Flashback 7 avril 2018. Man City reçoit son encombrant voisin de Man United. En cas de victoire, les Citizens seront champions d'Angleterre. Pour la première fois, ils peuvent pousser l'orgasme jusqu'à son paroxysme. L'être à domicile contre l'ennemi. 2-0 à la mi- temps avec un but de Vince the Prince. De bon augure. C'est déjà lui qui, en 2011, avait marqué le seul but dans le même derby. Et City passait devant à deux journées de la fin pour finir champion.

Mais en ce 7 avril, Manchester United s'impose 2-3 dans une ambiance de cathédrale. Le public de City est aphone toute la deuxième mi-temps. Surréalisme de passivité. Le titre sera conquis huit jours plus tard. Mais le mal est fait. Ce diable de Mourinho est passé par là. Soit. La question qui me hante avant ce derby de cette nouvelle saison est : " et si Guardiola était coach de Man United et Mourinho de Man City qu'en serait-il ? "

Un début de réponse est donné par le taximan qui me conduit au match : " Je hais Man City mais parfois j'aimerais qu'on joue comme eux. J'aimerais être fier de notre football. " C'est vrai que le gouffre n'a jamais été aussi grand. City joue toujours pour mettre quatre buts de plus que l'adversaire, United pour en encaisser un de moins.

Mais on se dit aussi qu'avec Mourinho, City aurait peut-être déjà gagné la Ligue des Champions et, sûr et certain, n'aurait jamais encaissé six buts en deux matchs face a Monaco dans cette même compétition il y a deux ans. D'ailleurs, Mou a encore frappé cinq jours plus tôt du côté de Turin.

Aucun scrupule, ni état d'âme, à défendre dans ses 16 mètres. Avec la victoire au bout, on pardonne tout. Ce dimanche, pas de grand pardon mais un profond sentiment de néant. Partagé par tous les collègues venus de tous les continents. Dans la salle d'interview, en attendant nos " clients ", le discours est le même dans toutes les langues. Comment est-ce possible de tomber si bas ? De ne pas se créer une seule occasion ?

De vouloir anesthésier le jeu, avec trois récupérateurs. Dont notre Marouane national qui a beaucoup récupéré mais peu distribué. Ce n'est pas son rôle. Et là, on se dit que c'est au coach de distribuer les bons rôles aux bons acteurs. Dans leurs registres.

Dans son onze de base, Mourinho avait deux joueurs qu'il a fait venir. Guardiola sept. Aveu d'un directeur de casting dépassé par la réalité. Celle de sa troisième saison. Avec Pep, l'équipe se bonifie avec le temps, avec José ça ne dure qu'un temps. Deux ans. Pas plus. Pendant que Pep épanouit, José vampirise.

Mais Mourinho sait aussi vampiriser ses adversaires. Il n'en sera rien ce dimanche. Le grand Manchester United devient un partenaire de jeu. Ce club qui a écrit l'histoire en devient un détail. Un faire-valoir. Qui fait ce qu'il peut. Plus ce qu'il veut. Ce derby a tellement été géré qu'il a du mal a être digéré par les gastronomes du ballon rond.

City a imprimé un rythme sans rythme. Trop facile. Trop facile pour les esthètes, trop docile pour les athlètes. Man City joue au foot, fait jouir le ballon pendant que Man United court derrière ce même ballon qui ne les aime plus, à force d'être maltraité.

Les conteurs contre les comptables. À l'image de leur coach respectif. L'homme des mots contre l'homme des chiffres. Guardiola écrit des histoires, Mourinho remplit une déclaration fiscale. L'un vise l'émotion, l'autre les déductions.

Et, tant qu'on parle d'argent : lors du dernier verre entre collègues j'ose parler du Footleaks. Gros malaise. Comme si c'était normal. J'ose m'indigner. J'ose rappeler que même si City régale, la manière dont le club construit son destin n'est guère respectable.

La manière dont Guardiola construit sa légende avec de l'argent venu des tréfonds du nauséabond nous fait mal a la décence. Un confrère venu du pays du Footgate a la belge ose se montrer solidaire avec un accent néerlandophone dans son anglais parfait. Il parle des 300.000 euros de salaire hebdomadaire de RaheemSterling. Je me sens moins seul.

La Belgique est solidaire. Normal, demain on sera dans le même avion. Celui de l'indignation mais pas des illusions perdues.

Flashback 7 avril 2018. Man City reçoit son encombrant voisin de Man United. En cas de victoire, les Citizens seront champions d'Angleterre. Pour la première fois, ils peuvent pousser l'orgasme jusqu'à son paroxysme. L'être à domicile contre l'ennemi. 2-0 à la mi- temps avec un but de Vince the Prince. De bon augure. C'est déjà lui qui, en 2011, avait marqué le seul but dans le même derby. Et City passait devant à deux journées de la fin pour finir champion. Mais en ce 7 avril, Manchester United s'impose 2-3 dans une ambiance de cathédrale. Le public de City est aphone toute la deuxième mi-temps. Surréalisme de passivité. Le titre sera conquis huit jours plus tard. Mais le mal est fait. Ce diable de Mourinho est passé par là. Soit. La question qui me hante avant ce derby de cette nouvelle saison est : " et si Guardiola était coach de Man United et Mourinho de Man City qu'en serait-il ? " Un début de réponse est donné par le taximan qui me conduit au match : " Je hais Man City mais parfois j'aimerais qu'on joue comme eux. J'aimerais être fier de notre football. " C'est vrai que le gouffre n'a jamais été aussi grand. City joue toujours pour mettre quatre buts de plus que l'adversaire, United pour en encaisser un de moins. Mais on se dit aussi qu'avec Mourinho, City aurait peut-être déjà gagné la Ligue des Champions et, sûr et certain, n'aurait jamais encaissé six buts en deux matchs face a Monaco dans cette même compétition il y a deux ans. D'ailleurs, Mou a encore frappé cinq jours plus tôt du côté de Turin. Aucun scrupule, ni état d'âme, à défendre dans ses 16 mètres. Avec la victoire au bout, on pardonne tout. Ce dimanche, pas de grand pardon mais un profond sentiment de néant. Partagé par tous les collègues venus de tous les continents. Dans la salle d'interview, en attendant nos " clients ", le discours est le même dans toutes les langues. Comment est-ce possible de tomber si bas ? De ne pas se créer une seule occasion ? De vouloir anesthésier le jeu, avec trois récupérateurs. Dont notre Marouane national qui a beaucoup récupéré mais peu distribué. Ce n'est pas son rôle. Et là, on se dit que c'est au coach de distribuer les bons rôles aux bons acteurs. Dans leurs registres. Dans son onze de base, Mourinho avait deux joueurs qu'il a fait venir. Guardiola sept. Aveu d'un directeur de casting dépassé par la réalité. Celle de sa troisième saison. Avec Pep, l'équipe se bonifie avec le temps, avec José ça ne dure qu'un temps. Deux ans. Pas plus. Pendant que Pep épanouit, José vampirise. Mais Mourinho sait aussi vampiriser ses adversaires. Il n'en sera rien ce dimanche. Le grand Manchester United devient un partenaire de jeu. Ce club qui a écrit l'histoire en devient un détail. Un faire-valoir. Qui fait ce qu'il peut. Plus ce qu'il veut. Ce derby a tellement été géré qu'il a du mal a être digéré par les gastronomes du ballon rond. City a imprimé un rythme sans rythme. Trop facile. Trop facile pour les esthètes, trop docile pour les athlètes. Man City joue au foot, fait jouir le ballon pendant que Man United court derrière ce même ballon qui ne les aime plus, à force d'être maltraité. Les conteurs contre les comptables. À l'image de leur coach respectif. L'homme des mots contre l'homme des chiffres. Guardiola écrit des histoires, Mourinho remplit une déclaration fiscale. L'un vise l'émotion, l'autre les déductions. Et, tant qu'on parle d'argent : lors du dernier verre entre collègues j'ose parler du Footleaks. Gros malaise. Comme si c'était normal. J'ose m'indigner. J'ose rappeler que même si City régale, la manière dont le club construit son destin n'est guère respectable. La manière dont Guardiola construit sa légende avec de l'argent venu des tréfonds du nauséabond nous fait mal a la décence. Un confrère venu du pays du Footgate a la belge ose se montrer solidaire avec un accent néerlandophone dans son anglais parfait. Il parle des 300.000 euros de salaire hebdomadaire de RaheemSterling. Je me sens moins seul. La Belgique est solidaire. Normal, demain on sera dans le même avion. Celui de l'indignation mais pas des illusions perdues.