Oxford, ville mythique. Argument de CV imparable. Terreaux de la connaissance. Des blaireaux y sont devenus des " cerveaux " qui ont marqués leur temps. Ils sont devenus économistes, chirurgiens, chercheurs, acteurs, poètes, écrivains ou même Premier ministre. Mais il y en a un qui met tout le monde d'accord. L'homme de tous les records qui, parfois, a eu tort mais aussi presque toujours raison.
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Oxford, ville mythique. Argument de CV imparable. Terreaux de la connaissance. Des blaireaux y sont devenus des " cerveaux " qui ont marqués leur temps. Ils sont devenus économistes, chirurgiens, chercheurs, acteurs, poètes, écrivains ou même Premier ministre. Mais il y en a un qui met tout le monde d'accord. L'homme de tous les records qui, parfois, a eu tort mais aussi presque toujours raison. Il est arrivé docker et y a initié sa légende. Novembre 1986, Oxford United bat Manchester United 2-0. Premier match, première défaite et premier coup de blues du nouveau coach des Red Devils. Un certain Alexander Chapman Ferguson. Son équipe est 20e au classement. Son banc à lui ne sent pas l'encre guidée par l'envie de connaissance. Son banc à lui pue l'alcool, la sueur et les larmes. Un vrai titre de Dr. Feelgood pour résumer les débuts d'un héros qui gagnera tous les titres. Même celui de Sir. Sa Manchester University est née à Oxford. Ce samedi à Wembley, elle écrira une page de son histoire à l'encre de la connaissance de son Maître. Des tonnes de chiffres résument ses succès. Deux suffisent à comprendre son génie. Quand la Premiership voit le jour, Liverpool compte 18 titres de champion. Man U 7. 19 ans plus tard, United Color of Ferguson en compte 19. Ça s'appelle marquer son époque. A coup de buts, de culot et de coups de pompes dans la tronche si nécessaire. Mais il y a un chiffre qui étourdit, qui rend inutiles tous les mots. En 19 saisons, Sir Alex n'a utilisé que 132 joueurs. Inouï. Plus de 1.000 matches avec 132 pèlerins guidés par le prophète vers la terre promise. La ligne directrice c'est la fidélité inculquée à ses boys. Fidélité à ses principes à lui, à leurs couleurs à eux. C'est pas très foot car notre sport est devenu bizness, est devenu chiffre de compte bancaire. Mais pas au pays d'Alex le rouge. Quand il achète, c'est toujours pour une bonne raison, toujours de la qualité. C'est du réfléchi. Très réfléchi. C'est pas pour arrondir des fins de mois, c'est pour alimenter la machine à laminer ses adversaires. Le constat de cette stabilité se retrouve dans le combat. Celui qui se joue, qui se gagne avec la complicité, le vécu, le collectif au-dessus de tout. Savoir qui est l'autre pour se construire une histoire commune. L'histoire commune passe par Wembley et croisera celle des cousins éloignés par la culture mais très proches par celle de la gagne. Manchester rencontre l'usine à rêve. La plus bandante des équipes de l'histoire. Un Barça impressionnant aussi dans la fidélité. Qui les a quittés cet été ? Ibra, Yaya et Titi partis, ça fait quand même du beau monde non ? Mais la fidélité pour l'amour du jeu a compensé les infidélités : Ibrahimovic, Touré et Henry sont partis sans l'essentiel : le génie individuel mis au service d'un collectif tout aussi génial. Et pourtant, on se dit que cette fois, Man U peut le faire. Ferguson tire toujours les leçons de ses rares échecs. Comme la finale de 2009 perdue contre le même Barça. Sûr que celle-ci, il va la préparer au millimètre. Sûr que les 11 heureux qui vont débuter, il va les choisir dans la même mesure. Il va faire dans le subtil, style Chicharito. Dans la finesse sauvage, style Wayne Rooney. Dans la récupération-percussion style Ji-Sung Park. Dans le précieux revenant, style Darren Fletcher. Dans le sublime capitaine au geste toujours juste, style Ryan Giggs. Dans la muraille qui s'échine à ne jamais rien offrir, style Ferdinand- Vidic. Dans la sagesse sans âge ni faiblesse, style Edwin van der Sar. Man U est capable de ne pas laisser le temps au Barça de presser haut, capable par la vivacité et l'intelligence de ses attaquants de mettre le feu dans la mer tranquille catalane. D'y semer la tempête avec ses phases arrêtées. Peu importent ses héros, cette finale va perpétuer la légende. PAR FRÉDÉRIC WASEIGE JOURNALISTE BE/TVA ses débuts en 1986, le banc de Ferguson puait l'alcool, la sueur et les larmes. " J'aime les joueurs qui courent 10 mètres intelligemment au lieu de 50 comme des abrutis " Eric Cantona