Forces. Si l'argent ne fait pas le bonheur, il y contribue largement si on constate la force de frappe acquise par City grâce au pognon du Sheikh Mansour. Vitupérés pour leur timidité offensive, les Citizens ont largement remédié au problème. 69 goals en 27 matches (soit une moyenne de 2,5 buts par rencontre), une armada offensive dans laquelle le nouveau venu Sergio Agüero s'est facilement intégré, Edin Dzeko, arrivé il y a un an, a enfin éclaté et le talent ingérable de Mario Balotelli s'est épanoui. Et dire que City a pu se passer de son atout majeur de la saison précédente, Carlos Tevez. Vous ajoutez le meilleur défenseur de Premier League ( Vincent Kompany), le meilleur gardien ( Joe Hart) et un milieu touffu bien gardé par le général Yaya Touréet le génial David Silva, et vous obtenez une équipe très bien équilibrée.

Faiblesses.Après avoir réalisé une première partie de saison sans faux pas, City parait chercher un second souffle en ce début d'année 2012. Détestée dans toute l'Angleterre (elle a pris le relais de son rival, United), elle doit faire face à des adversaires sur-motivés mais également à une série de suspensions (Kompany, Balotelli, JoleonLescott) que City a jugées injustifiées. La défense dépend beaucoup trop de Kompany et a montré beaucoup de fébrilité en son absence. Certains avaient de longue date pointé un noyau défensif étriqué (un comble !) et le défenseur serbe Stefan Savic, 21 ans, encore un peu tendre, n'a pas convaincu en successeur de Vince the Prince.

On n'en parle pas assez ! Comment ne pas revenir sur l'importance de Touré dans cette équipe ? Pour beaucoup, la réussite de City repose sur la charnière Hart-Kompany-Touré-Agüero. Ce n'est pas pour rien que City a connu son creux au moment où Kompany purgeait sa suspension et Touré disputait la CAN. Comme médian, si Silva est l'inspirateur, c'est Touré le général et métronome. C'est lui qui sonne la charge lorsque son équipe souffre, lui qui sort de la deuxième ligne pour apporter du soutien à l'attaque. Son passage à Barcelone lui a également donné le goût de la victoire. Au sein d'un noyau qui connaît très peu la saveur d'un sacre, l'Ivoirien apparaît en guide. Tant en dehors que sur le terrain. Talent méconnu, il a pris une autre ampleur en signant à City et s'inscrit dans la lignée des grands milieux récupérateurs comme Patrick Vieira.

Coaching.Il en a irrité plus d'un en débarquant en Angleterre. Non pas, par sa personnalité qui collait bien au côté gentleman anglais, mais bien par son style de jeu, jugé bien trop " italien " et pas assez " anglais ", comprenez offensif ! Mais avec le recul, Roberto Mancini a commencé par les fondations (un ensemble organisé défensivement) avant de faire de son équipe bien en place une formation conquérante. Si son quintet défensif ne bouge pas et si son milieu varie peu, il aime changer ses attaquants : un jour, il opte pour Dzeko, un autre pour Balotelli et, enfin, pour Agüero.

Forces. Il y a bien une chose qu'on n'arrivera pas à enlever à Manchester United, du moins tant que sir Alex Ferguson est aux commandes du club, c'est cette faculté à ne rien lâcher. On pensait que le 1-6 infligé par City à Old Trafford allait plonger United dans la crise, même pas. Réaction immédiate également après l'élimination en Ligue des Champions. Même les deux défaites d'affilée durant la trêve de Noël contre Blackburn et Newcastle n'ont pas eu raison des troupes de Ferguson. Et lorsqu'on croyait qu'enfin le fil était rompu après l'élimination en Cup face à l'ennemi de Liverpool et une première mi-temps catastrophique à Chelsea (3-0), United a trouvé les ressources pour revenir dans cette rencontre (3-3) et pour battre Liverpool en championnat. Bref, United n'est pas invincible mais United ne meurt jamais et occupe toujours la deuxième place.

Outre cet ADN de guerrier, United peut également se reposer sur la culture maison symbolisée par Ryan Giggs et Paul Scholes, réveillé de sa retraite à Noël. A eux deux, ils comptent 75 ans mais sont titulaires et importants dans l'effectif de Ferguson. A cela, s'ajoute le successeur Wayne Rooney, encore un autre de ces joueurs que l'adversité n'abat jamais.

Faiblesses. La jeunesse de la défense conjuguée aux blessures, soit récurrentes de Rio Ferdinand et de Nemanja Vidic, soit occasionnelles de Chris Smalling et de Phil Jones, les héritiers déclarés, ont fragilisé l'équilibre et ouvert la porte à une fébrilité inattendue. Les nombreuses absences ont même forcé Ferguson à placer Patrice Evra et Michael Carrick dans l'axe défensif. A cela s'ajoute un problème de gardien. David de Gea, bombardé à 20 ans, successeur d' Edwin van der Sar a commis de nombreuses erreurs et a même dû céder sa place à Anders Lindegaard. Pourtant, de Gea ne manque pas de talent et la roue pourrait même avoir tourné pour lui après un sauvetage cinq étoiles dans le temps additionnel face à Chelsea.

Autre point faible : l'entrejeu a longtemps manqué d'un créateur. Tout venait des flancs ( Nani, Valencia et Ashley Young) mais rien du centre. Le retour de Scholes, que certains verraient bien à l'Euro, a stabilisé cette ligne médiane.

On n'en parle pas assez ! La véritable révélation de cette saison, c'est sans conteste Antonio Valencia. Arrivé de Wigan pour remplacer Cristiano Ronaldo, il a longtemps souffert de cette étiquette trop lourde à porter pour quiconque. Freiné par une grave blessure alors qu'il commençait à trouver ses marques, l'Equatorien est revenu dans le parcours pour complètement exploser cette saison. Utilisé tantôt comme médian droit, tantôt comme back droit, il a dû apprendre les gestes défensifs (qu'il ne maîtrise pas toujours). Aujourd'hui, sa vitesse et sa capacité à enchaîner les courses en font un des backs droits les plus dangereux d'Angleterre. Ses dribbles en font le pendant de Nani à droite lorsque Sir Alex le préfère dans l'entrejeu (la tendance des dernières semaines). Sa blessure, occasionnée lors du match aller face à l'Ajax, l'a contraint à une nouvelle pause d'un mois. Et si cela décidait du titre ?

Coaching. Cette saison, Ferguson a déjà utilisé plusieurs systèmes et mis ses hommes à plusieurs sauces. Valencia, Jones (défense centrale ou médian défensif), Carrick, Danny Welbeck (attaquant ou médian gauche), Giggs, Smalling (défense centrale ou arrière droit) ou Rafael (arrière droit ou médian droit) ont souvent changé de position. Ferguson a dû aussi composer avec de nombreuses blessures.

PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: IMAGEGLOBE

Forces. Si l'argent ne fait pas le bonheur, il y contribue largement si on constate la force de frappe acquise par City grâce au pognon du Sheikh Mansour. Vitupérés pour leur timidité offensive, les Citizens ont largement remédié au problème. 69 goals en 27 matches (soit une moyenne de 2,5 buts par rencontre), une armada offensive dans laquelle le nouveau venu Sergio Agüero s'est facilement intégré, Edin Dzeko, arrivé il y a un an, a enfin éclaté et le talent ingérable de Mario Balotelli s'est épanoui. Et dire que City a pu se passer de son atout majeur de la saison précédente, Carlos Tevez. Vous ajoutez le meilleur défenseur de Premier League ( Vincent Kompany), le meilleur gardien ( Joe Hart) et un milieu touffu bien gardé par le général Yaya Touréet le génial David Silva, et vous obtenez une équipe très bien équilibrée. Faiblesses.Après avoir réalisé une première partie de saison sans faux pas, City parait chercher un second souffle en ce début d'année 2012. Détestée dans toute l'Angleterre (elle a pris le relais de son rival, United), elle doit faire face à des adversaires sur-motivés mais également à une série de suspensions (Kompany, Balotelli, JoleonLescott) que City a jugées injustifiées. La défense dépend beaucoup trop de Kompany et a montré beaucoup de fébrilité en son absence. Certains avaient de longue date pointé un noyau défensif étriqué (un comble !) et le défenseur serbe Stefan Savic, 21 ans, encore un peu tendre, n'a pas convaincu en successeur de Vince the Prince. On n'en parle pas assez ! Comment ne pas revenir sur l'importance de Touré dans cette équipe ? Pour beaucoup, la réussite de City repose sur la charnière Hart-Kompany-Touré-Agüero. Ce n'est pas pour rien que City a connu son creux au moment où Kompany purgeait sa suspension et Touré disputait la CAN. Comme médian, si Silva est l'inspirateur, c'est Touré le général et métronome. C'est lui qui sonne la charge lorsque son équipe souffre, lui qui sort de la deuxième ligne pour apporter du soutien à l'attaque. Son passage à Barcelone lui a également donné le goût de la victoire. Au sein d'un noyau qui connaît très peu la saveur d'un sacre, l'Ivoirien apparaît en guide. Tant en dehors que sur le terrain. Talent méconnu, il a pris une autre ampleur en signant à City et s'inscrit dans la lignée des grands milieux récupérateurs comme Patrick Vieira. Coaching.Il en a irrité plus d'un en débarquant en Angleterre. Non pas, par sa personnalité qui collait bien au côté gentleman anglais, mais bien par son style de jeu, jugé bien trop " italien " et pas assez " anglais ", comprenez offensif ! Mais avec le recul, Roberto Mancini a commencé par les fondations (un ensemble organisé défensivement) avant de faire de son équipe bien en place une formation conquérante. Si son quintet défensif ne bouge pas et si son milieu varie peu, il aime changer ses attaquants : un jour, il opte pour Dzeko, un autre pour Balotelli et, enfin, pour Agüero. Forces. Il y a bien une chose qu'on n'arrivera pas à enlever à Manchester United, du moins tant que sir Alex Ferguson est aux commandes du club, c'est cette faculté à ne rien lâcher. On pensait que le 1-6 infligé par City à Old Trafford allait plonger United dans la crise, même pas. Réaction immédiate également après l'élimination en Ligue des Champions. Même les deux défaites d'affilée durant la trêve de Noël contre Blackburn et Newcastle n'ont pas eu raison des troupes de Ferguson. Et lorsqu'on croyait qu'enfin le fil était rompu après l'élimination en Cup face à l'ennemi de Liverpool et une première mi-temps catastrophique à Chelsea (3-0), United a trouvé les ressources pour revenir dans cette rencontre (3-3) et pour battre Liverpool en championnat. Bref, United n'est pas invincible mais United ne meurt jamais et occupe toujours la deuxième place. Outre cet ADN de guerrier, United peut également se reposer sur la culture maison symbolisée par Ryan Giggs et Paul Scholes, réveillé de sa retraite à Noël. A eux deux, ils comptent 75 ans mais sont titulaires et importants dans l'effectif de Ferguson. A cela, s'ajoute le successeur Wayne Rooney, encore un autre de ces joueurs que l'adversité n'abat jamais. Faiblesses. La jeunesse de la défense conjuguée aux blessures, soit récurrentes de Rio Ferdinand et de Nemanja Vidic, soit occasionnelles de Chris Smalling et de Phil Jones, les héritiers déclarés, ont fragilisé l'équilibre et ouvert la porte à une fébrilité inattendue. Les nombreuses absences ont même forcé Ferguson à placer Patrice Evra et Michael Carrick dans l'axe défensif. A cela s'ajoute un problème de gardien. David de Gea, bombardé à 20 ans, successeur d' Edwin van der Sar a commis de nombreuses erreurs et a même dû céder sa place à Anders Lindegaard. Pourtant, de Gea ne manque pas de talent et la roue pourrait même avoir tourné pour lui après un sauvetage cinq étoiles dans le temps additionnel face à Chelsea. Autre point faible : l'entrejeu a longtemps manqué d'un créateur. Tout venait des flancs ( Nani, Valencia et Ashley Young) mais rien du centre. Le retour de Scholes, que certains verraient bien à l'Euro, a stabilisé cette ligne médiane. On n'en parle pas assez ! La véritable révélation de cette saison, c'est sans conteste Antonio Valencia. Arrivé de Wigan pour remplacer Cristiano Ronaldo, il a longtemps souffert de cette étiquette trop lourde à porter pour quiconque. Freiné par une grave blessure alors qu'il commençait à trouver ses marques, l'Equatorien est revenu dans le parcours pour complètement exploser cette saison. Utilisé tantôt comme médian droit, tantôt comme back droit, il a dû apprendre les gestes défensifs (qu'il ne maîtrise pas toujours). Aujourd'hui, sa vitesse et sa capacité à enchaîner les courses en font un des backs droits les plus dangereux d'Angleterre. Ses dribbles en font le pendant de Nani à droite lorsque Sir Alex le préfère dans l'entrejeu (la tendance des dernières semaines). Sa blessure, occasionnée lors du match aller face à l'Ajax, l'a contraint à une nouvelle pause d'un mois. Et si cela décidait du titre ? Coaching. Cette saison, Ferguson a déjà utilisé plusieurs systèmes et mis ses hommes à plusieurs sauces. Valencia, Jones (défense centrale ou médian défensif), Carrick, Danny Welbeck (attaquant ou médian gauche), Giggs, Smalling (défense centrale ou arrière droit) ou Rafael (arrière droit ou médian droit) ont souvent changé de position. Ferguson a dû aussi composer avec de nombreuses blessures. PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: IMAGEGLOBE