Voici dix jours, au terme de la victoire contre Beveren, le manager du Lierse Herman Van Holsbeeck était soulagé en empruntant l'ascenseur de la nouvelle tribune, qui mène aux business-seats. Pour la première fois depuis longtemps, il ne devait pas faire face à des gens déçus par la prestation de leur équipe à domicile. Peu importe, si les visiteurs s'étaient montrés les meilleurs durant une bonne partie de la rencontre. Au cours des deux dernières années, le Lierse n'avait remporté que 12 des 34 matches disputés dans son stade. Alors, un succès, cela se savoure.
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Voici dix jours, au terme de la victoire contre Beveren, le manager du Lierse Herman Van Holsbeeck était soulagé en empruntant l'ascenseur de la nouvelle tribune, qui mène aux business-seats. Pour la première fois depuis longtemps, il ne devait pas faire face à des gens déçus par la prestation de leur équipe à domicile. Peu importe, si les visiteurs s'étaient montrés les meilleurs durant une bonne partie de la rencontre. Au cours des deux dernières années, le Lierse n'avait remporté que 12 des 34 matches disputés dans son stade. Alors, un succès, cela se savoure. Actuellement, le Lierse compte toujours 32 clubs de supporters. On en recense même un à l'île Maurice. Mais, pour les convaincre de rester fidèles, il faut des résultats. "Jusqu'à présent, grâce à un travail intensif, nous avons pu conserver notre clientèle", explique le manager. "Mais, dans une région où les clubs se marchent sur les pieds et où la concurrence est mortelle, nous ne pouvons pas nous permettre d'encore la décevoir longtemps, surtout à domicile. Ces gens auraient tôt fait d'aller voir ailleurs". L'entraîneur Emilio Ferrera sait que son équipe souffre d'un complexe lorsqu'elle se produit au Lisp. "Contre La Louvière et Beveren, nous avons à chaque fois ouvert la marque", se souvient-il. "Et nous avons loupé l'occasion de doubler l'écart rapidement. Le doute s'est alors installé dans nos rangs. Les joueurs se rappelaient les mésaventures des saisons précédentes". Il constate que certains demeurent très sensibles et réagissent de façon émotionnelle à la moindre critique émise par la presse ou le public. "Pour l'instant, grâce aux bons résultats, les critiques se font rares. Mais les joueurs doivent apprendre à les accepter. Karel Snoeckx, par exemple, doit encore beaucoup progresser sur ce plan. Marius Mitu, en revanche, est très fort mentalement". Emilio Ferrera n'a pas modifié radicalement la composition de l'équipe lierroise qui, la saison dernière, alignait les hauts et les bas. Neuf des 11 titulaires actuels étaient déjà présents l'an passé. Les deux exceptions sont Marius Mitu et Marc Schaessens. C'est assez inattendu. Emilio Ferrera aurait pu, par exemple, évincer Jonas De Roeck - amené au Lierse par son prédécesseur Régi Van Acker - au profit de Laurent Fassotte, qu'il a amené du RWDM. Il ne l'a pas fait. "Ces dernières années, le Lierse avait toujours acheté énormément de joueurs durant l'entre-saison", constate-t-il. "On attendait d'eux qu'ils fassent la différence. Peu d'entre eux y sont parvenus. Je procède donc différemment: j'offre d'abord une chance aux anciens de la maison et je laisse aux nouveaux le temps de s'intégrer. Si les anciens ne donnent pas satisfaction, il sera toujours temps d'effectuer des retouches". Les nouveaux devront donc patienter. "Laurent Fassotte et Jimmy Smet ont respectivement signé pour trois et quatre ans. Il ne doivent pas tirer des conclusions parce qu'ils ne sont pas titulaires après un mois". "Nikolovski a commis des erreurs professionnelles"Emilio Ferrera se refuse aussi à condamner des joueurs après une première saison dans le club. Il a réintégré Yves Van der Straeten, Axel Smeets et Geir Frigaard dans le noyau alors que la direction leur avait déjà signifié qu'ils pouvaient se chercher un autre club. "Van der Straeten m'a déjà donné raison", se réjouit-il. "Il a déjà gagné deux points pour l'équipe. Je sais à quel point il est difficile de devenir titulaire à l'étranger et de forcer le respect loin de chez soi. Au Portugal, il fut élu gardien de l'année. C'est une référence. En outre, j'aime disposer d'un gardien expérimenté. Cliff Mardulier est un gardien d'avenir, bourré de talent, mais que lui reste-t-il comme souvenir de la saison dernière? Les 65 buts encaissés! S'il revivait une deuxième saison du même acabit, il pourrait déjà faire une croix sur sa carrière". L'entraîneur bruxellois n'aime pas accabler ses joueurs de tous les péchés. "Il faut, par exemple, se demander pourquoi Frigaard n'a pas eu le rendement escompté, la saison dernière. Est-ce uniquement sa faute? S'il a été engagé, je suppose que les gens qui l'ont recruté avaient tout de même décelé des qualités en lui. Un joueur offensif mérite toujours une deuxième chance. Car il est plus difficile d'attaquer que de défendre".Igor Nikolovski n'a pas reçu cette deuxième chance. Parce qu'il est, précisément, un joueur défensif. "Je ne comprends pas pourquoi un joueur aussi expérimenté que lui ne dirige pas, de la voix et du geste, ses jeunes partenaires autour de lui. C'est une faute professionnelle. Lorsqu'on encaisse 65 buts, il faudrait tout de même réagir". Emilio Ferrera est satisfait du matériel joueurs dont il dispose. Il est persuadé que d'autres talents ne tarderont pas à s'affirmer. Il conserve encore dans sa manche d'autres atouts, comme Björn De Wilde et Stijn Janssens. "Ils sont encore tous les deux en phase d'apprentissage. Björn n'était pas titulaire dans une équipe comme Alost qui a lutté contre la relégation. Stijn est resté au Lierse pour corriger ses défauts. L'objectif du club ne doit pas être d'acheter chaque année cinq ou six nouveaux joueurs, mais au contraire d'en vendre un ou deux sans acheter personne. Cela signifierait que nous avons ce qu'il faut en magasin". Le plus jeune entraîneur de l'élite réfute les critiques selon lesquelles le Lierse serait incapable de faire le jeu. "Cela n'a pas de sens. Citez-moi une équipe belge, ou même étrangère, qui en est capable. Le Real Madrid lui-même inscrit la plupart de ses buts dans les secondes qui suivent la récupération du ballon. Aussi longtemps que l'adversaire n'est pas mis hors de position, on n'a aucune chance de le tromper".L'arrivée d'un nouvel entraîneur a décuplé la motivation au Lisp. "Pour l'instant, tout est encore neuf. Mes joueurs sont encore curieux et toute ouïe. Mais, généralement, cela ne dure pas. Les joueurs faibles ressentent un blocage à un moment donné et se révèlent incapables de rééditer leurs performances. A l'heure qu'il est, j'ignore encore combien de joueurs forts je compte dans mon effectif. L'hiver doit encore arriver. Vous savez, cette période où le jour n'est pas encore levé lorsqu'on part à l'entraînement et où la nuit est déjà tombée lorsqu'on rentre chez soi. C'est à ce moment-là que l'on distingue les caractères".Geert Foutré"Le Real non plus ne fait pas le jeu"