chose quand les circonstances sont défavorables. En plus, c'est un grand professionnel. -Le clash entre Demol et sa direction à propos d'Adlène Guédioura a montré une nouvelle fois que c'est très difficile de travailler comme coach à Charleroi. Demol ne s'est pas senti soutenu quand on a remis Guédioura de force dans le noyau et sa crédibilité en a pris un coup.PROPOS RECUEILLIS PAR BRUNO GOVERS