Albert Cartier avait lui-même qualifié le match à Dender, si pas de " décisif ", du moins de " clef ". Il l'a perdu, et le plus inquiétant, sur un score de 4-0. Voilà plusieurs semaines que Tubize subit déroute sur déroute, alors qu'il semblait avoir trouvé son rythme de croisière il y a deux mois à peine. Son entraîneur cherche des explications.
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Albert Cartier avait lui-même qualifié le match à Dender, si pas de " décisif ", du moins de " clef ". Il l'a perdu, et le plus inquiétant, sur un score de 4-0. Voilà plusieurs semaines que Tubize subit déroute sur déroute, alors qu'il semblait avoir trouvé son rythme de croisière il y a deux mois à peine. Son entraîneur cherche des explications. AlbertCartier : Je me le demande moi-même. Cela peut arriver de prendre quatre, cinq ou même six buts. Mais, lorsque cela arrive plusieurs fois d'affilée, ce n'est plus un accident. Je n'ai pas forcément la réponse à nos difficultés. J'essaie, avec mes adjoints, de trouver des solutions, mais établir un diagnostic précis n'est pas évident. Peut-être pas. J'assume la responsabilité de ce choix, même si je l'ai fait en concertation avec le staff. J'estimais que l'équipe avait besoin d'un apport technique supplémentaire. Aujourd'hui, je dois reconnaître que ce choix n'était sans doute pas le bon. Mais expliquer nos difficultés par cela est un peu réducteur. On a pris beaucoup de buts, mais on s'est aussi créé moins d'occasions. On a également commis des erreurs individuelles et tout cela a débouché sur une perte de confiance. On s'est enfoncé dans une spirale négative. Certains joueurs s'estiment fatigués. Je n'y crois pas. A leur âge, on ne peut pas être fatigué. Des erreurs individuelles, on en commettait déjà en début de saison. Mais force est de constater que l'équipe est aujourd'hui moins hermétique, moins solidaire. Elle ne dégage plus cette puissance qui, à une certaine période, compensait un peu nos lacunes au niveau de la construction, de la communication ou de l'animation offensive. Bref, on a perdu ce qui était devenu notre image de marque. Désormais, il faut retrouver un équilibre. Je ne peux pas avoir, dans mon équipe, cinq joueurs qui privilégient le jeu court et cinq autres qui préfèrent le jeu long. Il faut une seule ligne directrice pour tout le monde. Exactement. Sauf qu'il ne reste que dix matches à jouer et plus 34. A deux mois de la fin du championnat, on doit encore retravailler les fondamentaux tactico-tactiques : la hauteur du bloc défensif, la position du dernier défenseur par rapport au reste de la défense... Ce n'est pas normal. En cette période-ci, on peut faire un rappel, mais pas tout reprendre de zéro. Tout à fait. On nous avait prédit des casquettes à chaque match, un bilan de quatre points à mi-parcours... Ces fameuses casquettes, c'est en février qu'on les a prises. S'il faut trouver un point positif, je dirais qu'on devance toujours Roulers et Mons. Mais on ne doit pas se voiler la face par rapport à nos lacunes actuelles. Pas du tout. Dans la vie, il faut toujours viser la lune pour, éventuellement, décrocher les étoiles. En termes footballistiques : il faut viser le maintien direct pour, dans le pire des cas, disputer les barrages. Je sais que l'objectif sera difficile à réaliser. Mais je le savais déjà lorsque j'ai rencontré les dirigeants pour la première fois. Lorsque j'ai découvert le stade Leburton pour les premières négociations, j'avoue que j'ai sursauté : - Ou la-la, qu'est- cec'estque ça ? Aujourd'hui, on a tout de même réalisé certaines choses. Le contexte était particulier. Si Saint-Trond retrouve la D1, il n'aura guère de soucis : il est déjà prêt aujourd'hui. A Tubize, tout était à faire. Il ne faut pas croire que la mission d'Ariel Jacobs est plus facile. S'il gagne 4-1, on lui reproche de ne pas avoir gagné 4-0. Ma mission est différente, tout simplement. De difficile qu'elle était au départ, elle s'est encore compliquée. Le constat, on l'établira en fin de saison. Si Tubize se sauve, on pourra dire qu'on a fait le bon choix. En cas contraire... Si je l'annonçais, ce ne serait plus une surprise. Mais cette idée-là n'était pas préméditée, elle m'était venue spontanément. J'étais assis sur le banc de touche, et après 35 minutes, je me suis tourné vers mes adjoints pour leur dire : - Celacommence àm'agacer !Lebriefing, jeleferaisurleterrain, pasdanslesvestiaires... La moutarde m'est montée au nez. Un entraîneur, c'est comme un chercheur : il doit innover. Comme un journaliste, d'ailleurs : s'il écrit toujours sur le même ton, il finira par lasser. par daniel devos