Pas difficile de reconnaître Stijn Devolder (Discovery Channel) dans le peloton puisqu'il porte fièrement le maillot tricolore conquis voici trois mois à Renaix : " C'est un moment dont on se souvient chaque jour pendant un an. J'avais préparé ce championnat pendant des mois et tout s'est déroulé exactement comme prévu ".
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Pas difficile de reconnaître Stijn Devolder (Discovery Channel) dans le peloton puisqu'il porte fièrement le maillot tricolore conquis voici trois mois à Renaix : " C'est un moment dont on se souvient chaque jour pendant un an. J'avais préparé ce championnat pendant des mois et tout s'est déroulé exactement comme prévu ". Ce titre, Devolder le mérite amplement : " Je n'ai pas gagné par hasard, je savais que je ne pouvais faire la différence que dans la côte. Je m'étais testé à trois boucles de la fin, j'avais bouché un trou dans l'avant-dernier tour et il était clair que j'allais attaquer. Personne n'a pu me rejoindre ". En juin, le Flandrien a terminé troisième du Tour de Suisse, se classant même quatrième du dernier contre-la-montre, à une minute de Fabio Cancellara et à 40 secondes d'Andreas Klöden, un spécialiste du chrono. Il remporta également le Tour d'Autriche. On peut donc comprendre qu'il entame le Tour d'Espagne avec beaucoup d'ambition. Stijn Devolder : Je place la barre haut mais j'en suis capable. Au championnat de Belgique, j'avais dit à mes équipiers de rouler pour moi car j'allais gagner. Avant, j'étais plus réservé parce que je ne me connaissais pas bien. Quand on se sent bien, il faut le faire savoir. Janez Brajkovic et Tom Danielson sont co-leaders, les autres rouleront pour nous. L'an dernier, j'ai dû me mettre au service de Brajkovic et je l'ai senti dans la troisième semaine. Je dois encore faire mes preuves. Si je monte sur le podium, je serai peut-être seul leader l'année prochaine. Non car je n'y allais que pour préparer le championnat de Belgique. J'étais là pour aider Brajkovic, qui voulait gagner mais dans la première étape de montagne, j'ai haussé le rythme et il a lâché prise. Nous n'étions plus que quatre ou cinq, tous des grimpeurs. J'étais étonné par mes progrès. Dans les derniers jours, l'équipe a tout misé sur moi et, dans le contre-la-montre, j'ai encore regagné quatre ou cinq places pour terminer troisième. Tout le monde était surpris, à commencer par moi. Je progresse par palier. Je n'ai pas encore voulu faire le Tour cette année. Tout va plus lentement pour un coureur de tours. Il faut apprendre à souffrir en montagne ou contre-la-montre. C'est une question de mental. Les Tours de Suisse et d'Autriche l'ont montré : c'est dans les courses à étapes que j'ai le plus de chances de succès. En montagne, quand on attaque, c'est homme contre homme. Dans les classiques, c'est plus tactique, les autres peuvent profiter de vos efforts. Un tour, c'est simple : il faut économiser son énergie au maximum. Dirk Demol, notre team manager adjoint, dit toujours qu'il ne faut pas être debout où on peut s'asseoir et ne pas être assis où on peut se coucher. On se donne à fond en montagne mais les autres jours, il faut être protégé du vent. Dans les ascensions, les équipiers doivent boucher les trous jusqu'à ce qu'on ne soit plus que quatre ou cinq. Avant, c'était le chrono mais je me sens de mieux en mieux en montagne. C'est ma force : j'accompagne les meilleurs et je fais la différence contre-la-montre. Avec les oreillettes, on ne roule plus seulement contre soi-même. Pas toujours. Il faut parfois qu'on me secoue. Je veux connaître tous les détails, sauf si je suis vraiment très mauvais. Si j'ai une minute dans la vue après 20 km, ça me coupe les jambes. Je préfère qu'on me dise que j'ai cinq secondes de retard. Dans un contre-la-montre. Dans un col, on peut toujours compter sur l'autobus. Contre-la-montre, le plus grave, c'est d'être rejoint. Rappelez-vous d'Ullrich avec Armstrong il y a quelques années : être ridiculisé sur son terrain, c'est terrible. Avoir en point de mire un bon rouleur. Quand on se rapproche, c'est qu'on est bien et ça motive. La distance n'a pas d'importance mais j'aime que ce soit plat et pas trop sinueux, pour rester dans le rythme. Question de souplesse. Cela n'a pas été facile mais cela me permet de conserver de la puissance à la fin d'une étape de montagne. Quand on pousse trop grand, on ne sait pas réagir aux démarrages et on doit augmenter le nombre de coups de pédale. Cela aussi, on l'a vu avec Ullrich. Entre 80 et 90. A l'entraînement, j'essaye d'arriver à une moyenne de 100, ce qui veut dire qu'il faut tourner à 110, 115 car il y a des temps morts. Il faut être très concentré. Certainement. Je suis désormais incapable de pousser grand dans un contre-la-montre. Mais ma condition physique est meilleure et mes muscles sont épargnés. Je ne suis plus le même coureur qu'il y a cinq ans, ni même que l'an dernier. Quand les Espagnols viennent aux Trois Jours de La Panne, ils doivent aussi se dire que les Belges ne sont pas normaux. Quand on perd, mieux vaut se dire qu'on n'a pas assez travaillé que penser que l'autre était dopé... J'en ai vu qui roulaient fort mais ce n'est pas nécessairement à cause du dopage. J'ai rencontré Basso en stage cette année. C'est une bête d'entraînement. Après neuf mois d'inactivité, il était affûté comme un couteau. Il s'entraînait cinq à six heures par jour. Personne n'en parle. Il a commis des erreurs mais il vit pour son métier et fera encore de grandes choses. par loes geuens: photo tim de waele