Une figure de poupon, des joues bien gonflées, un front proéminent, un nez qu'on ne rate pas et une propension à l'embonpoint. " Ma copine m'interdit de manger des sandwiches car cela me fait grossir et après je prends des amendes par le club pour excès de poids ". On croirait Santiago Cazorla sorti des jupes de sa mère mais, dans la droite ligne des toreros espagnols, il n'a peur de rien. Ainsi, lorsqu'il débarque au stage de la sélection espagnole juste avant l'Euro, il ne se cache pas. Il aurait pu. Car il débarque de nulle part. Aucune sélection au compteur et pourtant, il est préféré à Raul dans la liste des 23 Espagnols appelés à écrire l'histoire un mois et demi plus tard.
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Une figure de poupon, des joues bien gonflées, un front proéminent, un nez qu'on ne rate pas et une propension à l'embonpoint. " Ma copine m'interdit de manger des sandwiches car cela me fait grossir et après je prends des amendes par le club pour excès de poids ". On croirait Santiago Cazorla sorti des jupes de sa mère mais, dans la droite ligne des toreros espagnols, il n'a peur de rien. Ainsi, lorsqu'il débarque au stage de la sélection espagnole juste avant l'Euro, il ne se cache pas. Il aurait pu. Car il débarque de nulle part. Aucune sélection au compteur et pourtant, il est préféré à Raul dans la liste des 23 Espagnols appelés à écrire l'histoire un mois et demi plus tard. " Pour quelqu'un de son âge, il agit comme s'il avait été toujours là ", explique à l'époque son coéquipier, le défenseur Joan Capdevila, " Il est très sûr de lui et il a surpris tout le monde par sa gestion de la situation. Chaque jour, il évolue et grandit comme joueur ". Et le voilà en train de fouler les pelouses suisses et autrichiennes, dans un rôle de joker de luxe. 27 minutes contre la Russie, 31 contre la Suède, 32 contre la Grèce, 60 contre l'Italie (et un penalty réussi lors de la séance de tirs au but), et pour couronner le tout, 25 minutes en finale. A chaque fois, le lutin de Villareal (1m68), apporte ses qualités sur le flanc. " Il peut tout faire. Il sait jouer des deux pieds et peut donc évoluer sur les deux côtés ", ajoute Capdevila. A 23 ans, Cazorla, natif d'un petit village des Asturies, a confirmé tout le bien que la presse espagnole pensait de lui depuis qu'il avait pointé le nez en équipe première de Villareal, à 18 ans. C'est l'époque des débuts européens du Yellow Submarine, le sous-marin jaune qui allait d'abord briller en UEFA avant d'atteindre les demi-finales de la Ligue des Champions. Tout le monde louait cette équipe articulée autour de Diego Forlan, chef de file de la colonie sud-américaine, et de ses deux jeunes pépites, Cazorla et Hector Font. Pourtant, ce n'est pas à Villareal que Cazorla confirme. A l'aube de la saison 2006-2007, le club de la région de Valence décide de le vendre aux promus de Huelva pour 600.000 euros avec une clause de retour à Villareal fixée à 1,2 millions. La vidéo de ses exploits andalous circule encore sur le net. Sous l'entraîneur Marcelino, il explose. Pied gauche, pied droit, roulettes, dribbles, passements de jambes, frappes pures, Cazorla possède toute la panoplie du parfait dribbleur. A l'issue de la saison, Huelva termine à une surprenante huitième place et le magazine Don Balon élit Cazorla joueur de la saison devant, pardonnez du peu, Lionel Messi et Daniel Alves, à l'époque à Séville. Il n'en faut pas plus pour que Villareal rapatrie le gamin. Une saison plus tard, le voilà qui intègre le groupe espagnol et une victoire à l'Euro plus tard, le voilà courtisé par les plus grands. C'est d'abord l'AS Roma qui lui fait les yeux doux. Puis le Real Madrid. " Quand une équipe comme le Real Madrid veut vous transférer, évidemment que cela fait plaisir et que cela donne envie d'y aller ", lâche Cazorla. La clause de départ est fixée à 16 millions d'euros, ce que le Real est prêt à débourser. D'autant plus prêt que l'autre dossier principal menant à David Villa est en train de capoter. Et pourtant, Cazorla est resté à Villareal qui s'est rendu compte que pour grandir, il avait besoin de son petit ailier. Le club fixe finalement le prix de son départ à 28 millions d'euros. Le dossier se ferme de lui-même et Cazorla resigne un nouveau bail à Villareal, avec l'envie d'aller chercher le titre. " L'année passée, on a lutté jusqu'au bout avec le Real. Cette année, on sent une certaine euphorie. On veut décrocher le titre ", affirme Cazorla lors de la signature de son nouveau contrat. par stéphane vande velde