Marc Wilmots n'oublie pas les siens. On se souvient que c'est Eden Hazard qui, à même le terrain d'entraînement à Neerpede, l'avait autrefois initié à Twitter. Maintenant, Coach gazouille gaiement.
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Marc Wilmots n'oublie pas les siens. On se souvient que c'est Eden Hazard qui, à même le terrain d'entraînement à Neerpede, l'avait autrefois initié à Twitter. Maintenant, Coach gazouille gaiement. 24 mai. C'est aujourd'hui l'anniversaire de Dimitri Lowette, physio des Diables. Félicitations Dimitri ! 30 mai. Bon anniversaire Jean-François Gillet.30 mai (2). Notre docteur, Geert Declercq, fête son anniversaire aujourd'hui. Félicitations Geert ! 1er juin. Aujourd'hui, anniversaire de mon adjoint, Vital Borkelmans. Félicitations Mobylette et encore plein de belles années.6 juin. Bon anniversaire à Hugues Trappeniers, un de nos responsables du matériel.A l'Union Belge, personne ne tique évidemment. Chez Willy, l'humain a sa place. On lui pardonne même le tweet où il fait la pub de la compagnie de jets privés (alliant service, confort, sécurité et prix attractifs, dixit Wilmots) dans laquelle il a récemment investi. Il a déclaré : " Je n'investis pas dans n'importe quoi avec n'importe qui. " Encore ceci : " J'ai testé l'avion dans les pires conditions avec du mistral et de la neige. Ce qui me rassure, c'est que les pilotes ont été formés spécialement pour ce type d'appareil. Et si le moteur de l'hélice unique se coupe, l'avion peut planer jusqu'à 150 km pour trouver une piste où atterrir. Cet investissement, c'est une histoire de feeling. " Le feeling de Wilmots, ses maux de ventre, on va y revenir plus loin. Par contre, les huiles de la fédé ont tiqué le 25 mai quand il s'est fendu d'un Bon anniversaire Steven Martens ! On a pris ce gazouillis comme une nouvelle provocation d'un homme qui, selon les mêmes huiles, s'imagine dans un club dès la fin de l'EURO mais préfère évidemment être viré plutôt que de payer lui-même sa clause de départ. Le salaire du coach, les primes des joueurs et du staff qui n'en finissent pas de plomber la caisse de la fédération, tout ça remonte à l'époque où le duo Martens-Wilmots avait tout à dire sur tout. Puisqu'on parle des primes pour le staff... En plus de son salaire, il touchera au minimum 125.000 euros après le tournoi. Si ça se passe mal sur le terrain. Si ça se passe bien, ça montera à 900.000. Pour l'équipe médicale, il faudra trouver entre 100.000 et 400.000 boulettes. Les responsables des équipements et du matériel seront - collectivement - plus riches de 75.000 euros en cas de victoire le 10 juillet. Tout ça à ajouter aux salaires, évidemment. Le jour du match d'ouverture, le numéro 1 de la fédé française explique en radio qu'il a déjà distribué 40 millions (de bénéfices supposés venant de l'EURO) au football amateur. On ne peut pas jurer que, chez nous, il en restera autant pour le foot d'en bas. Dans le même ordre d'idées, pas sûr que la mini sortie de Wilmots sur Vincent Kompany, qui était passé saluer ses potos la veille au centre d'entraînement bordelais, ait réjoui à la fédé. Wilmots a dit : " Vincent verra nos matches sur place et il vient à notre hôtel quand il veut. " Ce même hôtel où le coach aurait voulu interdire la présence des dirigeants fédéraux durant les nuits alors que la fédération a loué plus de chambres que nécessaire pour le staff et les joueurs. Kompany donne encore des maux de tête aux dirigeants, toujours les suites du conflit sur les droits d'image. Il aurait même relancé plusieurs internationaux sur le sujet il y a peu de temps, les incitant à défendre toujours plus leurs droits et leur tartine. Un patron nous dit : " Par rapport à Kompany, il y a trois clans dans le noyau. Ceux qui le suivent à fond, ceux qui ne le suivent pas du tout, et ceux qui s'en foutent complètement, comme Eden Hazard. " L'ouvrier municipal qu'on croise au Château du Haillan, le premier jour où les Diables s'y entraînent, n'a pas trop le moral. Déjà, il pète de chaud parce qu'il fait 30 degrés. Pas idéal pour un travail physique en extérieur. Et puis, surtout, il en a (déjà) un peu ras-le-bol de tout ce qu'on lui impose. " Je n'ai jamais vu ça. Il y a un cahier des charges comme ça pour l'entretien de cette pelouse. " Comme ça, et il fait le geste. " Je ne sais pas si ça vient de Monsieur Wilmots ou de l'UEFA, mais on exige par exemple que je tonde l'herbe à 23 millimètres. Pas 22, pas 24. Les lignes doivent faire une largeur incroyablement précise. " Et comme si ça ne suffisait pas... " En plus, avec les engrais chimiques, les crasses poussent plus vite que le gazon. " Maudit. On se souvient d'une interview de Thibaut Courtois qu'on avait faite au centre d'entraînement de Chelsea. Le chef presse y avait assisté, chronomètre à la main, et nous avait dit dès notre arrivée : " Vous posez des questions uniquement sur Chelsea et le championnat d'Angleterre, rien sur votre équipe nationale. " A Bordeaux, il y a régulièrement des questions sur l'avenir en club de certains Diables. Par exemple à Christian Benteke. " Tu restes à Liverpool ? " Réponse : " Il faut que je parle avec Jürgen Klopp. Si je suis toujours dans ses plans, j'aimerais bien rester. " A Yannick Carrasco : " Tu restes à l'Atlético ? " Réponse : " Je suis encore sous contrat. " A Thomas Meunier : " Tu as combien de chances sur cent de rester à Bruges ? " Réponse : " Pour le moment, 100 %. Et j'ai trop envie de jouer la Ligue des Champions... même si on a 0,01 % de chances d'aller en huitièmes de finale. Imagine un groupe avec le Real, le Zenit et Benfica... " Radja Nainggolan est aussi cuisiné sur ses contacts avec Chelsea. Sentant l'oignon, le responsable communication de l'Union Belge intervient subitement : " Merci de ne plus poser que des questions qui concernent les Diables Rouges. " Les Diables et l'entraîneur n'échappent pas à quelques questions sur la sécurité et les mesures XXL déployées dans toute la France. Thomas Meunier s'avoue " frappé par le déploiement. On a une vingtaine de policiers devant notre hôtel, il y a des voitures, des motos. Mais bon, on sait qu'il y a toujours des failles. Si quelque chose doit arriver, ça arrivera. Mais je ne suis pas quelqu'un qui craint. " Quand on lui demande si ce n'est pas oppressant, Marc Wilmots dédramatise : " Ça ne nous ennuie pas, on a eu des gens très sympathiques qui se sont présentés à l'hôtel. Une partie vient du GIGN. Je préfère avoir des gens qualifiés plutôt que des stewards. " Ce qu'il ne sait (probablement) toujours pas aujourd'hui, c'est qu'on s'est foutu de lui quelques heures plus tard dans l'émission Luis Attaque sur RMC en radio. La punchline est venue de Julien Cazarre, un agitateur du paysage audiovisuel français : " Wilmots a dit que l'équipe belge était protégée par le GIGN, il n'a rien compris. Le GIGN est là pour voir s'il n'y a rien de louche dans leur hôtel et dans leur bus. On ne sait jamais, des fois que certains joueurs viendraient de Molenbeek. " Pour justifier la présence de Divock Origi dans le groupe pour la Coupe du monde, Marc Wilmots avait déclaré qu'il l'avait " senti dans son ventre. " Une traduction à sa manière du terme flamand buikgevoel. Et ce buikgevoel, il lui fait totalement confiance. Il fait partie de ces coaches qui basent leurs choix sur des observations mais aussi une bonne dose de feeling. Un coaching pas très rationnel mais qui a connu son lot de résultats. Wilmots est l'antithèse des entraîneurs scientifiques newgeneration qui analysent tout avec minutie. Quand on lui demande en milieu de semaine dernière s'il a déjà son équipe en tête pour le match contre l'Italie, Wilmots répond : " Je la donnerai quand je le sentirai. " C'est-à-dire quand son ventre aura parlé. Il ne s'épanche pas avec ses joueurs dans de longues théories tactiques (" On n'a pas encore parlé tactique ensemble ", explique Laurent Ciman mercredi dernier, ou " On n'a pas analysé les buts encaissés ", dit Axel Witsel au lendemain de l'amical face à la Finlande). Wilmots ne fait pas partie de ceux qui doutent. Il est à l'image de ses joueurs, finalement. Persuadé d'être dans le bon. Il ne changera pas sa ligne de conduite d'un iota. Alors que privilégier la défense individuelle au profit de la défense en zone semble totalement dépassé dans le football d'aujourd'hui, notre Willy s'en fout. Son crédo, c'est une prise de risque nulle (" Tu ne joues plus court sinon on va être tué ", balance-t-il à Courtois à l'entraînement après lui avoir déjà reproché des relances de construction face à la Norvège), un bloc très bas et des joueurs offensifs qui doivent faire la différence sur leurs qualités individuelles. Zéro risque donc, sinon c'est cash betaald comme il aime le répéter. Et si ça coince devant, Wilmots modifie les batteries " parce que je l'ai senti ", comme pour expliquer le changement de position entre Eden Hazard et Kevin De Bruyne lors du match face à la Norvège. Et peu importe les critiques concernant le jeu, alors que celles-ci ne sont plus seulement nationales mais ont contaminé la presse internationale qui se demande pourquoi le spectacle est aussi irrégulier en présence de tant de talents. Marc Wilmots veut " des résultats, pas du football champagne. On ne me demande pas d'être beau. Je sais où je vais. " Alors qu'on pouvait se demander ce qu'il faisait au Brésil, Laurent Ciman est devenu l'idole de toute une nation. Enfin plutôt de la partie francophone qui le réclame à cor et à cri sans que l'on comprenne très bien cette unanimité aussi soudaine. En Flandre, par contre, les doutes subsistent concernant le poto à Didier Drogba. Et quand un journaliste éminent du nord du pays tente l'ironie en lui demandant s'il a payé les supporters venus l'encourager en Suisse, Ciman ne semble pas apprécier le trait d'humour. Même chose quand on lui demande s'il n'a pas envisagé de renoncer définitivement à l'équipe nationale au retour du Brésil, où il fut le seul Diable de champ à ne pas recevoir une seule seconde de temps de jeu. Ciman a enlevé à Romelu Lukaku le titre du joueur qui polarise le plus en équipe nationale. Autant du côté francophone, cet emballement n'est pas rationnel sportivement autant, autant au nord du pays, les traces de son fiasco à Bruges restent bien présentes. Et de façon assez incompréhensible. Par contre, dans le groupe des Diables, l'homme fait l'unanimité. Si sa garde rapprochée est composée de Jean (Jean-François Gillet) et d'Axel (Witsel), il est le premier à partir en chambrette avec les amuseurs, Eden Hazard ou Radja Nainggolan. Et Ciman n'a jamais fait de complexe d'infériorité quand il retrouve la bande à Marc Wilmots. " Je parle de la même façon avec Christian Kabasele qu'avec Eden Hazard. " Kevin De Bruyne ne sera jamais GO au Club Med. Et même si avec ses copains blondinets, il est prêt à lâcher un rap devant l'Iphone, chez les Diables, c'est une personnalité discrète, quasi effacée. Surtout ces derniers temps. Car sur le terrain, ça ne rigole pas comme il le voudrait, et quand le rouquin tousse, c'est toute la Belgique qui s'inquiète. L'homme de la transmission traîne la patte depuis le début de la préparation. Il semble fatigué et tracassé. Après quelques jours, Wilmots s'est rendu compte du mal-être de son numéro 7 et a tenté de le rebooster. Mercredi dernier, lors d'un tournoi à huit contre huit entre trois groupes de Diables, De Bruyne semblait toujours éteint. Quand les attaquants sont pris à part à la fin de l'entraînement pour un travail de finition, avec KDB en sus, les black demolitions Benteke, Origi, Lukaku, Michy Batshuayi, jouent le jeu à fond, se chambrent. De Bruyne loupe quelques grossières reprises et ne semble pas totalement concerné. PAR THOMAS BRICMONT ET PIERRE DANVOYE EN FRANCE - PHOTOS BELGAIMAGELa fédé apprécie très peu que Marc Wilmots soit toujours publiquement en contact avec Steven Martens.