Si on se base uniquement sur le dynamisme du mercato d'été, le champion d'Angleterre est déjà connu. Manchester City a dépensé à lui tout seul déjà 70 millions d'euros environ, consacrés aux achats de Yaya Touré (Barcelone), David Silva (Valence) et Jérôme Boateng (Hambourg). City tente aussi, depuis quelque temps, de s'attirer les services de James Milner (Aston Villa) et veut aussi un attaquant du top. Couplez-y de solides émoluments pour le groupe de joueurs, comme les 5 millions nets par an que percevra Yaya Touré sans les primes, et on peut parler de solides investissements de la part de l'Abu Dhabi Group, propriétaire des Citizens.
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Si on se base uniquement sur le dynamisme du mercato d'été, le champion d'Angleterre est déjà connu. Manchester City a dépensé à lui tout seul déjà 70 millions d'euros environ, consacrés aux achats de Yaya Touré (Barcelone), David Silva (Valence) et Jérôme Boateng (Hambourg). City tente aussi, depuis quelque temps, de s'attirer les services de James Milner (Aston Villa) et veut aussi un attaquant du top. Couplez-y de solides émoluments pour le groupe de joueurs, comme les 5 millions nets par an que percevra Yaya Touré sans les primes, et on peut parler de solides investissements de la part de l'Abu Dhabi Group, propriétaire des Citizens. Quel contraste avec le reste ! Arsenal a acheté la semaine dernière Laurent Koscielny, un défenseur français de 24 ans, à Lorient. Il doit remplacer William Gallas, qui a annoncé son départ des Gunners. Le nouvel attaquant Marouane Chamakh est venu gratuitement, il était en fin de contrat. Depuis plusieurs mois on annonce de grands noms à Manchester United, comme la semaine dernière avec Wesley Sneijder, mais rien de concret, à part le Mexicain Javier Hernandez et Chris Smalling, de Fulham. Pas vraiment des joueurs du top... Et le champion Chelsea ? Jusqu'à présent une seule arrivée : l'Israélien Yossi Benayoun qui vient de Liverpool. Michael Ballack n'a plus sa place et deux internationaux, Joe Cole et Deco, n'ont pas reçu de nouveau contrat. Réduire le noyau, épargner, là aussi c'est la devise. Liverpool espère surtout garder ses vedettes à Anfield ( JavierMascherano, Steven Gerrard, Fernando Torres) et s'est renforcé avec Milan Jovanovic et Jonjo Shelvey (Charlton). Jonjo qui ? Tottenham, qui a fortement délié les cordons de la bourse ces dernières années, est très discret alors que le club s'est qualifié pour la Ligue des Champions grâce à une 4e place. Un seul nouveau joueur à Londres : le Brésilien Sandro venu de l'International Gremio. Les clubs du haut de tableau attendent-ils les desiderata de leur éventuel nouvel entraîneur (comme Roy Hodgson à Liverpool) ou étaient-ils tous en mission d'observation à la Coupe du Monde pour ouvrir le bal ? C'est possible, mais on voit surtout les cercles de l'élite épargner, ce qui vaut aussi pour les néo-promus. Newcastle a enrôlé un défenseur de Nottingham Forest. West Bromwich Albion a engagé quelques joueurs libres de transfert. Blackpool, qui n'avait plus évolué au plus haut niveau depuis 1971, n'a pas encore un seul nouveau joueur, alors que ce club de la cité ouvrière s'est surtout battu pour ne pas descendre en Second Division (D3) ces dernières années. Bref, la tendance de janvier dernier semble se poursuivre. Lors du mercato d'hiver 2009, les clubs de Premier League avaient encore dépensé pour 227 millions en nouveaux joueurs. En janvier 2010, ce montant est retombé à 25 millions. Portsmouth a vécu une annus horribilis, avec un président israélien qui a cédé le club pour un euro à un Saoudien, qui l'a revendu pour le même montant (en ce inclus les dettes) à un autre Saoudien, qui n'a ensuite plus pu rembourser l'ardoise et a donc refilé le club à un investisseur de Hong-Kong. Le tout sur 6 mois, après quoi le club fut placé en curatelle. Les footballeurs subissent eux aussi la crise. Joe Cole, en fin de contrat, n'a pas trouvé de nouveau club. Il est trop gourmand et a ses raisons de l'être. Pour l'instant, l'impôt est de 40 % sur les revenus annuels supérieurs à 180.000 euros. Bientôt, ce pourcentage passera à 50 %, ce qui signifie que les joueurs doivent demander plus pour conserver le même train de vie. Comment a-t-on pu en arriver là, malgré des droits TV nationaux évalués à 2 milliards d'euros et des supporters qui dépensent en moyenne 120 euros par jour de match ? La globalisation de l'économie est pointée du doigt. Il y a 5 ans, Manchester United n'avait aucune dette. Actuellement, les Mancuniens se débattent avec une ardoise de 850 millions d'euros. Arsenal est environ 360 millions dans le rouge et Liverpool 283 millions. Parfois, l'endettement est dû à un nouveau stade (comme l'Emirates Stadium de Londres pour Arsenal), mais le plus souvent ce sont les reprises de clubs qui foirent. Aux Etats-Unis, la famille Glazer (propriétaire de Manchester Utd), MM. Gillett et Hicks (Liverpool) ne seraient pas autorisés à reprendre une franchise, car ils ne sont pas suffisamment solvables. En Angleterre, c'est possible, parce que les nouveaux propriétaires prennent le club comme gage pour leurs emprunts. Avec de lourdes conséquences, financières comme sportives : Liverpool a terminé 7e la saison écoulée, parce que le club fait des bénéfices mais doit reverser 85 % de la manne aux divers remboursements d'emprunts. Pour chaque euro engrangé par Manchester United, 75 centimes vont à la famille Glazer qui doit rembourser ses prêts. Les dommages se font sentir au niveau national et international. l par peter t'kint - photo: reporters