Le 6 novembre 2017, à peine nommé entraîneur d'Eupen, Claude Makélélé (45 ans) a radicalement rompu avec la philosophie imposée par Aspire aux Cantons de l'Est. Au lieu de miser constamment sur l'attaque et un jeu audacieux, il a mis sur pied une bonne organisation et une approche réaliste, dès son premier match (0-1 contre l'Antwerp).
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Le 6 novembre 2017, à peine nommé entraîneur d'Eupen, Claude Makélélé (45 ans) a radicalement rompu avec la philosophie imposée par Aspire aux Cantons de l'Est. Au lieu de miser constamment sur l'attaque et un jeu audacieux, il a mis sur pied une bonne organisation et une approche réaliste, dès son premier match (0-1 contre l'Antwerp). Cette approche ressort des statistiques de l'équipe sous la direction du Français. En 27 matches de championnat régulier, répartis sur les deux saisons, Eupen a inscrit 31 buts et en a encaissé 42, soit respectivement 1,1 et 1,5 but par match. La défense est plus proche de son but. Makélélé demande à son gardien et à ses défenseurs de ne prendre aucun risque. Luis Garcia préfère exercer une pression plus élevée et développer un football créatif alors que Makélélé veut avant tout préserver ses filets et exige des lignes compactes. Toutefois, le capitaine espagnol a l'esprit d'équipe et il a donc adopté le raisonnement de l'entraîneur. C'est ce qui a incité celui-ci à lui confier le brassard l'année passée, quand il avait deux possibilités. Mbaye Leye apportait une plus-value sportive considérable mais il voulait qu'on suive sa ligne de conduite alors que Garcia est un rassembleur, qui essaie de conférer un sentiment positif à chacun. L'été dernier, l'entraîneur s'est attaché à créer un véritable esprit d'équipe. À mots couverts, il a signifié à quelques reprises que tout ne s'était pas déroulé comme il le fallait la saison précédente, sur le terrain et en dehors. Le départ de quelques joueurs et une bonne dose de teambuilding durant un stage très spartiate semblent avoir résolu le problème. Après un début difficile, l'entraîneur poursuit sa route. Il peut enfin faire ce que bon lui semble, même si c'est à Doha qu'on décide ce qu'Eupen peut faire ou pas. Nul ne lui tape sur les doigts quand il laisse sur le banc un talent de l'Aspire Academy, comme Eric Ocansey et Amani Lazare le week-end dernier, bien qu'après l'attaque, le second objectif d'Eupen soit de préférer les talents formés par Aspire, quand ils sont à égalité avec un concurrent. Dans la pratique, l'ancien footballeur du Real Madrid et de Chelsea n'accable pas ses joueurs de trop de consignes tactiques. Makélélé est un motivateur, qui parle beaucoup à ses joueurs mais qui peut aussi se placer au-dessus d'eux, en fonction de l'humeur du jour. Les footballeurs d'Eupen peuvent s'épanouir, tout en sachant que leur entraîneur exige qu'ils préservent leurs filets. Pourtant, Eupen ne se défait de son étiquette de candidat à la relégation que quand il ose dévoiler son bagage footballistique, comme à Genk samedi, en seconde période.