Manuel Jous hante nos ondes hertziennes depuis l'été 95. 12 ans de service public, de chamboulements (comme le passage de l'info sportive de la Première vers Vivacité) et de fidélité sans borne à son média bien-aimé.
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Manuel Jous hante nos ondes hertziennes depuis l'été 95. 12 ans de service public, de chamboulements (comme le passage de l'info sportive de la Première vers Vivacité) et de fidélité sans borne à son média bien-aimé. Qu'est-ce qui vous a menée jusqu'aux portes de Reyers ?Mon stage de deuxième licence en journalisme à l'ULB. La désignation des stages se fait par tirage au sort. Je m'étais inscrit, en avance, au service francophone de la BBC, mais quand j'ai su que je pouvais le faire au sein du service sport radio de la RTBF, j'ai demandé de permuter. La décision avait de quoi surprendre les professeurs... Ensuite, j'ai suivi le schéma classique : le test de recrutement peu après mon stage (d'où sont sortis notamment Laurent Bruwier et Olivier Gaspard) et j'ai couvert mon premier match de football mi-septembre 1995. C'était un Beerschot-La Louvière en D2... Vous voyiez-vous dans une autre branche de l'information ? Non pas vraiment. Adolescent, j'avais déjà l'envie de faire ce métier. J'étais un véritable passionné de sport, et du foot en particulier. Je me rappelle que je faisais mes propres tableaux de pronostics des rencontres du week-end ! Et pourquoi la radio plus que la TV ?Ce qu'il y a de formidable avec ce média, c'est qu'il a su traverser toutes les époques. En radio, on est dans l'immédiateté, la légèreté. Et avec un support extrêmement sobre. Le travail est varié : on passe constamment d'un commentaire en direct à un billet pour les journaux parlés. Ce sont deux démarches différentes, que ce soit dans le ton ou dans le travail d'écriture. On a le sentiment qu'il y a plus décontraction en radio, en tout cas elle est plus perceptible qu'en télé.Pourtant, il n'y a aucune consigne en ce sens. On veut essentiellement être sérieux dans la description, dans l'analyse, sans passer pour autant pour des donneurs de leçons. En télévision, il faut tenir compte de l'image tandis qu'en radio, il n'y a pas de discontinuité dans le commentaire. On se laisse parfois aller, ce qui rend l'approche plus conviviale. Vous avez parfois dû vous débrouiller avec les moyens du bord. Des souvenirs épiques ?J'ai connu quelques moments loufoques comme lors d'un match des Diables en Egypte. Rien ne fonctionnait. Avec Thierry Luthers, on s'est passé le cornet de téléphone à tour de rôle pour commenter la rencontre ! En plus, on n'y voyait rien, j'ai dû passer la majorité du direct debout sur la table. THOMAS BRICMONT