"Il a besoin d'entendre les travées crier Kun, Kun, Kun pour se sentir pousser des ailes et commencer son numéro ", écrivait récemment le mensuel espagnol Don Balon dans un article portant sur le nouveau phénomène argentin Sergio Agüero. Ce même petit prodige qu'Anderlecht avait tenté d'attirer mais qu'il avait dû laisser filer à la concurrence vu son prix... Et on comprend mieux pourquoi cet énième héritier de Diego Maradona est parti pour l'Atletico Madrid pour la modique somme de 22 millions d'euros et qu'Anderlecht a hérité, à la place de... Christian Leiva.
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"Il a besoin d'entendre les travées crier Kun, Kun, Kun pour se sentir pousser des ailes et commencer son numéro ", écrivait récemment le mensuel espagnol Don Balon dans un article portant sur le nouveau phénomène argentin Sergio Agüero. Ce même petit prodige qu'Anderlecht avait tenté d'attirer mais qu'il avait dû laisser filer à la concurrence vu son prix... Et on comprend mieux pourquoi cet énième héritier de Diego Maradona est parti pour l'Atletico Madrid pour la modique somme de 22 millions d'euros et qu'Anderlecht a hérité, à la place de... Christian Leiva.Car, en deux saisons, Agüero a tout simplement fait oublier aux Colchoneros le départ du chouchou local, le capitaine Fernando Torres, parti à Liverpool. Arrivé d'Independiente à l'été 2006, Agüero suscitait déjà beaucoup d'espoirs. Son prix élevé mais aussi sa réputation le précédaient. Agüero, c'est en effet deux titres de champion du Monde des - 20 ans en 2005 et 2007. C'est aussi quelques records, comme celui du transfert argentin le plus cher (lorsqu'il quitta Independiente - où il a croisé les Anderlechtois Nicolas Frutos et Lucas Biglia - pour l'Atletico) ou celui du plus jeune footballeur à être aligné dans le championnat argentin. A l'époque, il avait 15 ans et 35 jours et succédait à la légende Maradona. C'est enfin un style : vif et technique. Buteur et passeur (22 buts en 52 matches en Argentine). Voilà pour ses débuts tonitruants dans le championnat argentin. Et les meilleurs clubs européens de se mettre sur les rangs pour convaincre le jeune attaquant de s'exiler. En avril 2006, le président d'Independiente a beau jurer ses grands dieux qu'Agüero ne partirait pas, le voilà en train de boucler ses valises dès le mois de juillet. L'Atletico venait de brûler la politesse au Bayern de Munich, à Liverpool et... à Anderlecht. La première saison fut celle de l'adaptation. Associé le plus souvent à Fernando Torres, il dut vivre dans l'ombre d' El Niño. Six buts en 38 matches de Liga. " Un footballeur aussi jeune que lui avait besoin d'un temps d'adaptation ", se défendait le président des Rojiblancos, Enrique Cerezo, " Maintenant, il est acclimaté à Madrid et à notre pays. C'est déjà un numéro un mais bientôt, il fera partie des grandes figures du football mondial. Et il est à l'Atletico ! ". C'était en début de saison et la prophétie du président s'est largement vérifiée. Car, depuis le départ de Fernando Torres, il forme avec Diego Forlan, transféré de Villareal, une des meilleures paires d'attaque du championnat espagnol. " Agüero est un attaquant atypique ", précisait Don Balón, " Il joue comme un gaucher avec le pied droit ". Quant à son coéquipier colombien, Luis Amaranto Perea, il use d'une toute autre métaphore : " Le Kun, tu lui donnes un saucisson, il te le transforme en caviar ". Bref, un centre de gravité très bas (1,74m pour 74 kg), une technique imprévisible, une vitesse impressionnante (qui se base avant tout sur sa première accélération) et surtout un sens du but affiné. Cette saison, il a trouvé le chemin des filets à 20 reprises (14 en championnat et 6 en UEFA). Soit déjà mieux que Torres sur les trois dernières saisons (il n'y a qu'en 2004 qu' El Niño avait surclassé Agüero en plantant 19 buts en Liga). Sur le plan footballistique, le défi était relevé. Il ne lui restait plus qu'à remplacer Torres dans les c£urs des supporters. Pour cela, vous prenez un match de légende et vous rajoutez quelques larmes et le tour est joué. Le match de légende : la victoire 4-2 contre Barcelone. Ce jour-là (le 1er mars), il est à l'origine des quatre buts, inscrivant même le premier et le dernier, sur lequel il passe en revue toute la défense barcelonaise. " Le match de ma vie ", déclare-t-il par la suite. Il lui restait à émouvoir les Espagnols. Celui qui tient son surnom ( Kun) du dessin animé coréen qu'il regardait lorsqu'il était enfant, en trouva l'occasion, lorsqu'il se mit à pleurer, en direct à la radio qui l'avait mis en communication avec son père. Le voilà donc adoubé nouvelle mascotte. Les maillots floqués de son nom se vendent comme des petits pains. 15.235 tuniques ont été écoulées cette saison, soit 60 % du total des maillots vendus. Et comme une légende en marche ne s'arrête pas, Agüero s'accroche aux symboles. Au même titre que Juan Roman Riquelme ou Lionel Messi, Agüero fait partie des héritiers du grand Maradona. On lui cherche des points communs. Mais, il ne faut pas chercher bien loin. Lui aussi a marqué un but de la main ( La mano del Kun le 14 octobre 2006 contre Huelva). Lui aussi a un caractère explosif (trois cartons rouges) et lui aussi est devenu l'homme à abattre par l'adversaire. Le quotidien sportif El Mundo deportivo n'a d'ailleurs pas hésité à titrer " La chasse au Kun " en faisant référence aux nombreuses fautes dont est victime Agüero. par stéphane vande velde- photo : reporters